Testament politico-spirituel de l’Imam Khomeyni                 

Grâce au Nom de Dieu

le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux

Testament
politico-spirituel
de l’Imam Khomeyni

Présenté, traduit et annoté par

 

 

Présentation

Il y a cent ans, selon le calendrier islamique, naissait un homme qui, à l’aube du troisième millénaire de l’ère chrétienne, allait bouleverser notre monde.

Son prénom : h Allâh, qui signifie, en arabe, « Esprit de Dieu ». Cette dénomination, d’origine coranique, désigne en islam Jésus fils de Marie, que la Paix divine soit avec lui et avec sa mère. Et tout comme Jésus, l’Esprit de Dieu, redonnait vie aux morts, le Rûh Allâh de notre siècle allait insuffler, dans le vieux corps malade d’un monde devenu sans âme, une nouvelle flamme de vie spirituelle.

Son nom : Khomeyni, du nom de la ville où il a vu le jour, une petite ville du centre de l’Iran dans laquelle il fut élevé par sa mère, fille d’un religieux de haut rang, et par une tante paternelle. Son père, qui avait à charge la direction spirituelle de la région, avait en effet été assassiné, cinq mois après la naissance de son petit dernier, par des « brigands », vraisemblablement aux gages d’un potentat local.

Fils de martyr, le jeune Rûh Allâh Khomeyni apprenait ainsi dès l’enfance le prix que pouvait avoir l’attachement à Dieu, à la vérité et à la justice. Mais il apprenait aussi que, grâce à ceux qui en perpétuent le souvenir, le sacrifice du martyr, loin d’être une inutile souffrance, est au contraire un suprême « témoignage » qui maintient en vie la quête du Vrai et du Bien et en éclaire la voie. Ce n’est pas un hasard si le terme arabe shahîd* [1] comme le mot français martyr qui sert à le traduire, ont tous deux pour signification première l’idée de « témoigner ».

Elevé par des femmes remarquables, le jeune Rûh Allâh pouvait d’autant mieux apprécier l’œuvre considérable accomplie par celles qui, le plus souvent dans l’ombre, s’acquittent de l’admirable tâche de former des êtres humains. C’est au Coran lui-même et aux femmes, dira-t-il plus tard, que Dieu a confié cette extraordinaire mission. Et il saura affirmer haut et fort les droits de ces musta*‘afîn* parmi les musta*‘afîn* et leur redonner la place que l’islam authentique de Muhammad leur avait accordée et que des ignares leur avaient ensuite interdite.

Les musta*‘afîn, ce sont tous les « démunis » : les faibles et les opprimés, les exploités et les laissés pour compte de partout et toujours. Ce terme coranique désigne littéralement « ceux dont la position de faiblesse a été mise à profit »[2] par ces arrogants, ces superbes et ces orgueilleux que le Coran appelle mustakbirîn*. Toute l’histoire prophétique, depuis Adam jusqu’à Muhammad, que les Bénédictions et la Paix divines soient sur eux, et tous les prolongements de cette histoire à travers la vie des Imams de la Famille du Prophète, n’est autre que l’histoire du soulèvement des musta*‘afîn contre les mustakbirîn sous la conduite des Guides divins.

Détruire l’emprise des Pharaons et des Hâmâns, autrement dit des tyrans et des financiers qui se prennent pour des dieux, et réaffirmer en face d’eux les droits exclusifs de Dieu, seule base solide pour garantir les droits de tous Ses serviteurs. Rassembler le peuple, donc, le délivrer de toute tyrannie et le conduire là où Dieu veut, fût-ce par une traversée du désert, afin d’établir une cité où la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel et où s’accomplisse, autant qu’il est possible, le règne de Sa justice : voilà les objectifs auxquels tous les Prophètes aspiraient, sans avoir jamais pu les mener à leur terme.

Ces objectifs, il viendra un jour où ils seront réalisés : ainsi le veut la Justice divine et ainsi le dit Sa promesse. Le Coran, aux versets 5 et 6 de la sourate 27, l’énonce clairement : « Nous voulons couvrir de bienfaits les démunis de la terre, en faire des Imams, en faire les héritiers, leur donner le pouvoir sur la terre, et faire subir par eux à Pharaon, à Hâmân et à leurs troupes cela [même] qu’ils redoutaient. »

En attendant ce jour béni, annoncé par tous les Prophètes, il ne s’agit pourtant pas de rester les bras croisés, mais au contraire d’agir en vue de sa réalisation. Et c’est bien à cela que Rûh Allâh Khomeyni a consacré sa vie.

Face aux doctrines qui aspiraient à éliminer Dieu, face aux équations politico-économiques qui ne Lui faisaient aucune place, il vint réaffirmer avec force l’éternelle et universelle Présence divine et Lui redonner la première place dans la vie de l’homme et du monde, la place de l’axe autour duquel tout s’oriente et sans lequel tout est désorienté.

Disciple de Moïse, il s’est dressé au nom de Dieu face aux Pharaons et Hâmâns de ce temps, face à ces grandes puissances qui ne connaissent et n’adorent que la force et l’argent : suivi par ceux qui, où qu’ils soient, méritent d’être appelés « vrais Enfants d’Israël », il est parti à la conquête des droits de tous les musta*‘afîn*, quel qu’en soit le prix à payer, et Dieu sait que ce prix fut fort lourd, et continue de l’être…

Le parti des musta*‘afîn* : c’est cela l’islam authentique de Muhammad, que les Bénédictions divines soient sur lui et les siens, c’est cela la religion de Dieu depuis que le monde est monde… Le verset 279 de la sourate 2 le dit bien : « Vous ne commettrez pas d’injustice ni ne subirez l’injustice. » L’islam, disait l’Imam Khomeyni, est tout entier dans ce précepte coranique, et il ajoutait : « Pour moi, l’endroit [où je me trouve] n’importe pas, ce qui compte, c’est la lutte contre l’injustice : là où cette lutte se fait le mieux, c’est là que je serai. »[3]

¯ ¯ ¯

Rûh Allâh Khomeyni est né le vingtième jour du mois lunaire de djumâdâ thâniya, en l’an 1320 après l’Hégire du Prophète. Ce même jour, quelque mille trois cent trente années plus tôt, naissait une dame dont la grandeur n’eut d’égale que l’immensité des épreuves et des peines : Fâxima* la Resplendissante, fille bien-aimée du Prophète Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens ;

Fâxima, opprimée aussitôt son père disparu, frappée par ceux-là mêmes qui prétendaient le suivre ;

Fâxima*, qui ne cessa de réclamer son droit, emblème de tous les droits de tous les opprimés ;

Fâxima qui ne put survivre à son père plus de quelques semaines et mourut de douleur sans atteindre vingt ans ;

Fâxima qui, dans ces brèves années, à l’ombre d’une humble demeure, sut former une famille qui allait porter au monde le message de son père en le gardant de toute altération ;

Fâxima, mère de £asan*, Fâxima mère de £usayn*, dont le sang injustement versé a donné à cet islam que l’on voulait abattre une nouvelle vie ;

Fâxima mère de Zaynab*, qui eut en héritage l’épreuve et l’affliction, mais aussi ce courage émanant de la foi ;

Fâxima, mère de RûoAllâh, qui, plus de mille ans après, releva ce drapeau, reprit le même combat, défendit cette foi avec ce même courage, donna sa vie à Dieu, à l’esprit de justice, aux droits des opprimés, et ne garda pour lui que les épreuves et l’affliction.

Aux approches de la mort, Fâxima laissa un testament, pour servir de guidance aux générations à venir : pour que l’on sache ce qu’elle eut à subir, pour que l’on connaisse son rejet de ceux qui se disaient successeurs de son père, pour que jamais ils ne puissent prétendre à l’appui de la fille du Prophète, cette fille dont il avait dit : « Fâxima est une partie de moi : ce qui la réjouit me réjouit et ce qui la fâche me fâche », pour que tous sachent bien sa colère et sa peine, elle demanda d’être enterrée de nuit et en secret, sans qu’assiste à ses funérailles aucun de ses spoliateurs, sans qu’ils connaissent même l’emplacement de sa tombe. Testament éternel, sa sépulture inconnue reste ainsi à jamais la marque de sa colère et le cri de l’opprimée appelant tous les hommes à réclamer justice.

A la fin de sa vie, l’Imam Khomeyni laissa aussi un testament réunissant des conseils qui lui paraissaient importants pour ceux qui viendraient après lui.

L’essentiel de ce testament fut écrit dans les premières années qui suivirent la Révolution islamique, mais il ne fut publiquement connu qu’après la mort de son auteur. C’est le Président de la République de l’époque qui en fit la lecture devant le Parlement, lecture qui fut diffusée par la radio et la télévision. Et afin de garantir l’authenticité du texte et de le préserver de toute altération ou interpolation, la copie intégrale du manuscrit d’origine a été publiée, et toutes les pages de ce manuscrit, y compris celles du prologue et des quelques paragraphes ajoutés en post-scriptum après la rédaction du corps du texte, portent la signature de l’Imam Khomeyni.

C’est la traduction intégrale de ce texte qui sera proposée ci-après, accompagnée d’annotations et de commentaires chaque fois que cela paraissait s’imposer.

A l’occasion du centenaire de la naissance de l’Imam Khomeyni, cette nouvelle traduction en français est loin d’être superflue. Celles qui l’ont précédée, en effet, publiées par divers organismes plus ou moins officiels, étaient loin d’être satisfaisantes et contenaient des erreurs nombreuses, qui ne manquaient pas d’être parfois fort graves.

Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, l’Imam Khomeyni dit dans le prologue de ce testament : « Nous sommes fiers que notre école théologico-juridique soit dja‘farite », c’est-à-dire qu’elle porte le nom de l’Imam Dja‘far %âdiq*, que la Paix soit avec lui. Dans l’une des traductions publiées, à la place de l’expression « école théologico-juridique », c’est le mot « religion » qui a été employé pour traduire le terme arabe et persan madhhab.

Non seulement cette traduction est radicalement fausse, mais elle est un véritable cadeau pour ceux qui ne s’emploient qu’à semer la discorde entre les musulmans. On ne pouvait tendre de meilleur bâton pour se faire battre. Les fauteurs de trouble pouvaient maintenant fièrement exhiber le testament de l’Imam et proclamer à qui veut l’entendre que « c’est leur guide lui-même qui affirme que leur religion n’est pas l’islam, que leur religion est le dja‘farisme ».

Devant la profusion d’erreurs de ce genre et d’autres incorrections, il était inutile de s’atteler péniblement à la correction de travaux mal ébauchés qui seraient toujours restés bancals. Mieux valait reprendre à zéro la traduction d’un texte qui est des plus importants pour donner un aperçu d’ensemble de la vision politique de l’Imam Khomeyni, bien plus important à ce propos que le fameux opuscule traduit en français sous le titre de Pour un gouvernement islamique.

Cet opuscule, en effet, n’est que la mise par écrit d’une série de discours faits à Nadjaf, avant la révolution, pour montrer qu’il était du devoir des musulmans, et plus particulièrement des savants religieux, de s’efforcer d’établir dans leurs propres pays un gouvernement islamique, c’est-à-dire un gouvernement fondé sur la Révélation coranique et, par conséquent, sur l’autorité spirituelle de ceux qui, parce qu’ils se consacrent à son étude, sont les dépositaires et les gardiens de cette Révélation divine.

Dans le testament, il ne s’agit plus de montrer la nécessité d’établir un tel gouvernement, mais d’évoquer, de manière aussi précise que succincte, quel en est le « programme », autrement dit : quelles sont les fins de la révolution et du gouvernement islamiques, et comment les réaliser.

Il n’est donc plus question ici de s’adresser principalement aux clercs pour les instruire de leur devoir, mais de rappeler à toutes les catégories de la population que cette révolution islamique fut leur œuvre à tous, que le gouvernement qui en fut le fruit est leur gouvernement à tous, qu’ils ont donc tous un rôle à y jouer et qu’ils en sont tous ensemble responsables devant Dieu et les générations futures.

Après avoir rappelé les buts de la Révolution islamique et les causes qui l’ont permise, l’Imam Khomeyni adresse donc ses recommandations à chacune des composantes du gouvernement et du peuple iranien, y compris les opposants, pour appeler chacun à prendre conscience de ce qui est en jeu et à faire ce qu’il faut pour en permettre la réalisation.

Cependant, comme ce qui est en jeu dans la Révolution islamique dépasse de loin le cadre limité du gouvernement et du peuple iraniens, ce testament a aussi pour vocation de rappeler à tous, non seulement à tous les iraniens, mais à tous les musulmans, à tous les opprimés de la terre et à tous les êtres humains, que cette Révolution n’est pas fondée sur une idéologie nationale ou nationaliste, mais sur une vision et des valeurs qui sont universelles.

Certaines recommandations sont donc ex­pli­ci­tement adressées à tous les peuples du monde, mais même celles qui concernent plus directement le peuple iranien ou l’une de ses composantes offrent pour tous bien des intérêts, ne serait-ce que par ce qu’elles révèlent sur la manière dont l’Imam Khomeyni envisageait cette Révolution islamique qui fut, selon ses propres termes, une véritable « explosion de lumière » dans les ténèbres du XXe siècle finissant.

André Malraux disait que le XXIe siècle sera spirituel ou qu’il ne sera pas. Aussi bien n’est-ce pas pour rappeler le souvenir d’un homme du passé que l’on commémore en cette dernière année du XXe siècle le centenaire de la naissance de Rûh Allâh Khomeyni, mais au contraire pour évoquer un pionnier qui nous montra comment entrer dans le XXIe siècle les yeux ouverts et tournés vers l’horizon de l’être humain : la spiritualisation du monde.

R. Alawî

 

 

 

Testament politico-spirituel
de l’Imam Khomeyni

[Prologue]

Par le Nom de Dieu
le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux,

le Messager* [4] de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix, a dit : « Je laisse parmi vous les deux Trésors : le Livre de Dieu et ma parenté, les Gens* de ma Demeure ; ils ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils viennent me rejoindre au Bassin [paradisiaque]. »[5]

Louange et gloire à Dieu ! O mon Dieu, répands Tes Bénédictions sur Muhammad et sa famille, eux en qui apparaissent Ta Beauté et Ta Majesté et qui recèlent les secrets de Ton Livre en lequel l’Unité se manifeste avec l’ensemble de Tes Noms, même celui que Tu T’es réservé et que nul autre que Toi ne connaît[6] ; et malédiction à ceux qui leur ont fait injustice et qui sont la racine de l’arbre du mal.

Il me semble opportun de faire une brève et insuffisante remarque à propos des deux Trésors, non pas sous le rapport de leurs états métaphysiques, spirituels et gnostiques*, car la plume de quelqu’un comme moi est bien incapable de s’aventurer à un niveau dont la connaissance est lourde et insupportable, pour ne pas dire impossible, pour tout le domaine de l’existence, du Royaume [de ce monde] à l’Empire suprême[7] [des plus hauts degrés spirituels du monde créé] et de là jusqu’aux [degrés purement métaphysiques du] Domaine divin et de ce qui dépasse ma compréhension et la vôtre ;

[je n’évoquerai pas] non plus ce qui est arrivé à l’humanité pour avoir abandonné les sublimes vérités du Trésor suprême et du grand Trésor, lequel est plus grand que tout à l’exception du Trésor suprême qui est « le plus grand » de manière absolue[8], ni ce qui est arrivé à ces deux Trésors par la faute des ennemis de Dieu et des xâghûtî-s* hypocrites, car il n’est pas possible d’en faire le compte pour quelqu’un comme moi, manquant de connaissance et de temps ; il me semble néanmoins opportun de faire une brève allusion à ce qui est arrivé à ces deux Trésors.

La phrase « ils ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils viennent me rejoindre au Bassin [paradisiaque] » peut être une allusion au fait que, après la sainte vie du Messager* de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix, tout ce qui est arrivé à l’un de ces deux est arrivé à l’autre, que l’abandon de l’un est abandon de l’autre, jusqu’au moment où ces deux abandonnés viendront rejoindre le Messager de Dieu au Bassin — ce Bassin est-il [alors] la station de la jonction du multiple avec l’Un[9], là où les gouttes disparaissent dans l’Océan, ou bien autre chose qui échappe à l’intelligence et à la gnose* humaines ?

Or, il faut le dire, le tort fait par les xâghûtî-s* à ces deux dépôts confiés par le plus noble Messager, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix, c’est à la communauté des musulmans, c’est à l’humanité qu’il a été fait, et c’est un tort indescriptible !

Il faut mentionner ce fait que le hadith* des deux Trésors est transmis parmi tous les musulmans d’après un grand nombre de témoins sûrs, qu’il se trouve dans les « six livres authentiques » des sunnites et d’autres de leurs livres, répété en plusieurs occasions et rapporté en divers termes par des chaînes de garants ininterrompues depuis le plus noble Messager*, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix[10].

Ce noble hadith est un argument catégorique pour tous les humains et plus particulièrement pour les musulmans des diverses écoles théologico-juridiques : l’argument étant pour eux accompli, tous les musulmans doivent en répondre, et s’il y a une excuse pour les ignorants, qui ne sont pas au courant, il n’y en a aucune pour les savants des [diverses] écoles.

¯ ¯ ¯

Voyons maintenant ce qui est arrivé au Livre de Dieu, ce dépôt divin laissé en héritage par le Prophète* de l’islam, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix.

Après le martyre de l’Imam ‘Alî* [11], des choses désolantes à en mourir se sont produites : les tyrans et les xâghûtî-s* se sont servis du Noble Coran pour gouverner contre le Coran.

Alors que les mots « je laisse parmi vous les deux Trésors » résonnaient encore à leurs oreilles, ils ont, sous divers prétextes et par des conspirations préméditées, écarté les véritables commentateurs du Coran[12], les connaisseurs des vérités qui avaient reçu l’intégralité du Coran du plus noble Prophète, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix.

Ils les ont évincés, eux et le Coran, ce Coran qui, en vérité, était et reste jusqu’à sa venue au Bassin la plus grande règle de vie matérielle et spirituelle pour l’humanité. Ils ont tiré un trait sur le gouvernement de justice divine, qui était et reste l’une des fins de ce Livre Saint, et ont posé les bases de la déviation de la religion de Dieu, du Livre divin et de la Loi divine, les choses en arrivant à un point que l’on a honte à exposer.

Et plus on allait, plus s’accentuaient les déformations et déviations de cette construction difforme, au point que ce Noble Coran, descendu de l’état sublime de l’Unité pour devenir le parfait dévoilement de Muhammad en vue du développement des habitants du monde et pour être le point de convergence de tous les musulmans, et même du genre humain, afin de conduire l’humanité — ce « fruit de la connaissance des Noms [donnée par Dieu à Adam] »[13] — là où elle doit aller, de la délivrer du mal des démons et des xâghût-s*, de conduire le monde à la justice et à l’équité, de remettre le gouvernement aux mains des infaillibles Proches-Amis [de Dieu], que les bénédictions de tous, des premiers aux derniers, soient répandues sur eux, afin qu’eux-mêmes recommandent tout ce qui est pour le bien de l’humanité, [ce Noble Coran, donc, voilà qu’]ils l’ont tant et si bien évincé qu’on aurait dit qu’il n’a aucun rôle de guidance.

Les choses en vinrent au point que le rôle du Coran, aux mains de gouvernements iniques et de mollahs fourbes, pires encore que les xâghûtî-s*, devint un moyen pour établir l’iniquité et la corruption et pour justifier les oppresseurs et les adversaires acharnés de la Réalité suprême.

Malheureusement, aux mains des ennemis intrigants et des amis ignorants, le Coran, ce livre constructeur d’avenir, n’eut — et n’a encore — plus de rôle en dehors des cimetières et des cérémonies mortuaires. Ce qui devait être le moyen d’unir les musulmans et l’humanité et être leur livre de vie devint un moyen de division et de divergence, ou fût totalement évincé.

Et l’on vit que si quelqu’un parlait de gouvernement islamique et tenait des propos sur la politique, qui tient tant de place dans le grandiose projet de l’islam, du noble Messager* — que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix —, du Coran et de la Sunna*, c’était comme s’il avait commis le plus grand péché : le terme de “religieux politicien” était devenu synonyme de religieux sans foi, et il en est encore ainsi maintenant.

Dernièrement, les grandes puissances sataniques, par le biais de gouvernements déviés et sortis des enseignements de l’islam, auquel ils se sont mensongèrement ralliés, impriment de belles éditions du Coran qu’ils répandent de par le monde dans le but de faire oublier le Coran et de réaliser les objectifs sataniques des superpuissances, et c’est par ce satanique stratagème qu’ils éliminent le Coran.

Nous avons tous vu le Coran que [le Shah*] Mohammad Rezâ Khân Pahlavi, édita : il en mystifia certains et quelques mollahs ignorants des objectifs de l’islam firent même son éloge. Et nous voyons [maintenant] le roi Fahd [d’Arabie] allouer chaque année une part importante des immenses richesses du peuple pour l’impression du Noble Coran et pour des centres de propagande d’une école contraire au Coran : il répand le Wahhabisme[14], cette école tout à fait absurde et sans fondement, pousse les gens et les peuples inconscients vers les superpuissances, et exploite le précieux islam et le Noble Coran pour détruire l’islam et le Coran.

¯ ¯ ¯

Nous sommes fiers et notre cher peuple dévoué corps et âme à l’islam et au Coran est fier de suivre une école qui veut sauver des tombes et des cimetières les vérités d’un Coran qui, d’un bout à l’autre, parle d’unité entre les musulmans, et même entre les humains ; le sauver en tant que plus grand texte [venu] délivrer l’homme de tous les liens qui enserrent ses pieds, ses mains, son cœur et son intelligence et qui l’entraînent à l’annihilation, au néant, à l’asservissement et à l’assujettissement aux xâghûtî-s*.

Nous sommes fiers de suivre une école dont le Messager* de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens, fut le fondateur sur ordre de Dieu le Très-Haut, tandis que le Commandeur* des Fidèles, ‘Alî* fils d’Abû Xâlib, ce serviteur de Dieu libéré de tous liens, reçut la mission de délivrer l’humanité de toutes les entraves et de tous les esclavages.

Nous sommes fiers que soit de notre Imam* infaillible le livre Nahdj* al‑balâgha, qui est, après le Coran, la plus grande règle de vie matérielle et spirituelle, le plus éminent livre libérateur de l’homme, celui dont les préceptes de vie spirituelle et de gouvernement sont la plus éminente voie de salut.

Nous sommes fiers que nos guides exemplaires soient les Imams* infaillibles, qu’ils reçoivent mille vœux de Vie et de Paix, depuis ‘Alî* fils d’Abû Xâlib jusqu’au Sauveur de l’humanité, Sa Seigneurie le Mahdî*, Maître de ce temps, qui est vivant par le pouvoir de Dieu Tout-Puissant et qui veille sur toutes choses.

Nous sommes fiers que soient de nos Imams infaillibles, et soient nôtres, les vivifiantes invocations, que l’on appelle « Coran ascendant », avec l’entretien intime des Imams* [avec Dieu dans le mois] de sha‘bân[15], l’invocation de £usayn* fils de ‘Alî*, que la Paix soit avec eux, [au jour] de ‘arafât[16], le Recueil de l’Imam Sadjdjâd, Psaumes de la famille de Muhammad[17], et le Recueil de Fâxima* [18], livre inspiré par Dieu le Très-Haut à la bienheureuse Zahrâ’.

Nous sommes fiers que soit des nôtres [l’Imam Muhammad Bâqir*], le Dispensateur des Sciences (Bâqir al-‘ulûm), la plus haute personnalité de l’histoire, dont nul en dehors de Dieu le Très-Haut, de [Son] Messager, que Dieu le bénisse lui et les siens, et des Imams infaillibles, que la Paix soit avec eux, n’a pu et ne pourra [jamais] saisir le rang.

Nous sommes fiers que notre école théologico-juridique soit [rattachée au nom de l’Imam Dja‘far dqqqqq>, que notre fiqh*, qui est un océan sans fin, soit une de ses œuvres ; et nous sommes fiers de tous les Imams infaillibles, que les Bénédictions divines soient sur eux, et sommes fermement engagés à les suivre.

Nous sommes fiers que nos Imams* infaillibles, que les Bénédictions et la Paix divines soient sur eux, aient subi emprisonnement et relégation pour avoir voulu le règne de l’islam et la mise en application du Noble Coran, dont l’une des dimensions est la constitution du gouvernement juste, et qu’ils finirent martyrs pour avoir voulu mettre à bas les gouvernements iniques et les xâghûtî‑s* de leur temps.

Nous sommes fiers, aujourd’hui, de vouloir réaliser les objectifs du Coran et de la Sunna* : dans cette grande voie constructrice d’avenir, les diverses couches de notre peuple offrent passionnément à Dieu vie, biens et êtres chers.

Nous sommes fiers que les dames et femmes, jeunes ou âgées, frêles ou robustes, soient présentes sur les terrains culturels, économiques et militaires, et actives, à pied d’égalité avec les hommes ou mieux qu’eux, pour que se réalisent le règne de l’islam et les objectifs du Noble Coran.

Celles qui ont la capacité de combattre reçoivent une formation militaire qui, pour la défense de l’islam et du territoire musulman, fait partie des obligations religieuses importantes : elles se sont libérées avec courage et engagement des privations que leur avaient imposées, ou plutôt qu’avaient imposées à l’islam et aux musulmans, les manigances des ennemis et l’ignorance des amis quant aux prescriptions de l’islam et du Coran. Elles se sont dégagées de l’entrave des chimères que les ennemis avaient suscitées, pour leurs propres intérêts, par l’entremise d’ignorants et de certains religieux inconscients des intérêts des musulmans.

Celles qui n’ont pas la capacité de combattre sont occupées à servir précieusement aux arrières d’une manière qui fait naître un frémissement d’ardeur et d’enthousiasme au cœur du peuple et qui fait frémir le cœur des ennemis de colère et de rage. Nous avons maintes fois vu des femmes à la grandeur d’âme de Zaynab*, que la Paix divine soit sur elle, clamer haut et fort qu’elles avaient donné leurs enfants et qu’elles avaient sacrifié tout ce qu’elles avaient pour la cause de Dieu le Très-Haut et de notre précieux islam, fières de ce fait et sachant que ce qu’elles avaient obtenu était supérieur aux délices paradisiaques, sans même parler de l’infime plaisir de ce monde.

¯ ¯ ¯

Notre peuple ainsi que tous les peuples musulmans et les musta*‘afîn* du monde entier, tous sont fiers du fait que leurs ennemis, qui sont les ennemis de Dieu, du Noble Coran et du précieux islam, sont des bêtes féroces qui ne reculent devant aucun crime ni aucune trahison pour arriver à leurs fins sinistres et criminelles et qui, pour accéder à la domination et réaliser leurs viles ambitions, ne connaissent ni ami ni ennemi.

A leur tête : l’Amérique, ce terroriste par nature, un pays qui a mis le monde entier à feu et à sang et dont l’allié est le sionisme international qui, pour réaliser ses ambitions, commet des crimes que l’on n’ose décrire et dont on a honte de parler, et qui se laisse aller à toutes sortes de crimes à la poursuite du rêve insensé du « grand Israël ».

Les peuples musulmans et les musta*‘afîn* du monde entier sont fiers que leurs ennemis soient [le roi] £usayn de Jordanie, ce colporteur du crime, [le roi] £asan [du Maroc] et [le président égyptien] £usni Mubârak, lesquels mangent au même râtelier que le criminel Israël et ne reculent devant aucune trahison envers leurs peuples pour servir l’Amérique et Israël.

connu des amis comme des ennemis pour son activité criminelle et son non-respect du droit international et des droits de l’homme : tous savent que sa trahison envers le peuple opprimé d’Iraq et les Emirats du Golfe n’est pas moindre que sa trahison envers le peuple d’Iran[20].

Nous et les peuples opprimés du monde, nous sommes fiers que les médias et les appareils de propagande du monde entier, sur ordre des superpuissances criminelles, nous accusent, nous et tous les opprimés du monde, de tout crime et trahison.

Quel motif de fierté pourrait être supérieur et l’emporter sur le fait que l’Amérique, avec toutes ses prétentions, tout son attirail de guerre, tous ces Etats qui lui sont dévoués, [cette Amérique] qui a mis la main sur les richesses inépuisables des peuples opprimés et sous-développés et qui tient en main tous les médias s’est retrouvée impuissante et déshonorée face à l’ardent peuple iranien et au pays de Sa Seigneurie la Grâce de Dieu (Baqiyyat Allâh) [l’Imam Mahdî*], que nos vies soient la rançon de sa venue. A tel point qu’elle ne sait plus à quel saint se vouer : chaque fois qu’elle se tourne vers quelqu’un, elle essuie un refus.

Cela n’est autre que l’effet des assistances surnaturelles de Sa Seigneurie le Créateur Très-Haut et Sublime qui a éveillé les peuples, et particulièrement le peuple musulman d’Iran, et les a guidés des ténèbres du despotisme vers la lumière de l’islam[21].

¯ ¯ ¯

Je recommande à présent aux nobles peuples opprimés et au cher peuple iranien de s’attacher avec force, fermeté, engagement et constance à cette droite voie divine qui ne relève ni de l’Est athée ni de l’Ouest oppresseur et infidèle, mais qui est la voie que Dieu leur a assignée, sans négliger un seul instant de rendre grâce pour ce bienfait.

Que l’infâme activité des agents des superpuissances, que ce soient les agents étrangers ou les agents de l’intérieur, pires encore que les étrangers, n’ébranle pas leur pure intention et leur volonté de fer, et qu’ils sachent que tout le tapage que font les médias du monde et les puissances sataniques de l’Est et de l’Ouest est la marque qu’ils sont, eux, une puissance divine : Dieu le Très-Grand les récompensera comme ils le méritent en ce monde et dans l’autre, car Il est le Maître des bienfaits et en Sa main est l’empire de toutes choses.

Je conjure et supplie instamment les peuples musulmans de s’attacher comme il se doit, de tout leur cœur et de toute leur âme, en faisant don d’eux-mêmes et des êtres qui leur sont chers, aux Saints Imams* [infaillibles de la famille du Prophète] et à la culture politique, sociale, économique et militaire de ces illustres guides de l’humanité.

Entre autres, qu’ils ne dévient pas d’un iota du fiqh* traditionnel, lequel est le développement de l’école de la Mission prophétique et de l’Imamat* et le garant du progrès et de la grandeur des peuples, et cela tant au niveau des prescriptions* premières que secondaires, car toutes deux constituent l’école du fiqh islamique : qu’ils ne prêtent pas l’oreille aux insinuations des adversaires sournois de la vérité et de la religion, et qu’ils sachent que dévier d’un [seul] pas serait le prélude à la chute de la religion, des prescriptions islamiques et du gouvernement de justice divine.

Entre autres [aussi], qu’ils ne négligent jamais la Prière de Vendredi et la Prière en commun, qui sont l’expression du contenu politique de la Prière, car la Prière du Vendredi est une des plus grandes grâces de la Réalité Suprême envers la République islamique d’Iran.

Entre autres, [encore], qu’ils ne négligent jamais les cérémonies de deuil des Purs Imams*, en particulier du Seigneur des opprimés et Prince des martyrs, Sa Seigneurie Abû ‘Abd Allâh al‑£usayn*, que les bénédictions de Dieu, des Prophètes, des Anges et des hommes de bien soient abondamment répandues sur son noble et vaillant esprit.

Qu’ils sachent que l’ordre donné par les Imams, que la Paix soit avec eux, de commémorer cette épopée historique de l’islam[22] ainsi que les imprécations et malédictions à l’encontre des oppresseurs des Gens* de la Demeure sont la clameur héroïque des peuples face aux gouvernants iniques tout au long de l’histoire [et] pour l’éternité.

Sachez que les malédictions, imprécations et clameurs en raison de l’iniquité des Omayyades, que la malédiction divine soit sur eux, alors qu’ils ont disparu et pris le chemin de l’Enfer, est une clameur à la face des oppresseurs du monde entier, et maintenir cette clameur vivante détruit l’oppression.

Et il faut ponctuer fortement et sans relâche les lamentations et les poèmes de deuil ou de louange des Imams de Vérité, que la Paix soit avec eux, par des rappels des calamités et iniquités des oppresseurs de toute époque et de tout lieu : en ce siècle, siècle de l’oppression du monde musulman par l’Amérique, l’Union soviétique et tous ceux qui leur sont liés, dont la dynastie des Sa‘ûd[23], ces traîtres au grand sanctuaire divin [de La Mecque] — que les malédictions de Dieu, de Ses anges et de Ses messagers soient sur eux —, que [cette situation] soit sans cesse rappelée avec force malédictions et imprécations.


Nous devons tous savoir que le facteur d’unité entre les musulmans, ce sont ces cérémonies [à caractère] politique qui préservent l’identité communautaire des musulmans, et en particulier des fidèles des douze Imams, que les Bénédictions et la Paix divines soient avec eux.

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Il me faut encore préciser que le testament politico-religieux de votre serviteur n’est pas seulement destiné au grand peuple iranien, mais qu’il est une recommandation faite à tous les peuples musulmans et aux opprimés du monde entier, de quelque nationalité et religion qu’ils soient.

Je demande humblement à Dieu tout-puissant et majestueux de ne pas nous abandonner un seul instant, nous et notre peuple, à nous-mêmes et de ne pas priver un seul instant de Ses grâces surnaturelles ces chers fils de l’islam et ces chers combattants.

Rûh Allâh al-Mûsawî al-Khomeyni


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Testament politico-spirituel
de l’Imam Khomeyni

[Corps du testament]

Par le Nom de Dieu
le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux,

L’importance de cette grandiose Révolution islamique, qui est l’acquis de millions d’êtres humains de valeur, de milliers de martyrs éternels et de mutilés qui nous sont chers [et sont de véritables] martyrs vivants, et qui est l’espoir de millions de musulmans et de musta*‘afîn* du monde, [cette importance] est telle qu’elle dépasse et transcende les capacités d’expression des écrits et discours.

En tant qu’un humble étudiant en sciences religieuses qui, comme tous mes frères dans la foi, a espoir en cette révolution, en la continuité de ses acquis et en leur fructification croissante, moi, Rûh Allâh Mûsawî Khomeyni — qui, malgré toutes mes fautes, ne désespère pas de l’immense magnanimité du Très-Haut, ma [seule] provision pour le voyage plein de danger qui m’attend étant cet attachement [même] à la magnanimité du Magnanime absolu —, je vais exposer quelques points, même s’il s’agit de redites, en guise de testament à l’intention de la génération actuelle et des chères générations futures, tout en demandant à Dieu tout-miséricordieux de m’accorder une intention pure au moment de faire ces remarques.

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1. Nous savons bien que cette grande révolution, qui a écarté de l’Iran les mains des injustes et des dévoreurs du monde, a triomphé grâce à des assistance divines surnaturelles.

N’eût été la toute-puissante main de Dieu, il n’aurait pas été possible à une population de trente-six millions [de faire ce qu’elle a fait dans la situation où elle était] : avec ces propagandes anti-islamiques et anticléricales, en particulier dans les cent dernières années ; avec ces discordes innombrables semées par les orateurs et les écrivains, dans la presse, dans les conférences, dans les réunions et les cercles anti-islamiques et antinationaux sous [leurs] dehors nationalistes ; avec tous ces pamphlets et satyres ; avec tous ces centres de corruption, de prostitution et de jeux, ces boissons enivrantes et ces drogues…, tout cela pour que notre jeune génération active — qui devrait s’activer pour l’avancement, l’élévation et le progrès de sa chère patrie — soit entraînée dans la corruption et l’indifférence devant les forfaitures du Shah* corrompu, de son père inculte et des gouvernements et parlements de complaisance imposés au peuple par les ambassades des puissants.

Le pire étant la situation des universités, des lycées et des centres éducatifs aux mains desquels les destinées du pays étaient confiées en y employant, au nom de la nation et du nationalisme, des enseignants et professeurs mentalement colonisés par l’Est ou par l’Ouest et cent pour cent opposés à l’islam et à la culture islamique, voire authentiquement nationale. Et même s’il y eut parmi eux des hommes engagés et consciencieux, du fait de leur position terriblement minoritaires et des contraintes qui leur étaient imposées, ils ne pouvaient pas faire de travail positif.

Ajoutez à tout cela des dizaines d’autres problèmes, dont l’isolement et la mise à l’écart des clercs ainsi que, à force de propagandes, la « déformation » intellectuelle de beaucoup d’entre eux. Il n’était [donc] pas possible que ce peuple, dans cette situation, se soulève d’un bloc, balaye d’un bout à l’autre du pays toutes les puissances intérieures et extérieures, grâce à une idée unique, grâce au cri de « Dieu est plus grand », grâce à des sacrifices extraordinaires et miraculeux, et prenne [enfin] lui-même en main les destinées du pays.

Il ne faut donc pas douter que la révolution islamique d’Iran se distingue de toutes les révolutions, aussi bien par sa genèse et la nature de sa lutte que par le mobile de la révolte et du soulèvement. Il ne fait pas de doute que c’était là un cadeau divin et un présent surnaturel providentiellement octroyé par Dieu le Prodigue à ce peuple opprimé et dépouillé.

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2. L’islam — et le gouvernement islamique — est un phénomène divin qui, s’il est mis en pratique, garantit de la meilleure manière le bonheur de ses fils en ce monde et dans l’autre, qui a le pouvoir de tirer un trait sur les iniquités, les pillages, les corruptions et les agressions et de conduire les humains à la perfection à laquelle ils aspirent.

C’est une école qui, contrairement aux écoles qui ne relèvent pas du tawhîd*, intervient et exerce son contrôle dans toutes les affaires individuelles et sociales, matérielles et spirituelles, culturelles et politiques, militaires et économiques, qui n’a négligé aucun point, aussi minime soit-il, jouant un rôle dans l’éducation de l’homme et de la société et dans leur progrès matériel et spirituel, et qui a évoqué tous les obstacles et problèmes dans la voie du perfectionnement de la société et de l’individu en s’efforçant de les éliminer.

Maintenant que, par la grâce et l’aide de Dieu, la République islamique a été instaurée par la puissante main de ce peuple engagé — or, ce dont il est question dans cette République islamique, c’est l’islam et ses sublimes prescriptions —, il incombe au grand peuple iranien de faire effort pour en réaliser le contenu dans toutes ses dimensions et pour la préserver et la sauvegarder, car la préservation de l’islam est la première de toutes les obligations.

C’est dans cette voie que les grands Prophètes*, depuis Adam, que la Paix soit avec lui, jusqu’au Sceau* des Prophètes, que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix, ont prodigué leurs efforts et fait des sacrifices accablants, aucun obstacle ne venant les détourner de l’accomplissement de cette grande obligation divine ; et après eux, ce sont les compagnons fidèles à leurs engagements et les Imams* de l’islam, que les Bénédictions divines soient sur eux, qui se sont efforcés de le préserver au prix d’efforts éreintants allant jusqu’à l’offrande de leur sang.

Aujourd’hui, c’est une obligation, pour le peuple iranien en particulier et pour tous les musulmans en général, de préserver de toutes leurs forces ce dépôt confié par Dieu, qui a été officiellement proclamé en Iran et qui a, en peu de temps, donné de grands résultats, et de faire effort pour que soient réunies les conditions nécessaires à sa survie et que soient écartées les difficultés qui y font obstacle. L’éclat de sa lumière ayant commencé à rayonner sur tous les pays musulmans, il y a espoir que tous les Etats et les peuples en viennent à s’entendre les uns les autres sur cette chose vitale et écartent de la tête des opprimés et des victimes de l’injustice dans le monde entier la main des superpuissances dévoreuses du monde et des criminels de l’histoire.

Moi qui vit mes derniers instants, je vais, comme c’est mon devoir, évoquer pour la génération présente et les générations futures une partie des choses qui interviennent dans la préservation et la survie de ce dépôt divin et une partie des obstacles et dangers qui le menacent, tout en demandant au Seigneur des mondes la réussite et l’assistance pour tous.

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a) Le secret de la survie de la Révolution islamique est, sans le moindre doute, le secret même de son triomphe. Or le peuple sait bien, et les générations futures le liront dans l’histoire, que les deux fondements principaux du secret de ce triomphe sont [d’une part] la motivation divine et le sublime objectif du gouvernement islamique, et [d’autre part] l’union du peuple, d’un bout à l’autre du pays, avec une parole unique, pour cette motivation et cet objectif.

Je recommande à toutes les générations, présente et futures, si elles veulent que l’islam et le gouvernement de Dieu règnent et que soient écartées les mains des colonialistes et exploiteurs de l’extérieur comme de l’intérieur, de ne pas perdre cette motivation divine sur laquelle Dieu le Très-Haut a insisté dans le Noble Coran. L’alternative à cette motivation, qui est le secret de la victoire et de sa continuité, c’est l’oubli du but, la discorde et la désunion.

Ce n’est pas sans raison que les haut-parleurs de la propagande d’un bout à l’autre du monde, ainsi que leurs rejetons dans ce pays, consacrent tous leurs moyens à répandre des rumeurs et des mensonges facteurs de discorde et dépensent des milliards de dollars pour cela. Ce n’est pas sans mobile que les opposants à la République islamique font sans cesse des voyages dans la région. Et malheureusement, on aperçoit parmi eux les dirigeants et les gouvernements de certains pays musulmans qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels et sont aveuglément soumis à l’Amérique, et certains pseudo-religieux sont aussi à mettre dans le même sac.

Aujourd’hui et à l’avenir, ce dont il doit être question pour le peuple d’Iran et les musulmans du monde, et dont ils doivent bien voir l’importance, c’est de neutraliser les propagandes qui sèment la désunion et la ruine. Ce que je recommande aux musulmans et en particulier aux Iraniens, tout spécialement en ce siècle, c’est de réagir face à ces conspirations, de renforcer par tous les moyens possibles leur entente et leur union et de désespérer les infidèles et les hypocrites.

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b) Une des conspirations importantes qui saute aux yeux dans le dernier siècle, particulièrement dans les dernières décades et surtout depuis la victoire de la Révolution, est la vaste propagande tous azimuts pour désespérer les peuples, en particulier le dévoué peuple iranien, de l’islam.

Parfois, c’est maladroitement, en disant crûment que les prescriptions de l’islam, établies il y a mille quatre cents ans, ne peuvent administrer un pays en notre époque, ou que l’islam est une religion rétrograde, opposée à toute innovation et à tous les aspects de la civilisation, alors qu’à notre époque des pays ne peuvent se tenir à l’écart de la civilisation et de ses aspects, et autres stupides propagandes de cet ordre.

D’autres fois, c’est sournoisement et avec malignité, en se faisant les champions de la sainteté de l’islam : comme quoi l’islam et les autres religions révélées s’occupent de choses spirituelles, de formation de l’âme, de mettre en garde contre les honneurs de ce monde, appelant à laisser le monde et à vaquer à des pratiques cultuelles, à des invocations et à des prières qui rapprochent l’homme de Dieu le Très-Haut et l’éloignent du monde ; que le gouvernement, la politique et la conduite des affaires sont contraires à ce grand objectif spirituel, parce que toutes ces choses ne sont que pour la marche de ce bas monde et que cela est en contradiction avec la démarche des grands Prophètes. La propagande selon cette deuxième méthode a malheureusement eu un effet sur certains religieux et pratiquants mal informés de l’islam qui ont été, et vont peut-être encore, jusqu’à considérer le fait d’intervenir dans la politique et le gouvernement comme péché et impiété. C’est là un grand fléau qui a touché l’islam.

Du premier groupe, il faut dire soit qu’ils ignorent tout de la politique, soit que, mus par de mauvaises intentions, ils font semblant d’être ignorants. Car mettre en application des lois basées sur la justice et l’équité, faire obstacle aux oppresseurs et à un gouvernement inique, répandre la justice individuelle et sociale et empêcher la corruption des mœurs, la dépravation et toutes sortes de déviances, [établir] une liberté basée sur l’intelligence et la justice, [assurer] l’indépendance et l’autonomie, s’opposer à la colonisation, à l’exploitation et à l’asservissement, [appliquer] les peines légales [dites] hudûd*, qiùâù* et ta‘zîrât* selon un critère juste afin de faire obstacle à la corruption et à la ruine d’une société, gérer et conduire la société conformément à l’intelligence, à la justice et au droit, et cent autres [activités] de cet ordre [encore] ne sont pas choses à vieillir avec le temps au cours de l’histoire de l’humanité et de la vie en société. Cette prétention reviendrait à dire que les lois rationnelles et mathématiques doivent être changées en ce siècle et qu’il faut établir d’autres lois en leur place. S’il fallait, au début de la création, faire régner la justice sociale et empêcher l’oppression, le pillage et le meurtre, aujourd’hui, comme nous sommes au siècle de l’atome, cette manière d’agir serait désuète !

Quant à la prétention selon laquelle l’islam serait opposé aux « nouveautés » — à la manière dont le [Shah] déchu, Mohammad Rezâ Pahlavi, disait que « ceux-là veulent voyager en ce siècle à dos de bêtes » —, ce n’est qu’une accusation absurde, car si l’on entend par « nouveautés » et « marques de modernité » les inventions, découvertes et industries développées qui jouent un rôle dans le progrès et la civilisation de l’humanité, ni l’islam ni aucune religion relevant du tawhîd* ne se sont jamais opposés à cela ni ne s’y opposeront : l’islam et le Noble Coran insistent tout au contraire sur le savoir et l’industrie. Mais si l’on entend « innovation » et « civilisation » dans le sens prôné par certains « intellectuels de profession » — à savoir, la liberté dans tout ce qui est blâmable et dans la dépravation, y compris l’homosexualité et les choses de cet ordre —, les religions révélées, les gens de savoir et les êtres raisonnables y sont tous opposés, même si ceux qui sont mentalement colonisés par l’Est ou par l’Ouest propagent cela en suivant aveuglément [leur exemple].

Quant au deuxième groupe, dont le projet est pernicieux et qui considèrent que l’islam n’a rien à voir avec le gouvernement et la politique, il faut dire à ces ignorants que le Noble Coran et la Sunna* du Messager* de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens, ne comportent dans aucun domaine autant de prescriptions qu’à propos du gouvernement et de la politique. Bien plus : nombre des prescriptions cultuelles de l’islam sont politico-cultuelles, et c’est leur négligence qui a causé nos malheurs.

Le Prophète de l’islam a constitué un gouvernement semblable aux autres gouvernements du monde, mais avec la motivation de faire régner la justice sociale. Les premiers califes de l’Islam gouvernaient de vastes contrées et le gouvernement de ‘Alî fils d’Abû Xâlib, que la Paix soit avec lui, avec la même motivation, mais dans une mesure plus vaste et plus étendue, est une donnée évidente de l’histoire. Ensuite, progressivement, le gouvernement ne fut plus islamique que de nom, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui prétendent exercer un gouvernement islamique suivant l’islam et le plus noble Messager, que Dieu le bénisse lui et les siens.

Je me contente dans ce testament d’y faire allusion, mais j’espère que les écrivains, les sociologues et les historiens délivreront les musulmans de cette erreur.

Quant à ce qu’ils ont dit et diront encore — comme quoi les Prophètes*, que la Paix soit avec eux, s’occupaient de choses spirituelles, que le gouvernement et la conduite des affaires de ce monde sont choses réprouvées, que les Prophètes, les Proches-Amis [de Dieu] et les grands personnages s’en gardaient, et que nous devons nous aussi faire de même — c’est là une erreur déplorable dont les conséquences sont de conduire à la ruine les peuples musulmans et d’ouvrir la voie aux colonialistes assoiffés de sang.

Ce qui est rejeté, ce sont les gouvernements sataniques, dictatoriaux et iniques qui sont mus par l’amour du pouvoir et des mobiles déviés et mondains contre lesquels nous avons été mis en garde : amasser des richesses et des biens, rechercher le pouvoir et se comporter en xâghût*…, bref un [attachement à ce] bas-monde qui rend l’homme inattentif à la sublime Réalité divine. Quant au gouvernement authentique, dans l’intérêt des musta*‘afîn*, pour faire obstacle à l’injustice et à l’iniquité et pour faire régner la justice sociale, c’est cela même pour quoi des hommes tels que Salomon fils de David et le grand Prophète de l’islam — que Dieu le bénisse lui et les siens — ainsi que ses illustres Héritiers désignés prodiguaient leurs efforts : [c’est là] un des plus grands devoirs religieux et établir [un tel gouvernement] est une des plus hautes œuvres de service divin, car la politique saine, qui existait dans ces gouvernements, fait partie des choses qui sont nécessaires [à la vie sociale].

Il faut que le peuple éveillé et vigilant d’Iran neutralise ces conspirations par une vision islamique et que les orateurs et écrivains engagés se dressent et, avec l’aide du peuple, mettent hors d’état de nuire ces démons conspirateurs.

¯ ¯ ¯

c) Dans le même ordre de conspirations, et peut-être plus pernicieuses encore, il y a les vastes rumeurs, dans tout le pays, et plus particulièrement en province, comme quoi la République islamique non plus n’a rien fait pour le peuple : « Ce malheureux peuple s’est sacrifié avec tant d’ardeur et de passion afin de se libérer du régime inique du Xâghût*, et il se retrouve aux prises avec un régime encore pire ! Les mustakbirîn* le sont devenus encore plus et les musta*‘afîn* de même ! Les prisons sont pleines de jeunes qui sont l’espoir de l’avenir du pays, les tortures sont pires et plus inhumaines encore que sous le régime précédent et chaque jour on en exécute quelques uns au nom de l’islam ! Ah ! si seulement on n’avait pas donné le nom d’islamique à cette république ! Cette époque est pire que celle de Rezâ Khân* et de son fils ! Les gens sont plongés dans des souffrances, des peines et une cherté de vie inouïes, et les gouvernants sont en train de faire de ce régime un régime communiste ! Les biens des gens sont confisqués et le peuple a été privé de liberté en toutes choses ! », et quantité d’autres [rumeurs] de cet ordre qui sont lancées intentionnellement.

Ce qui montre qu’il y a là-dessous un plan concerté et une conspiration, c’est que chaque fois, à quelques jours d’intervalle, une [nouvelle] rumeur se retrouve sur toutes les lèvres, dans tous les coins et recoins et dans chaque quartier et ruelle : dans les taxis et dans les autobus, partout le même sujet, et dans les attroupements, encore la même conversation, et dès qu’une [rumeur] se fait vieillotte, une autre se répand.

Malheureusement, certains clercs ignorants des stratagèmes sataniques s’imaginent, après avoir été contacté par un ou deux de ces conspirateurs, qu’il en est bien ainsi. La raison en est que beaucoup d’entre ceux qui prêtent l’oreille à ces histoires et y croient ignorent tout de la situation du monde, des révolutions du monde, des événements post-révolutionnaires et de leurs immenses et inévitables difficultés, tout comme ils ne sont pas non plus correctement informés de transformations qui sont toutes au profit de l’islam : les yeux fermés et ignorants, ils prêtent l’oreille à de telles rumeurs et en prennent le parti, inconsciemment ou volontairement.

Ce que je leur recommande et que je leur demande, c’est de ne pas créer de problèmes, de ne pas lancer de critiques destructrices et de ne pas proférer d’insultes avant que d’avoir pris connaissance des divers aspects de la question : avant d’avoir étudié la conjoncture mondiale actuelle, d’avoir fait la comparaison entre la Révolution islamique d’Iran et les autres révolutions ; avant de s’être familiarisés avec la situation des pays et des peuples dans les périodes révolutionnaires et avec ce qui leur est advenu après leur révolution ; avant d’avoir pris en considération les difficultés de ce pays victime des xâghût-s*, [difficultés] que les longues années de pillages de Rezâ Khân* et encore plus de Mohammad Rezâ ont laissé en héritage à l’Etat actuel — depuis les immenses et ruineuses dépendances [envers les puissances étrangères] jusqu’à l’état des ministères, des administrations, de l’économie et de l’armée, [en passant] par les centres de plaisirs, les magasins de boissons alcoolisées, le dérèglement sans frein qui a été introduit dans toutes les choses de la vie, l’état de l’enseignement et de l’éducation, l’état des lycées et des universités, l’état des cinémas et des lieux de débauche, la situation de la jeunesse et des femmes, la situation du clergé, des pratiquants, des partisans de la liberté engagés [envers la religion], des honnêtes femmes bafouées et des mosquées à l’époque du Xâghût*… — ;

avant d’avoir examiné le dossier des condamnés à mort et des incarcérés, d’avoir examiné [la question] des prisons et des comportements de ceux qui en ont la charge ; d’avoir examiné [la question] des biens des capitalistes, des grands propriétaires terriens, des spéculateurs et de ceux qui vendent à haut prix ; d’avoir examiné [la question de] la justice et des tribunaux révolutionnaires et d’avoir fait la comparaison avec l’état antérieur de la justice et des juges ; d’avoir examiné la condition des députés à l’Assemblée parlementaire islamique, des membres du gouvernement, des gouverneurs de province et des autres fonctionnaires qui sont arrivés aux affaires dans la période actuelle et d’avoir fait la comparaison avec la période précédente ; d’avoir examiné les activités du gouvernement et du « Djihâd* pour la reconstruction » dans les villages dépourvus de tout, même de l’eau potable et de dispensaire, et d’avoir fait la comparaison avec toute la période de l’ex-régime ;

cela tout en prenant en compte les difficultés de la guerre imposée [par l’Irak] et de ses conséquences, les millions de déplacés, les familles de martyrs, les victimes de guerre et les millions de réfugiés afghans et irakiens… ; en considérant aussi le blocus économique et les conspirations ininterrompues de l’Amérique et de ses valets à l’extérieur et à l’intérieur ; ce à quoi vous ajouterez le manque de prédicateurs aussi informés des questions qu’il en serait besoin, le manque de juges religieux, les troubles suscités par les opposants à l’islam, par les dévoyés et même par des amis ignorants, et des dizaines d’autres questions…

Ayez pitié de cet islam seul et abandonné qui, après des centaines d’années d’injustice des tyrans et d’ignorance des masses, est aujourd’hui un petit enfant qui fait ses premiers pas entouré d’ennemis à l’extérieur comme à l’intérieur. Vous qui créez des problèmes, réfléchissez un peu : ne vaudrait-il pas mieux, plutôt que de détruire, s’efforcer d’aider et d’améliorer ? Plutôt que de prendre le parti des hypocrites, des iniques, des capitalistes et des spéculateurs injustes et ignorants de Dieu, prendre celui des victimes de l’injustice, des opprimés et des déshérités ? Et plutôt que de prendre indirectement le parti des fauteurs de troubles et des terroristes corrompus, accorder quelque attention aux victimes du terrorisme, depuis les clercs jusqu’aux serviteurs dévoués [de l’Etat] victimes de l’injustice ?

Je n’ai jamais dit et je ne dis pas qu’aujourd’hui, dans cette république, le vénérable islam est mis en application dans toutes ses dimensions et qu’il n’y a pas des individus qui, par ignorance, par complexe ou par indiscipline, agissent contrairement aux règlements de l’islam. Ce que je dis, c’est que les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif font des efforts éreintants pour islamiser ce pays, que la population est par dizaines de millions de leur côté et les soutient, et que si la minorité de faiseurs de problèmes et de saboteurs s’employaient à aider, la réalisation de ces espoirs serait plus facile et plus rapide. [Mais même] si, à Dieu ne plaise, ceux-là ne se ressaisissent pas, comme par millions les foules se sont éveillées et sont conscientes et mobilisées, si le Très-Haut le veut, ces espérances humaines et islamiques prendront forme à vue d’œil, et les égarés et faiseurs de problèmes ne pourront opposer de résistance à ce flot rugissant.

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J’ose affirmer que le peuple d’Iran et ses foules par millions est à l’époque actuelle meilleur que celui du £idjâz[24] à l’époque du Messager* de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens, et que celui de Kûfa[25] et de l’Irak à l’époque du Commandeur* des fidèles [‘Alî* fils d’Abû Xâlib] et de £usayn* fils de ‘Alî, que les Bénédictions et la Paix divines soient sur eux. Ce £idjâz où, à l’époque du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens, même les musulmans ne lui obéissaient pas et, sous divers prétextes, n’allaient pas au front, au point que Dieu le Très-Haut les a fustigés dans plusieurs versets de la sourate at-Tawba[26] et leur a promis châtiment. Et ils lui ont tant menti qu’il est rapporté qu’il les a maudits en chaire ! Et ces gens de l’Irak et de Kûfa qui se sont si mal comportés avec le Commandeur* des fidèles et se sont tant rebellés à ses ordres que les plaintes de ce seigneur à leur encontre, [rapportées] dans les livres de hadiths* et d’histoire, sont célèbres ! Et ces musulmans de l’Irak et de Kûfa [qui ont agi de sorte] qu’il est arrivé au Seigneur des martyrs [Abû ‘Abd Allâh al-£usayn*], que la Paix soit avec lui, ce qui est arrivé : ceux qui ne se sont pas sali les mains dans son martyre ont soit fui la bataille, soit attendu que ce crime historique soit perpétré !

Mais aujourd’hui nous voyons le peuple d’Iran, depuis les forces armées, [les forces] de l’ordre, le Corps* [des Gardiens de la Révolution] (sepâh) et la Mobilisation volontaire (basîdj*), jusqu’aux forces populaires — les tribus nomades et les volontaires, les forces présentes aux fronts et le peuple présent aux arrières —, [nous voyons] quels sacrifices ils font et à quelle épopée ils donnent le jour avec l’ardeur et la passion les plus complètes. Nous voyons quelles précieuses aides cet honorable peuple apporte d’un bout à l’autre du pays. Nous voyons ceux qui ont donné des martyrs, ceux qui ont été victimes de la guerre et leurs proches, qui nous font face, à nous et à vous, avec des visages d’épopée, des mots et des comportements ardents et rassérénants. Tout cela vient de ce qu’ils débordent d’amour passionné, d’attachement et de foi envers Dieu le Très-Haut, envers l’islam et envers la vie éternelle, alors qu’ils ne sont [de manière visible] ni en la présence bénie du plus noble Messager* — que Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix — ni en celle de l’Imam* infaillible [de ce temps, l’Imam Mahdî* occulté], que les Bénédictions de Dieu soient sur lui : leur motivation est la foi et la confiance en l’au-delà, et c’est là le secret de la réussite et de la victoire dans les divers domaines. L’islam doit être fier d’avoir élevé de tels enfants et nous sommes tous fiers d’être en une telle époque et en présence d’un tel peuple.

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Je voudrais faire ici une recommandation aux personnes qui, pour des motifs divers, s’opposent à la République islamique, ainsi qu’aux jeunes, filles ou garçons, qui ont été utilisés par les hypocrites et les égarés opportunistes et intéressés : jugez-en impartialement et sans idée préconçue, considérez attentivement et sans passion les propagandes de ceux qui veulent faire tomber la République islamique, leur manière d’agir et leur comportement envers les masses déshéritées, les groupes et Etats qui les ont soutenus et les soutiennent, les groupes et les personnes qui, à l’intérieur, leur sont liés et les soutiennent, leurs mœurs et leur comportement entre eux-mêmes et avec leurs partisans, leurs volte-face en diverses occasions ; et étudiez la biographie de ceux qui, dans cette République islamique, sont tombés martyrs sous les coups de ces hypocrites et égarés. Faites la comparaison entre eux et leurs ennemis. Les cassettes de ces martyrs sont pour une part disponibles et celles des opposants doivent être entre vos mains : voyez lesquels sont du côté des défavorisés et des opprimés de la société.

Frères, vous ne lirez pas ces pages avant ma mort. Il se peut que vous les lisiez après moi : à ce moment, je ne serai plus parmi vous pour vouloir jouer à mon profit de la corde sensible de vos jeunes cœurs et vous séduire pour obtenir quelque poste ou pouvoir. C’est parce que vous êtes des jeunes pleins de capacités que je voudrais vous voir passer votre jeunesse dans la voie de Dieu, du précieux islam et de la République islamique, afin que vous atteigniez au bonheur en ce monde et dans l’autre. Je prie Dieu de vous guider dans la voie droite de l’humanité et qu’en Son immense miséricorde, Il passe l’éponge sur mon passé comme sur le vôtre, et vous aussi, dans vos instants de recueillement, demandez la même chose à Dieu, car Il est le Guide et le Tout-Miséricordieux.

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Je fais [maintenant] une recommandation aux noble peuple d’Iran et aux autres peuples qui subissent l’épreuve de gouvernements corrompus et sont dans les filets des grandes puissances.

Au cher peuple d’Iran, je recommande d’apprécier à l’aune des choses les plus précieuses la valeur de cette grâce que vous avez obtenue au prix de votre immense djihâd* et du sang de vos jeunes : préservez-là et gardez-là, prodiguez vos efforts pour ce qui est une immense grâce divine que Dieu vous a confiée en dépôt et ne vous effrayez pas des difficultés qui peuvent survenir dans cette voie droite, car « si vous prêtez secours à Dieu, Dieu vous prêtera secours et affermira vos pas » (Coran 47.7). Prenez part, de tout votre cœur et de toute votre âme, aux difficultés du gouvernement de la République islamique et soyez diligents à les résoudre. Considérez le gouvernement et le parlement comme étant des vôtres et prenez en soin comme d’un être aimé et cher.

Au parlement, au gouvernement et à ceux qui sont aux affaires, je recommande d’apprécier la valeur de ce peuple et qu’ils ne se montrent pas négligents à le servir, tout particulièrement les musta*‘afîn*, les déshérités et les victimes de l’injustice qui sont la lumière de nos yeux et les bienfaiteurs de tous : la République islamique est leur cadeau, c’est par leur sacrifice qu’elle a été réalisée et sa survie dépend de leurs services. Considérez-vous comme étant du peuple et le peuple comme étant de vous. Condamnez sans relâche les gouvernements xâghûtî‑s*, qui furent et sont [encore] des pillards incultes et des brutes sans cervelle, cela bien entendu en usant de procédés humains dignes d’un gouvernement islamique.

Quant aux peuples musulmans, je leur recommande de prendre exemple sur le gou­ver­ne­ment de la République islamique et sur le peuple iranien combattant : si vos gouvernements iniques ne s’inclinent pas devant la volonté des peuples, qui est la même que celle du peuple iranien, remettez-les vigoureusement à leur place, car la source de tous les malheurs des musulmans, ce sont les gouvernements liés à l’Est ou à l’Ouest. Et je vous recommande avec insistance de ne pas prêter l’oreille aux haut-parleurs de la propagande des opposants à l’islam et à la République islamique, car tous s’efforcent d’éliminer l’islam de la scène afin que les intérêts des superpuissances soient garantis.

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d) Un des plans sataniques des grandes puissances coloniales et exploiteuse est d’isoler le clergé, [plan] qui fut mis en œuvre depuis de longues années, atteignit son apogée en Iran à l’époque de Rezâ Khân et fut poursuivi avec des méthodes différentes sous [le règne du Shah] Mohammad Rezâ. Du temps de Rezâ Khân, ce fut par la force et la répression : interdiction du vêtement [clérical], emprisonnement, bannissement, diffamations, exécutions et autres choses de cet ordre. Du temps de Mohammad Rezâ, ce fut selon une autre stratégie et par d’autres méthodes, dont l’une était de susciter l’animosité entre les universitaires et les clercs : il y eut de vastes propagandes en ce sens et malheureusement, du fait que ces deux classes ignoraient cette conspiration satanique des superpuissances, elles eurent de notables résultats.

D’un côté, de l’école primaire à l’université, on fit effort pour que les instituteurs, enseignants, professeurs et directeurs d’universités choisis et nommés soient de ceux qui étaient mentalement colonisés par l’Est ou par l’Ouest et qui s’étaient écartés de l’islam et de toutes les autres religions, et que les croyants religieusement engagés se retrouvent en minorité. Cela afin que la classe influente qui prendrait à l’avenir le gouvernement en main soit éduquée, de l’enfance à l’adolescence et à la jeunesse, de manière à être dégoûtée des religions en général et de l’islam en particulier, ainsi que de ceux qui sont liés aux religions, particulièrement les clercs et les prédicateurs. On présentait ces derniers comme des agents de l’Angleterre, à l’époque de sa présence, et par la suite comme des soutiens des capitalistes, des exploitants et des obscurantistes opposés à la civilisation et au progrès.

De l’autre côté, par des propagandes pernicieuses, on fit en sorte que les clercs, les prédicateurs et les religieux redoutent l’université et les universitaires, et on les accusa tous en bloc d’athéisme, de libertinage et d’opposition à l’islam et aux religions.

Bref : que les hommes d’Etat soient contre les religions, l’islam, le clergé et les pratiquants ; que les masses du peuple, qui sont attachées à la religion et au clerc, soient contre l’Etat, le gouvernement et tout ce qui s’y rapporte ; et qu’une profonde rupture entre l’Etat et le peuple [d’une part] et entre l’universitaire et le clerc [d’autre part] ouvre si bien la voie aux pillards que toutes les affaires du pays tombent en leur pouvoir et toutes les richesses du peuple dans leurs poches. Vous avez bien vu ce qui arrivait à ce peuple, qui n’échappait à un mal que pour tomber dans un pire.

Maintenant que, par la volonté du Très-Haut et l’effort du peuple, depuis le clerc et l’universitaire jusqu’au commerçant, à l’ouvrier, au paysan et aux autres catégories sociales, les chaînes de la captivité ont été brisées, qu’ils ont fait voler en éclats l’obstacle de la puissance des superpuissances et délivré le pays de leurs mains et de ceux qui leur étaient liés, ce que je recommande, c’est que les générations présente et à venir ne négligent pas [cette question], que les étudiants et notre chère et valeureuse jeunesse confortent et affermissent leurs liens d’amitiés et d’entente avec les clercs et les étudiants en sciences islamiques, et qu’ils ne soient pas inattentifs aux plans et conspirations de ces ennemis perfides : aussitôt qu’ils voient un ou plusieurs individus s’employant à semer la zizanie entre eux par ses paroles ou par ses actes, qu’ils le sermonnent et le conseillent, et si cela n’est pas efficace, qu’ils se détournent de lui et l’isolent ; qu’ils ne laissent pas la discorde prendre racine, car il est [bien plus] facile de faire obstacle à la source. En particulier, s’il apparaît parmi les professeurs quelqu’un qui veut causer l’égarement, qu’ils le sermonnent, et si cela ne suffit pas, qu’ils l’excluent des leurs et de leur classe, et cette recommandation s’adresse encore plus aux clercs et aux étudiants en sciences religieuses.

Les conspirations au sein des universités sont d’une profondeur particulière et toute catégorie sociale qui constitue la tête pensante de la société doit faire attention aux conspirations.

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e) Au nombre des plans qui ont malheureusement eu un profond impact sur les pays [colonisés] et sur notre cher pays, et dont les effets perdurent encore pour beaucoup, il y a celui de rendre les pays colonisés étrangers à eux-mêmes et de les « occidentaliser », [que ce soit avec les idées] de l’Est ou de l’Ouest. De la sorte, ils se comptaient eux-mêmes et leur culture pour rien, considéraient les deux puissants pôles de l’Est et de l’Ouest comme une race supérieure dotée d’une culture sublime et constituant la qibla du monde[27], et proclamaient que le fait de se lier à l’un de ces deux pôles était un impératif inévitable.

C’est là une longue et désolante histoire, et les coups que nous avons reçus et que nous continuons encore de recevoir de ce côté sont rudes et violents. Et ce qui est encore plus désolant, c’est qu’en toutes choses ils ont maintenu les peuples opprimés qu’ils dominaient en état d’arriération et en ont fait des pays consommateurs. Ils nous ont tant effrayés avec leurs progrès et leurs puissances sataniques que nous n’osons aucune initiative : leur ayant livré tout ce que nous avons, leur ayant confié notre destin et celui de nos pays, nous obéissons stupidement aux ordres. Ce vide et ce « décervelage » artificiels ont fait qu’en rien nous ne nous en remettons à notre réflexion et à notre savoir et que nous imitons aveuglément l’Est et l’Ouest.

Bien plus, critiquant et raillant notre culture, nos usages, notre industrie et nos inventions — pour peu que nous en ayons eues —, étouffant et décourageant la réflexion et les capacités du pays, les écrivains et les orateurs incultes et mentalement colonisés par l’Est et par l’Ouest propageaient par leurs actes, leurs propos et leurs écrits les us et coutumes étrangers, aussi vulgaires et grossiers soient-ils, et les faisaient et font [encore] avaler aux peuples en en faisant l’éloge et le panégyrique.

Si par exemple il se trouve dans un livre, un écrit ou un discours quelques termes occidentaux, ils s’empressent de l’admirer sans prêter attention à son contenu et de considérer son auteur comme un savant et un intellectuel. Du berceau à la tombe, tout ce qui s’offre au regard, pour peu d’être affublé d’un nom de l’Est ou de l’Ouest, sera marque de progrès et de civilisation, digne d’estime et d’attention, et sera rejeté, passé et rétrograde si ce sont des mots du terroir qu’on emploie. Nos enfants sont fiers s’ils ont un nom occidental, confus et arriérés s’ils ont un nom bien de chez nous. Rues et avenues, magasins et sociétés, pharmacies et bibliothèques, tissus et autres marchandises, mêmes produites dans le pays, doivent porter un nom étranger pour que les gens en soient satisfaits et leur fassent bon accueil.

Se comporter à l’occidentale est un motif de fierté et d’honneur, une marque de civilisation et de progrès, et à l’opposé, nos us et coutumes font vieux jeu et arriéré. Pour tout maladie et indisposition, fut-elle sans importance et susceptible d’être soignée dans le pays, il faut aller à l’étranger et condamner sans appel nos propres docteurs et savants médecins. Aller en Angleterre, en France, en Amérique et à Moscou est un honneur insigne, mais aller en pèlerinage à La Mecque et aux autres lieux saints, c’est être vieux jeu et arriéré ! Ne pas faire cas de ce qui à trait à la religion et aux choses spirituelles dénote un esprit éclairé et civilisé, et à l’opposé, être attaché à ces choses montre qu’on est vieux jeu et arriéré !

Je ne dis pas que nous avons nous-mêmes toutes choses : il est bien connu que tout au long d’une histoire pas si ancienne, en particulier dans les siècles derniers, ils nous ont privés de tout progrès. Les hommes d’Etat félons, particulièrement la famille Pahlavi*, les centres de propagandes contre les productions autochtones, et aussi les sentiments d’infériorité, voire d’être moins que rien, [tout cela] nous a privés d’avoir quelque activité pour le progrès. Importer des marchandises en tous genres, divertir les femmes et les hommes, tout particulièrement la jeunesse, avec toutes sortes de produits d’importation du genre matériel de maquillage, objets décoratifs, articles de luxe, jeux enfantins…, pousser les familles dans une course à la consommation marquée par de bien tristes histoires, divertir et gâter les jeunes, qui sont la classe active [de la société], en mettant à leur disposition des centres de prostitution et de débauche : de telles calamités préméditées pour maintenir les pays en état d’arriération se comptent par dizaines.

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En tant que serviteur compatissant, je ferai une recommandation à ce cher peuple, qui a maintenant échappé dans des limites fort remarquables à bien de ces pièges et dont l’actuelle génération déshéritée s’est relevée, active et inventive : pour bien des usines et des appareils perfectionnés du genre avions et autres — alors que l’on ne pensait pas que les spécialistes iraniens puissent faire fonctionner des usines et autres choses semblables et que nous tendions tous nos mains vers l’Est ou l’Ouest pour que leurs spécialistes les fassent fonctionner —, suite au blocus économique et à la guerre imposée, nous avons vu que nos chers jeunes ont eux-mêmes fabriqué les pièces nécessaires, les ont proposées à des prix moins chers, ont comblé notre besoin et ont fait la preuve que si nous voulons, nous pouvons.

Il vous faut être attentifs, conscients et vigilants, afin que les politiciens liés à l’Est et à l’Ouest ne vous entraînent pas, par leurs suggestions sataniques, vers ces pillards internationaux. Avec votre ferme volonté, votre énergie et votre persévérance, ayez à cœur de mettre un terme à la dépendance : sachez que les peuples iraniens et arabes n’ont rien de moins que ceux d’Europe, d’Amérique ou d’Union soviétique, que s’ils retrouvent leur identité, écartent d’eux le désespoir et ne placent pas leurs espérances en autre qu’eux-mêmes, [ces peuples] ont à long terme la capacité de tout faire et tout produire. Ce à quoi des hommes comme eux sont arrivés, vous y arriverez aussi, à la condition de s’en remettre à Dieu le Très-Haut, de compter sur soi-même, de rompre la dépendance envers autrui et de supporter les difficultés pour parvenir à une vie honorable et échapper à la domination des étrangers.

Les gouvernements et ceux qui sont aux affaires, que ce soit dans cette génération ou dans les générations à venir, ont pour devoir d’être reconnaissants envers leurs spécialistes, de les encourager au travail par des aides matérielles et morales, de faire obstacle à l’importation de marchandises qui poussent à la consommation et ruinent les foyers, et de s’accommoder de ce qu’ils ont jusqu’à ce qu’ils fassent tout eux-mêmes.

Je demande aux jeunes, filles et garçons, de ne pas sacrifier l’indépendance, la liberté et les valeurs humaines, même assorties de peines et de souffrances, aux luxes, plaisirs et frivolités et à la fréquentation des lieux de débauches que vous proposent l’Occident et ses agents apatrides, car ce qu’ils veulent par ces moyens et d’autres semblables, c’est vous maintenir en état d’arriération et « à demi sauvages », selon leur expression. L’expérience a en effet montré que ceux-là ne pensent à rien d’autre qu’à vous dégrader, à vous rendre insouciants du destin de votre pays, à piller vos ressources, à vous entraîner dans les liens de la colonisation et dans la honte de la dépendance, et à faire de votre pays et de votre peuple de simples consommateurs.

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f) Comme je l’ai déjà indiqué et rappelé à plusieurs reprises, une de leurs grandes conspirations était de mettre la main sur les centres d’éducation et de formation, en particulier les universités, car c’est de là que sortent ceux qui prendront en mains les destinées du pays. Leur méthode avec les clercs et les écoles de sciences islamiques diffère de celle qu’ils emploient avec les universités et les lycées.

[Pour ce qui est des premiers], leur plan est de mettre les clercs à l’écart et de les isoler, que ce soit par la répression, la brutalité et la diffamation — qui furent mises en œuvre du temps de Rezâ Khân, mais donnèrent le résultat contraire —, ou par des propagandes, des accusations et des plans diaboliques pour en détacher les classes instruites et dites « éclairées » — qui furent aussi mises en œuvre du temps de Rezâ Khân, parallèlement aux pressions et répressions, et qui furent poursuivies du temps de Mohammad Rezâ, sans brutalités, mais de manière pernicieuse.

Quant aux universités, le plan consiste à détourner les jeunes de la culture, des usages et des valeurs qui sont les leurs et de les entraîner vers l’Est ou vers l’Ouest, puis de choisir parmi eux des hommes d’Etat et de leur donner le gouvernement des destinées du pays afin de faire tout ce que l’on veut par leur entremise : ceux-là livrent le pays au pillage et l’occidentalisent et le clergé, isolé, détesté et vaincu, ne peut s’y opposer. C’est là le meilleur moyen pour maintenir les pays dominés en état d’arriération et les piller parce que, sans peine ni frais pour les superpuissances et sans faire de bruit dans les collectivités nationales, tout passe dans leurs poches.

Maintenant donc que les universités et les écoles sont en cours de réforme et d’épuration, il nous faut tous aider ceux qui s’en occupent et empêcher à tout jamais que les universités puissent être dévoyées. Partout où une déviation est constatée, il faut avec diligence nous efforcer de l’éliminer — cette question vitale devant en premier lieu être aux mains efficaces des jeunes des universités et des écoles eux-mêmes —, car sauver les universités de la déviation, c’est sauver le pays et la nation.

Aux jeunes et aux adolescents, en premier lieu, à leurs pères, mères et amis ensuite, et enfin aux hommes d’Etat et aux intellectuels dont le cœur bat pour le pays, je recommande de vous investir de tout votre cœur et de toute votre âme dans cette question importante, qui mettra votre pays à l’abri des dommages, et de remettre les universités à la génération future. Et je recommande à toutes les générations à venir, pour leur propre salut et pour celui de ce cher pays et de l’islam formateur d’êtres humains, de garder et préserver les universités de la déviation et de l’occidentalisation à la façon de l’Est comme à celle de l’Ouest : par cette action humaine et islamique, écartez de ce pays les mains des grandes puissances et ôtez-leur tout espoir. Que votre Seigneur vous soutienne et vous garde.

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g) Il est important que les députés de l’Assemblée parlementaire islamique soient des gens engagés. Nous avons vu quels coups extrêmement désolants l’islam et l’Iran ont subi de la part d’une Assemblée parlementaire indigne et dévoyée, depuis la [réforme] constitutionnelle* jusqu’à l’époque du régime criminel des Pahlavi — les choses ayant été pires et plus dangereuses que jamais sous ce régime corrompu [qui nous fut] imposé —, et [nous avons vu] quelles calamités, quels préjudices déchirants ont été portés au pays et à la nation par ces vils et serviles criminels.

Durant ces cinquante années, la présence d’une « majorité » truquée et dévoyée en face d’une « minorité » opprimée a fait que tout ce que l’Angleterre, la Russie et dernièrement l’Amérique voulaient, ils l’accomplissaient par l’entremise de ces dévoyés sans foi ni loi, conduisant le pays à la ruine et à l’anéantissement. Après la [réforme] constitutionnelle, les articles importants de la constitution n’ont pratiquement jamais été appliqués : avant Rezâ Khân, par l’action des occidentalisés et d’une poignée de féodaux et d’exploitants terriens, et au temps du régime pahlavi, par ce régime sanguinaire et ceux qui lui étaient liés et dévoués.

Maintenant que, de par la grâce de Dieu et l’effort de volonté de ce grand peuple, les destinées du pays sont au mains du peuple, que des députés issus du peuple lui-même, par son propre choix et sans intervention de l’Etat ni des féodaux, ont pris le chemin de l’Assemblée parlementaire islamique, et qu’il y a espoir que, en raison de leur engagement envers l’islam et les intérêts du pays, il soit fait obstacle à toute déviation, ce que je recommande au peuple, actuellement et pour l’avenir, c’est qu’avec une ferme résolution et avec engagement envers les prescriptions de l’islam et les intérêts du pays, ils envoient au parlement, à chaque élection, des députés engagés envers l’islam et la République islamique — lesquels se trouvent généralement parmi les classes moyennes ou défavorisées —, [des députés] qui n’ont pas dévié de la voie droite pour pencher du côté de l’Est ou de l’Ouest et qui n’ont pas d’inclination pour des écoles de pensée déviées, des personnes instruites et bien au fait des questions d’actualité et de politique islamique.

A l’honorable clergé, et tout particulièrement aux vénérables sources de référence [des fidèles] (mardja‘-s*), je recommande de ne pas se tenir à l’écart des questions de la société — surtout de choses comme l’élection du Président de la République et des députés du Parlement — et que cela ne les laisse pas indifférent. Vous avez tous vu — et les générations futures en entendront parler — comment les politiciens disciples de l’Est ou de l’Ouest ont éliminé les clercs de la scène, [ces clercs] qui avaient, avec peines et souffrances, fondé les bases du régime constitutionnel*. Les clercs eux-mêmes, abusés par le jeu des politiciens, s’imaginèrent qu’intervenir dans les affaires du pays et des musulmans était indigne de leur rang, abandonnèrent la place aux occidentalisés et firent s’abattre sur le régime constitutionnel, sur la constitution, sur le pays et sur l’islam des [désastres] qui seront longs à réparer.

Maintenant que, Dieu soit loué, les obstacles ont été levés et que la voie est libre pour que toutes les classes sociales interviennent, il n’y a plus d’excuse et l’insouciance de ce qui concerne les musulmans est un péché impardonnable. Chacun dans la mesure de ses capacités et de sa sphère d’influence se doit d’être au service de l’islam et de la patrie, et de faire sérieusement obstacle à l’influence de ceux qui sont liés aux deux pôles colonialistes, de ceux qui sont mentalement colonisés par l’Est ou par l’Ouest et de ceux qui se sont écartés de la grande école de l’islam.

Tous doivent savoir que les adversaires de l’islam et des pays islamiques, ces pillards internationaux que sont les superpuissances, s’infiltrent progressivement et subtilement dans notre pays et dans les autres pays islamiques et entraînent ces pays dans les filets de la colonisation par le truchement d’individus de ces peuples mêmes. Il vous faut être circonspects et vigilants, et au premier signe d’infiltration, faire face sans atermoyer — que votre Seigneur vous [y] aide et vous garde.

Je demande aux députés de l’Assemblée parlementaire islamique, en cette époque et dans les temps à venir, qu’au cas où, à Dieu ne plaise, des éléments égarés auraient imposé leur députation au peuple par des intrigues et des combines politiques, le Parlement rejette leur mandat et ne laisse pas même un seul saboteur lié [à l’étranger] entrer à l’Assemblée.

Aux minorités religieuses officiellement reconnues, je recommande de tirer la leçon de la période du régime pahlavi et d’élire comme députés des personnes engagées envers leur religion et la République islamique, non liées aux puissances dévoreuses du monde, et sans inclination pour les écoles athées, déviées ou syncrétistes[28].

Je demande à tous les députés de se comporter avec les meilleures intentions et en toute fraternité avec leurs collègues parlementaires. Que tous s’emploient avec zèle à ce que les lois ne s’écartent pas, à Dieu ne plaise, de l’islam. Soyez tous loyaux envers l’islam et ses prescriptions révélées, afin d’atteindre au bonheur en ce monde et dans l’autre.

Je demande et recommande à l’honorable Conseil* des Gardiens [de la constitution], que ce soit dans cette génération ou dans celles à venir, d’accomplir avec force et minutie leurs devoirs islamiques et nationaux, de ne se laisser influencer par aucun pouvoir, de faire obstacle sans égard pour qui que ce soit aux lois contraires à la Sainte Loi révélée ou à la constitution, et d’être attentifs aux questions de nécessité pour le pays, qui doivent être mises à exécution tantôt par le biais des prescriptions* secondaires (ahkâm thânawiyya) et tantôt en vertu de l’autorité du Docteur de la Loi (wilâyat* al-faqîh).

Ma recommandation au noble peuple est d’être présent à toutes les élections, que ce soit pour élire le Président de la République, les députés de l’Assemblée parlementaire islamique ou les Experts* qui doivent désigner le Guide* ou le Conseil de guidance : qu’ils fassent attention au fait que, s’ils font preuve de négligence et n’élisent pas les Experts sur la base de la Loi révélée et des lois votées, il pourrait bien en résulter un tort irréparable pour l’islam et pour le pays, et en ce cas, tous seront responsables devant Dieu le Très-Haut. Et il en va de même de la non-intervention du peuple, depuis les mardja‘-s* et les grands savants religieux jusqu’aux commerçants, paysans, ouvriers et fonctionnaires : tous sont responsables des destinées du pays et de l’islam, aussi bien la génération actuelle que les générations futures. L’abstentionnisme et la négligence peuvent même être, en certaines périodes, un péché venant en tête des péchés capitaux.

Il vaut alors mieux prévenir que guérir, car sinon personne ne pourra plus rien y faire — c’est là une réalité que vous avez et que nous avons pu toucher du doigt après la période constitutionnelle* —, et aucun remède n’est supérieur au fait que le peuple, d’un bout à l’autre du pays, s’acquitte des tâches qui lui sont confiées conformément aux règles de l’islam et de la constitution : pour ce qui est de la désignation du Président de la République et des députés du Parlement, qu’après en avoir délibéré avec [des gens de] la classe instruite engagés, éclairés, bien au fait de ce qui se passe, non liés aux puissances exploiteuses et connus pour leur vertu et leur engagement envers l’islam et la République islamique, après en avoir aussi délibéré avec les savants religieux et les clercs vertueux et engagés envers la République islamique, qu’ils soient attentifs à ce que le Président de la république et les députés du Parlement soient de ceux qui ont touché du doigt à la privation et à l’injustice dont sont victimes les musta*‘afîn* et les déshérités de la société et qui pensent au bien-être de ceux-là, et non pas de ces capitalistes, propriétaires terriens et gens de la haute, vivant dans l’aisance et plongés dans les plaisirs et les passions sensuelles, qui ne peuvent comprendre l’amertume de la privation et la peine des affamés et des va-nu-pieds.

Il nous faut savoir que si le Président de la République et les députés du Parlement sont compétents et engagés envers l’islam et que leur cœur bat pour le pays et pour le peuple, de nombreux problèmes ne verront pas le jour, et s’il s’en pose, ils seront résolus. Et la même chose est encore plus vraie pour l’élection des Experts* chargés de désigner le Guide* ou le Conseil de guidance : il faut bien considérer que, si les Experts qui sont désignés par le vote du peuple sont envoyés au Conseil des Experts* sur la base d’un examen minutieux et en concertation avec les vénérables mardja‘-s* de chaque époque, les grands savants religieux de tout le pays, les pratiquants et les scientifiques engagés, du fait que [ces Experts] désigneront [alors] les personnes les plus compétentes et les plus engagées pour le Conseil de guidance ou pour la fonction de Guide*, bien des problèmes et tracas ne verront pas le jour ou bien seront résolus avec compétence. En s’en référant aux articles cent neuf et cent dix de la constitution[29], la gravité du devoir du peuple dans la désignation des Experts* et de ces représentants [du peuple] dans la désignation du Guide* ou du Conseil de guidance apparaîtra clairement : quels malheurs s’abattraient sur l’islam, sur le pays et sur la République islamique à la moindre négligence dans ces élections ! Cette éventualité [même] est de la plus haute importance : elle crée pour eux un devoir d’obligation divine.

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Ma recommandation au Guide* et au Conseil de guidance, en cette époque — qui est celle de l’agression des superpuissances et de ceux qui leur sont liés, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, contre la République islamique et, en réalité, contre l’islam sous le couvert de la République islamique — et dans les temps à venir, c’est qu’ils se consacrent au service de l’islam, de la République islamique, des déshérités et des musta*‘afîn* et ne croient pas que la fonction de Guide* est en elle-même un cadeau qui leur est fait et une haute dignité : c’est au contraire un devoir grave et dangereux auquel tout manquement — s’il est dû, à Dieu ne plaise, aux passions de l’âme — aura pour conséquence une opprobre éternelle en ce monde et le feu de la colère de Dieu l’Impérieux dans l’autre monde.

Humblement et plein de crainte, j’implore et supplie Dieu le Prodigue et le Guide de nous sauver, vous et moi, de cette terrible épreuve et de nous accueillir en Sa présence le visage immaculé. Ce même danger, à un degré quelque peu moindre, existe aussi pour les Présidents de la république actuels et à venir, ainsi que pour les gouvernements et ceux qui sont aux affaires, chacun en fonction du degré de ses responsabilités : qu’ils sachent bien que Dieu le Très-Haut est présent et voit tout, et qu’eux-mêmes se considèrent en Sa sainte présence. Que le Très-Haut leur facilite les choses.

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h) Parmi les questions importantes, il y a celle de la justice, qui a affaire avec la vie, les biens et l’honneur des gens.

Ce que je recommande au Guide et au Conseil de guidance pour la désignation de la plus haute instance judiciaire, qui est à leur charge, c’est de s’attacher à nommer des personnes engagées, ayant de bons antécédents et experts dans ce qui a trait à la Loi révélée, à l’islam et à la politique.

Au Conseil suprême de la magistrature, je demande de mettre sérieusement bon ordre dans la magistrature, qui était dans un état lamentable et navrant sous le précédent régime, et d’écarter de cette fonction si importante ceux qui jouent avec la vie et les biens des gens et pour qui la seule chose dont il n’est pas question est la justice islamique. Qu’avec zèle et persévérance, ils transforment progressivement la justice et qu’à la place des juges qui ne satisfont pas aux conditions requises par l’islam soient nommés des juges qualifiés qui, si Dieu veut, grâce au zèle des hawza-s*, en particulier la hawza bénie de Qom, seront instruits, formés et présentés, de sorte que, si Dieu le Très-Haut le veut, la justice islamique entre rapidement en vigueur d’un bout à l’autre du pays.

Je recommande aux honorables juges, en cette époque et dans celles à venir, de prendre en charge cette fonction d’importance — tout en ayant à l’esprit les hadiths* rapportés des Infaillibles*, que les Bénédictions divines soient sur eux, à propos de l’importance de la fonction de juge et de l’immense danger que comporte son exercice, et en prêtant attention à ce qui est rapporté [d’eux] à propos des jugements contraires au droit — et de ne pas abandonner cette fonction à qui en est indigne : que ceux qui sont dignes de prendre cette charge en main ne s’y refusent pas, qu’ils ne laissent pas le champ libre à des personnes qui en sont indignes, et qu’ils sachent que, tout comme le danger de cette charge est grand, sa rétribution, son excellence et sa récompense sont également grandes. Ils savent bien [d’ailleurs] qu’assumer la charge de rendre la justice est pour ceux qui sont qualifiés une obligation collective[30].

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i) [Voici] ce que je recommande aux saintes hawza-s* et que j’ai déjà répété à maintes reprises. Ceux qui sont opposés à l’islam et à la République islamique sont aujourd’hui bien décidés à éliminer l’islam et, pour [réaliser] ce dessein satanique, ils déploient leurs efforts dans toutes les voies possibles. L’une des voies majeures pour [concrétiser] ce funeste dessein, et qui menace l’islam et les hawza-s* islamiques, consiste à y infiltrer des individus dévoyés et malfaisants : à court terme, le grand danger est qu’ils fassent une mauvaise réputation aux hawza-s par des actions inconvenantes et des mœurs et comportements dévoyés ; et à long terme, le danger majeur est qu’un ou plusieurs imposteurs parviennent à se glisser à des postes importants et que, grâce à leur connaissance des sciences islamiques, en se faisant accepter par les foules et les diverses catégories sociales du peuple candide et en se les attachant, ils portent au moment opportun un coup mortel aux hawza-s islamiques, au précieux islam et au pays.

Nous savons bien que les grandes puissances pillardes ont dans la société, sous des apparences multiples, des hommes en réserve : nationalistes, pseudo-intellectuels et pseudo-clercs — lesquels sont, de tous, les plus dangereux et les plus pernicieux, s’ils trouvent une occasion. Ils vivent parfois tranquillement et patiemment trente ou quarante ans parmi les gens, avec un comportement islamique et des allures de sainteté, ou sous des dehors de paniranisme[31], de patriotisme et autres faux-semblants, et le moment venu accomplissent leur mission. Dans la courte période d’après la victoire de la Révolution, notre cher peuple en a vu des exemples, tels que les Moudjahidines* du Peuple, les Fedayines du Peuple[32], les membres du Parti communiste Toudeh* et autres appellations.

Il est indispensable que tous neutralisent avec vigilance ce genre de conspirations, et le plus indispensable de tout, ce sont les hawza-s*, dont l’organisation et l’épuration revient aux vénérables enseignants et aux personnalités éminentes qui ont de l’ancienneté, avec l’appui des mardja‘-s de [chaque] époque. Il se pourrait d’ailleurs bien que la thèse selon laquelle « l’ordre [des hawza-s] réside dans leur désordre » soit une funeste suggestion de ces intrigants et conspirateurs. Quoi qu’il en soit, ma recommandation est qu’en chaque époque, et particulièrement dans les temps actuels où les intrigues et complots ont pris de la vitesse et de la force, œuvrer à l’organisation des hawza-s* est une nécessité et un impératif. Que les savants, les enseignants et les vénérables personnalités y consacrent du temps et qu’avec un programme précis et correct, ils protègent les hawza-s, en particulier celle de Qom et les autres hawza-s majeures, des maux [qui les menacent] dans la période actuelle.

Il est indispensable que les savants et les honorables enseignants ne laissent apparaître aucune déviation dans les cours touchant au fiqh* et les classes de fiqh* et de uùûl selon la méthode des vénérables maîtres, laquelle est la seule manière de préserver le fiqh* islamique. Qu’ils s’efforcent d’accroître chaque jour les examens minutieux, les études et les discussions, les recherches et les nouvelles découvertes. Que soit préservé le fiqh* traditionnel, qui est l’héritage des pieux anciens et par rapport auquel tout écart constituerait un affaiblissement des principes fondamentaux de la recherche et de l’examen minutieux, et que les recherches s’ajoutent aux recherches.

Mais bien entendu des programmes seront mis sur pied dans les autres branches du savoir, en conformité avec les besoins du pays et de l’islam, et des hommes doivent être formés dans ces branches. Au nombre des matières les plus élevées et les plus nobles, qui doivent impérativement faire l’objet d’un enseignement généralisé, [il faut compter] les sciences spirituelles de l’islam, telles que l’éthique, la formation de l’âme et le cheminement et pèlerinage vers Dieu, qui constituent le grand djihâd*, que Dieu nous en fasse don, à nous et à vous.

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j) L’une des choses qu’il faut réformer, assainir et contrôler est le pouvoir exécutif. Il arrive parfois que des lois de grande valeur et utiles à la société passent au Parlement, que le Conseil* des Gardiens [de la constitution] les rendent exécutoires, que le ministre concerné les transmette, et lorsqu’elles tombent entre les mains d’exécutants inaptes, voilà qu’ils les déforment et agissent contrairement aux règlements, soit en multipliant une paperasserie et des dédales [administratifs] dont ils ont pris l’habitude, soit en tracassant délibérément les gens, ce qui, avec le temps, si on le tolère, engendrera des troubles.

Voici la recommandation que je fais aux ministres responsables, en cette époque et dans les autres. Outre le fait que le budget dont vous vivez, vous et les employés des ministères, est le bien du peuple, que vous devez tous être au service du peuple, et plus particulièrement des musta*‘afîn*, et que causer du tracas aux gens et agir contrairement à son devoir est religieusement illicite et peut provoquer, à Dieu ne plaise, la colère divine, vous avez [de plus] besoin du soutien des gens : c’est par le soutien du peuple, en particulier de la classe défavorisée, que la victoire a eu lieu, et si un jour le soutien du peuple devait vous faire défaut, vous serez mis de côté et, tout comme dans l’inique régime monarchique, ce sont des injustes qui viendront occuper les postes à votre place. En conséquence de cette vérité tangible, il faut vous efforcer de gagner la sympathie du peuple et vous garder de tout comportement inhumain et non islamique.

Pour la même raison, je recommande aux ministres du pays, tout au long de l’histoire à venir, de minutieusement choisir les gouverneurs de provinces : qu’ils choisissent des gens compétents, pratiquants, engagés, raisonnables et s’entendant avec la population, afin que le calme règne dans le pays autant que faire se peut.

Il faut [aussi] savoir que, même si tous les ministres et ministères ont leur part de responsabilité dans l’islamisation et l’organisation des choses, certains d’entre eux ont une importance particulière, comme le ministère des affaires étrangères, qui a la responsabilité des ambassades à l’étranger. Dès la victoire, j’ai fait aux ministres des affaires étrangères des recommandations à propos de l’esprit xâghûtî* qui régnait dans les ambassades et de leur transformation en ambassades dignes de la République islamique, mais certains d’entre eux soit n’ont pas voulu, soit n’ont pas pu faire un travail positif, alors que la victoire remonte maintenant à trois ans[33]. [Cela] même si l’actuel Ministre des affaires étrangères s’est occupé de cette question et qu’il y a espoir qu’en persévérant et en y consacrant du temps cette chose importante se réalise.

Voici ma recommandation aux ministres des affaires étrangères, en cette époque et à l’avenir : votre responsabilité est considérable, aussi bien en ce qui concerne la réforme et la transformation du ministère et des ambassades que pour ce qui touche à la politique extérieure — préservation de l’indépendance et des intérêts du pays et bonnes relations avec les Etats qui n’ont pas l’intention de s’ingérer dans les affaires de notre pays. Gardez-vous strictement de tout ce qui est entaché de dépendance sous quelque forme que ce soit : vous devez savoir que, même si elle peut apparaître sous un jour séduisant ou présenter quelque intérêt et profit immédiats, la dépendance dans certaines choses aura pour résultat de saper les fondements du pays. Faites des efforts pour améliorer les relations avec les pays musulmans[34], pour éveiller les hommes d’Etats et pour appeler à l’unité et à l’union, car Dieu est avec vous.

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Ma recommandation aux populations des pays musulmans est qu’elles ne s’attendent pas à ce que quelqu’un vienne de l’extérieur les aider à atteindre le but, qui est l’islam et la mise en œuvre de ses prescriptions : vous devez vous occuper vous-mêmes de cette chose vitale qui vous donnera liberté et indépendance.

Que les savants renommés et les respectables prédicateurs des pays musulmans appellent les Etats à sortir de la dépendance à l’égard des grandes puissances étrangères et à s’entendre avec leur peuple : alors la victoire leur ouvrira les bras. Qu’ils appellent aussi les peuples à l’unité, qu’ils s’abstiennent du racisme, qui est en opposition avec ce que l’islam prescrit, et qu’ils tendent une main fraternelle à leurs frères dans la foi, dans quelque pays et de quelque race qu’ils soient, car l’islam les a nommés « frères ». Si, par la volonté des Etats et des peuples et avec l’aide de Dieu Très-Haut, cette fraternité dans la foi se réalise, vous verrez que ce sont les musulmans qui constituent la plus grande puissance mondiale. Dans l’espoir du jour où, par la volonté du Seigneur de l’univers, cette fraternité et égalité seront réalisées…

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Ma recommandation au ministère de l’orientation en toute époque, et plus spécialement à l’époque actuelle, qui a une importance particulière, c’est de s’efforcer de propager la vérité face à l’erreur et de montrer le vrai visage de la République islamique. Maintenant que nous avons écarté les mains des superpuissances de notre pays, nous sommes la cible des campagnes de propagande de tous les médias liés aux grandes puissances : quels mensonges et quelles accusations les orateurs et écrivains liés aux superpuissances n’ont-ils pas lancés et ne lancent-ils pas contre cette République islamique qui fait ses premiers pas.

Malheureusement, la plupart des Etats du monde musulman, qui auraient dû, selon l’islam, nous tendre une main fraternelle, se sont dressés contre nous et contre l’islam, et tous se sont jetés sur nous de tous côtés, au service des dévoreurs du monde.

Notre capacité de propagande est bien faible et impuissante, or vous savez bien qu’aujourd’hui le monde repose sur la propagande. Fort malheureusement, au lieu que les écrivains dits « intellectuels », qui inclinent vers l’un des deux pôles, pensent à l’indépendance et à la liberté de leur pays et de leur peuple, voilà que les penchants égoïstes, opportunistes et sectaristes ne les laissent pas un seul instant réfléchir et prendre en considération les intérêts de leur pays et de leur peuple ; comparer la liberté et l’indépendance de cette république avec l’inique régime précédent, mettre en balance [d’un côté] une vie digne et estimable au prix de certaines des choses qu’ils ont perdues — qui relèvent de la quête du confort et des plaisirs — et [d’autre part] ce qu’ils gagnaient du régime tyranno-monarchique avec en prime la dépendance, le larbinisme, l’éloge et le panégyrique des germes de la corruption et des filons de l’injustice et de la débauche ; cesser de calomnier et d’insulter cette République nouveau-née et mobiliser leurs langues et leurs plumes, dans un front uni avec le peuple et le gouvernement, contre les xâghûtî-s* et les oppresseurs.

La question de la propagande n’est pas uniquement à la charge du ministère de l’orientation : elle est du devoir de tous les savants, orateurs, écrivains et artistes. Il faut que le ministère des affaires étrangères fasse en sorte que les ambassades aient des publications de propagande et qu’elles montrent clairement au monde le lumineux visage de l’islam, car si ce visage d’une si grande beauté — auquel le Coran et la Sunna* nous invitent dans tous les domaines — se montrait sans le voile [dont l’ont affublé] les opposants à l’islam et les fausses compréhensions des amis, l’islam s’étendrait au monde entier et son glorieux étendard flotterait partout. Il est ô combien navrant et désolant que les musulmans possèdent un bien qui, du début à la fin du monde, n’a pas d’équivalent et qu’ils n’aient pas réussi à faire connaître ce précieux joyau dont
tout homme est par nature spontanément en quête. Pire encore : ils l’ignorent eux-mêmes, ne le connaissent pas, et parfois même le fuient.

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k) Parmi les choses fort importantes et déterminantes pour l’avenir, il y a la question des centres d’enseignement et d’éducation, des jardins d’enfants aux universités. Comme, en raison de son exceptionnelle importance, je l’ai déjà évoquée à plusieurs reprises, je n’y ferai qu’allusion. Ce peuple que l’on a dépouillé doit savoir que la plupart des coups mortels assenés à l’Iran et à l’islam au cours du dernier demi-siècle venaient des universités.

Si les universités et autres centres éducatifs avaient enseigné, formé et éduqué les enfants, les adolescents et les jeunes dans le sens des intérêts du pays, avec des programmes islamiques et nationaux, jamais notre patrie ne serait tombée dans le gosier de l’Angleterre, puis de l’Amérique et de l’Union soviétique, jamais des traités désastreux n’auraient été imposés à notre peuple déshérité et dépouillé, jamais les conseillers étrangers n’auraient pu faire la pluie et le beau temps en Iran, jamais les richesses de l’Iran et l’or noir de ce peuple éprouvé ne seraient tombées dans les poches des puissances sataniques, jamais la famille pahlavi et ceux qui lui étaient liés n’auraient pu piller les biens du peuple, se bâtir, dans le pays et à l’étranger, des parcs et des villas sur les cadavres des opprimés, gaver les banques étrangères de la sueur de ces opprimés et en faire dépense pour leur vie de débauche et d’excès et celle de leurs proches.

Si le parlement, le gouvernement, le pouvoir judiciaire et les autres instances avaient été alimentés par des universités islamiques et nationales, notre peuple ne serait pas maintenant empêtré dans des difficultés désastreuses. Si des personnes vertueuses et animées d’un esprit islamique et authentiquement national — pas de ce qui se pose aujourd’hui comme tel face à l’islam — [si de telles personnes] étaient sorties des universités pour [occuper] les instances des trois pouvoirs, aujourd’hui ne serait pas ce qu’il est, notre patrie ne serait pas comme elle est : nos déshérités auraient été délivrés de leur privation ; on aurait fermé la boutique de l’injustice, de la tyrannie impériale et des lieux de prostitution, de drogue et de débauche dont chacun était suffisant pour détruire [notre] valeureuse jeunesse ; la nation n’aurait pas reçu cet héritage qui ravage le pays et détruit les hommes…

Si les universités avaient été islamiques, humaines et nationales, elles auraient pu fournir à la société des centaines et des milliers d’enseignants, mais quelle amertume et quelle désolation que les lycées et universités étaient dirigés et que nos chers [jeunes] étaient formés et éduqués par des gens qui, hormis une minorité écrasée et privée de moyen, étaient tous mentalement colonisés par l’Est ou par l’Ouest. Munis d’un programme et d’un plan qui leur étaient dictés, ils avaient des postes dans les universités et inévitablement nos chers jeunes, innocentes victimes, grandissaient dans le giron de ces loups liés aux superpuissances, allaient remplir les sièges du législatif, de l’exécutif et du judiciaire, et agissaient conformément aux consignes du régime oppresseur des Pahlavis.

Maintenant, Dieu soit loué, l’université est sortie des griffes des criminels et il incombe au peuple et au gouvernement de la République islamique, en tous temps, de ne pas laisser des éléments pervertis, professant des doctrines déviées ou ayant un penchant pour l’Est ou pour l’Ouest, devenir influents dans les écoles et universités : qu’ils y fassent obstacle dès les premières tentatives, afin d’éviter que des difficultés surgissent et que la situation devienne incontrôlable.

Ma recommandation aux chers jeunes des écoles, lycées et universités est qu’ils se dressent eux-mêmes avec courage face aux déviations, afin que leur indépendance et leur liberté ainsi que celles de leur pays et de leur peuple soient préservées.

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l) Les forces armées — depuis l’armée, le Corps* [des Gardiens de la Révolution] (sepâh), la gendarmerie et la police jusqu’aux Comités révolutionnaires (komite-hâ), à la Mobilisation volontaire (basîdj*) et aux tribus — ont une importance particulière. Ceux qui sont le bras puissant et fort de la République islamique, les gardiens des frontières, des routes, des villes et des villages, et, en définitive, ceux qui veillent à la sécurité et assurent la tranquillité de la nation, doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part du peuple, du gouvernement et du Parlement.

Eux-mêmes doivent être attentifs au fait que, dans le monde, c’est des forces armées, plus que de toute autre chose et de tout autre groupe, que les grandes puissances et les politiques destructrices tirent parti. C’est par les forces armées, politiquement manipulées, qu’ont lieu les coups d’Etat et les changements de gouvernements et de régimes. Les fourbes profiteurs achètent certains de leurs chefs et, par le biais de leur action et des conspirations des commandants manipulés, ils prennent les pays en mains, établissent leur domination sur les peuples opprimés et enlèvent aux pays indépendance et liberté. Si des commandants vertueux sont en charge des affaires, jamais les ennemis n’auront la possibilité de faire un coup d’Etat ou d’occuper un pays, et si d’aventure une telle possibilité se présentait, l’entreprise échouerait, vaincue par les commandants fidèlement engagés.

En Iran, les forces armées fidèlement engagées et les commandants vertueux et patriotes eurent part honorable dans ce miracle du siècle accompli par le peuple, et aujourd’hui que la maudite guerre [qui nous fut] imposée par Saddam [Hussein] de Takrît sur ordre et avec l’aide de l’Amérique et des autres puissances se dirige, après presque deux ans, vers un échec politique et militaire de l’armée agresseuse du [parti] Baath, de ses puissants soutiens et de ceux qui leur sont liés, ce sont encore les forces armées — militaires, Gardiens* de la Révolution, forces de l’ordre et forces populaires — qui, avec le soutien sans faille de la population, sur les fronts comme aux arrières, ont donné le jour à cette grande gloire et fait honneur à l’Iran.

Et c’est encore grâce à la puissante main des jeunes des Comités [révolutionnaires], des Gardiens [de la Révolution] volontairement mobilisés (pasdârân-e basîdj) et de la police, aidés par une population pleine de zèle, que les troubles et complots intérieurs, suscités par les marionnettes liées à l’Est et à l’Ouest pour mettre à bas la République islamique, ont été voués à l’échec. Ce sont ces chers jeunes dévoués qui veillent la nuit pour que les familles se reposent en paix : que leur Seigneur les soutienne et les aide.

Voici donc, alors que je suis en train de faire mes derniers pas dans la vie, ma recommandation fraternelle aux forces armées de manière générale : mes chers, vous qui êtes emplis d’amour pour l’islam, qui vous êtes sacrifiés au front par passion de rencontrer Dieu et qui poursuivez votre œuvre de grande valeur à l’intérieur des frontières, soyez attentifs et vigilants, car c’est vers vous plus que vers tout autre groupe que, de toutes parts, les politiciens retors, les professionnels de la politique, mentalement colonisés par l’Est et par l’Ouest, et les mains occultes des criminels se tenant en coulisse tournent la lame acérée de leur activité criminelle et traîtresse.

Vous qui, par votre dévouement, avez donné la victoire à la Révolution et la vie à l’islam, ils veulent profiter de vous pour renverser la République islamique : en invoquant l’islam et en parlant de servir la patrie et le peuple, [ils veulent] vous séparer de l’islam et du peuple et vous jeter dans les bras de l’un des deux pôles dévoreurs du monde ; par des manœuvres politiques et sous des apparences islamiques et nationales, [ils veulent] tirer un trait sur vos peines et vos sacrifices.

Il est stipulé dans la loi que les militaires ne doivent pas entrer dans des partis, des groupes et des coalitions, et je recommande avec insistance aux forces armées d’agir ainsi. Que toutes les forces armées, qu’elles soient militaires ou civiles, Gardiens* de la Révolution, Mobilisation volontaire (basîdj*) ou autres, n’entrent dans aucun groupe ou parti et se tiennent loin des manœuvres politiques : ils pourront ainsi préserver leur puissance militaire et se garder des querelles intestines. Et il est indispensable que les officiers empêchent ceux qui sont sous leurs ordres d’entrer dans des partis.

Comme la Révolution appartient au peuple tout entier et qu’il est du devoir de tous de la préserver, au cas où les forces armées, que ce soit les officiers et les classes supérieures ou bien les autres classes, voudraient faire quelque chose qui aille à l’encontre des intérêts de l’islam et du pays ou entrer dans des partis — ce qui les mènerait incontestablement à la ruine — ou encore dans des manœuvres politiques, il serait du devoir religieux et patriotique de l’Etat, du peuple, du Conseil de défense et de l’Assemblée parlementaire islamique de s’y opposer dès les premiers pas, et il serait du devoir du Guide* ou du Conseil de guidance d’y faire vigoureusement obstacle afin que le pays soit à l’abri des dommages [qui en résulteraient].

En cette fin de ma vie terrestre, je recommande affectueusement à toutes les forces de l’ordre de rester aussi fidèles qu’elles le sont aujourd’hui à l’islam, qui est la seule et unique école d’indépendance et de liberté : par sa lumineuse guidance, Dieu le Très-Haut appelle tous [les hommes] aux sublime rang d’« être humain ». Cela vous sauvera, vous, votre pays et votre peuple, de l’ignominie des liens de dépendance et de sujétion à des puissances qui ne veulent de vous que pour être leurs esclaves et qui maintiennent votre cher pays et votre cher peuple dans un état d’arriération, de marché de consommation et d’assujettissement à l’oppression.

Préférez une vie humaine honorable, même avec des difficultés, à la honte d’une vie en tant qu’esclaves des étrangers, fut-ce avec un bien-être animal, et sachez-le bien : aussi longtemps que, pour vos besoins en industries avancées, vous tendrez la main aux autres et passerez votre vie à mendier, votre faculté d’invention et les progrès dans la découverte ne s’épanouiront pas en vous et parmi vous.

Objectivement, vous avez bien vu que, dans la courte période faisant suite au blocus économique, ceux-là mêmes qui se croyaient incapables de construire tout ce dont ils avaient besoin et que l’on avait désespéré de faire fonctionner des usines ont fait travailler leurs idées et ont comblé eux-mêmes bien des besoins de l’armée et des usines. Cette guerre, ce blocus économique et l’expulsion des experts étrangers furent un cadeau divin auquel nous n’avons pas prêté attention. Maintenant, si l’Etat et l’armée interdisent d’eux-mêmes les marchandises des dévoreurs de l’humanité et augmentent encore l’effort et l’application dans la voie de l’invention, il y a espoir que le pays devienne autosuffisant et soit sauvé d’avoir à mendier à l’ennemi.

Je dois ajouter ici que, après avoir été artificiellement maintenus en état d’arriération, notre besoin des grandes industries des pays étrangers est une réalité indéniable, mais cela ne signifie pas que nous devions, pour les sciences avancées, être liés à l’un des deux pôles : l’Etat et l’armée doivent s’efforcer d’envoyer des étudiants religieusement engagés dans des pays qui ont de grandes industries et qui ne sont pas colonialistes et exploiteurs, et se garder de les envoyer en Amérique, en Union soviétique et dans les autres pays qui sont dans la ligne d’un de ces deux pôles, à moins que, si Dieu le veut, ces deux puissances se rendent compte de leur erreur et rentrent dans la voie de l’humanité, de l’humanisme et du respect des droits des autres, ou que, si Dieu le veut, les musta*‘afîn* du monde entier, les peuples éveillés et les musulmans engagés les remettent à leur place. Dans l’espoir d’un tel jour…

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m) La radio, la télévision, les journaux, les cinémas et les théâtres faisaient partie des instruments efficaces pour détruire et droguer les peuples, en particulier la jeune génération. Dans les cent dernières années, et tout particulièrement dans le dernier demi-siècle, que de plans d’envergure ont été réalisés par ces instruments, aussi bien pour la propagande contre l’islam et contre le clergé, qui est à son service, que pour la propagande en faveur des colonialistes de l’Est et de l’Ouest.

Ils en ont tiré parti pour constituer un marché pour [leurs] marchandises, en particulier toutes sortes d’objets de luxe et d’agrément : on imitait leurs constructions, leurs décorations et leurs fastes ; on les imitait pour les boissons et les vêtements… ; à tel point que c’était grande gloire que d’être « à l’occidentale » dans toutes les choses de la vie, dans la manière d’agir, de parler et de se vêtir, tout particulièrement chez les femmes aisées ou moyennement aisées.

Pour les comportements sociaux et la manière de parler et d’employer un vocabulaire occidental en parlant et en écrivant, c’était au point qu’il était impossible à la plupart des gens de comprendre [ce que ceux-là disaient] et que c’était même difficile pour leurs pairs. Les films à la télévision étaient des productions de l’Est ou de l’Ouest qui détournaient la classe jeune, hommes et femmes, du cours normal de la vie — du travail, de l’industrie, de la production, du savoir… — pour les aliéner à eux-même et à leur propre personnalité ou les amener à avoir un regard négatif et une idée négative vis-à-vis de tout ce qui leur était propre : [vis-à-vis] de leur propre pays et même de sa culture, de sa littérature et d’œuvres de valeur dont beaucoup ont été transférées dans les musées de l’Est et de l’Ouest par l’entremise de traîtres à l’affût de gains.

Les revues pleines de photos et d’articles scandaleux et déplorables, et les journaux rivalisant d’articles opposés à notre propre culture et à l’islam conduisaient fièrement les gens — tout particulièrement la classe si influente de la jeunesse — vers l’Est ou vers l’Ouest. Ajoutez à cela la vaste propagande pour répandre les centres de corruption, les maisons de plaisir, les tripots et loteries et les magasins de produits de luxes, de produits de beauté, de jeux et de boissons alcoolisées, spécialement ceux importés d’Occident.

En contrepartie des exportations de pétrole, de gaz et autres trésors, on importait des poupées, des jeux, des produits de luxe et des centaines de choses dont les gens comme moi ne sont pas au courant. Si, à Dieu ne plaise, les jours du régime inféodé et de la famille déchue des Pahlavi* s’étaient prolongés, il n’aurait pas fallu longtemps — avec les manigances et les plans sataniques de toutes sortes [mis en œuvre] par le truchement de ce régime corrompu ainsi que des médias et des intellectuels pro-Est ou pro-Ouest — pour que notre saine jeunesse, enfants de l’islam et de la patrie qui sont les espoirs du peuple, délaissent le peuple et le giron de l’islam : soit ils ruinaient notre jeunesse dans les centres de corruption, soit, en l’amenant à servir les puissances dévoreuses du monde, ils entraînaient le pays à la ruine.

Je recommande maintenant à l’Assemblée parlementaire islamique, actuellement et à l’avenir, au Président de la République et à ceux qui lui succéderont, au Conseil* des Gardiens [de la constitution], au Conseil de la magistrature et à l’Etat, en chaque époque, de ne pas laisser les médias d’information, la presse et les revues s’écarter de l’islam et des intérêts du pays. Nous devons tous savoir que la liberté sous sa forme occidentale, qui entraîne la corruption des jeunes gens et des jeunes filles, est condamnée par l’islam comme par la raison.

Les propagandes, articles, discours, livres et revues contraires à l’islam, à la décence publique et aux intérêts du pays sont illicites et il est de notre devoir à tous et du devoir de tous les musulmans d’y faire obstacle. Il faut faire obstacle aux libertés destructrices. S’il n’est pas fait vigoureusement obstacle à ce qui est religieusement illicite, à ce qui est contraire au développement de cette nation musulmane et de ce pays musulman, à ce qui est contraire à la dignité de la République islamique, tous seront responsables. Si la population et les jeunes du parti de Dieu (Hezbollah) [35] voient une des choses qui viennent d’être mentionnées, qu’ils en réfèrent aux instances concernées, et si ces dernières font preuve de négligence, ils ont eux-mêmes le devoir d’y faire obstacle. Que Dieu Très-Haut soit l’aide et le soutien de tous.

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n) Voici ce que je recommande et conseille aux groupes, groupuscules et personnes qui mènent des activités subversives contre le peuple, la République islamique et l’islam, et d’abord à leurs chefs à l’étranger et à l’intérieur : votre longue expérience au cours de laquelle vous avez essayé toutes les voies, déclenché toutes sortes de conspirations et fait appel à tant de pays et d’autorités, [cette longue expérience] devrait vous avoir appris, à vous qui vous considérez comme savants et intelligents, que l’on ne peut dévier de sa voie un peuple dévoué en ayant recours à l’assassinat, aux explosions, aux bombes et à des mensonges inconsidérés et sans queue ni tête et que l’on ne peut en aucun cas faire tomber un quelconque Etat ou gouvernement avec ces méthodes inhumaines et irrationnelles, tout particulièrement un peuple tel que le peuple iranien qui, des petits enfants aux vieillards, hommes et femmes, se sacrifient et se dévouent pour réaliser le but de la République islamique, du Coran et de la religion.

Vous savez pourtant bien — et si vous ne le savez pas, vous êtes bien naïfs — que le peuple n’est pas avec vous, que l’armée n’est pas avec vous, et même en supposant qu’ils furent avec vous et de vos amis, votre comportement inexpérimenté et les crimes qui ont été commis sur votre instigation les auront écartés de vous : vous n’avez réussi qu’à vous faire des ennemis.

En cette fin de vie, je vous donne bienveillamment un conseil. Tout d’abord, vous vous êtes lancés dans un combat et une guerre contre ce peuple qui a souffert et subi la domination des xâghût-s* et qui, après deux mille cinq cents ans de tyrannie impériale, s’est délivré, au prix du sacrifice des meilleurs de ses enfants et de ses jeunes, de l’oppression de criminels tels que le régime pahlavi* et les dévoreurs du monde de l’Est et de l’Ouest : comment donc la conscience d’un être humain, aussi vil soit-il, peut-elle consentir, pour parvenir à un poste [politique], à se comporter de la sorte avec sa patrie et son peuple, sans avoir pitié ni des grands ni des petits ?

Je vous conseille de laisser tomber ces actes inutiles et déraisonnables, de ne pas vous laisser duper par les dévoreurs du monde et, où que vous soyez, si vous n’avez pas commis de crimes, de revenir dans votre patrie et dans le giron de l’islam, car Dieu est le plus miséricordieux des miséricordieux et la République islamique ainsi que votre peuple passeront l’éponge, si Dieu veut. Et si vous avez commis des crimes pour lesquels la prescription divine a déterminé ce qui doit être fait, revenez encore tant que vous êtes à mi-chemin et repentez-vous : si vous en avez le courage, soumettez-vous au châtiment et, en faisant cela, délivrez-vous du douloureux châtiment de Dieu ; sinon, où que vous soyez, ne gâchez pas plus votre vie et occupez-vous à autre chose, cela vaut mieux.

Voici ensuite ma recommandation à leurs partisans, à l’intérieur et à l’étranger : pour quel motif gâchez-vous votre jeunesse pour ceux-là, alors qu’il est maintenant établi qu’ils servent les puissants dévoreurs du monde, qu’ils suivent leurs plans et qu’ils sont, sans le savoir, tombés dans leurs pièges ? Pour le compte de qui tourmentez-vous votre peuple ? Vous avez été dupés par eux et, si vous êtes en Iran, vous voyez de vos propres yeux que des millions d’Iraniens sont dévoués à la République islamique et se sacrifient pour elle, et vous voyez de vos propres yeux que le gouvernement et le régime actuels sont de tout leur cœur et de toute leur âme au service du peuple et des nécessiteux.

Quant à ceux qui prétendent mensongèrement être « populaires », « se sacrifier » et « faire le djihâd* pour le peuple », ils se sont fait les ennemis des créatures de Dieu : occupés à faire la noce ou vivant luxueusement à l’intérieur [du pays] dans de somptueuses maisons communautaires qui ressemblent aux demeures des misérables criminels [de l’ancien régime], ils perpétuent leurs crimes et vous envoient à la mort, vous, naïfs jeunes gens et jeunes filles, pour leurs propres objectifs et ceux de l’un des deux pôles criminels.

Mon conseil compatissant à vous, jeunes et adolescents, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, c’est de revenir de cette voie fausse et de vous unir aux déshérités de la société, qui servent de tout leur cœur et de toute leur âme la République islamique. Œuvrez pour un Iran libre et indépendant afin que le peuple et le pays échappent au mal des opposants, et vivez tous ensemble une vie digne. Jusqu’à quand et pourquoi restez-vous aux ordres de personnes qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts et qui, blottis dans les bras et sous la protection des superpuissances, sont en conflit avec leur propre peuple et vous sacrifient à leurs sinistres objectifs et à leur soif de pouvoir ?

Dans ces années de victoire de la Révolution, vous avez vu que leurs prétentions étaient en contradiction avec leur comportement et leurs actes : les prétentions ne sont là que pour tromper des jeunes pleins de candeur. Vous savez bien que vous n’avez pas la force de résister au flot rugissant du peuple et vos actes n’ont d’autre résultat que de ruiner votre jeunesse et gâcher votre vie.

J’ai [ici] rempli mon devoir, qui est de guider, et j’ai l’espoir que vous écouterez ce conseil — qui vous parviendra après ma mort et ne sera [donc] pas entaché de la moindre « quête du pouvoir » — et que vous vous sauverez du douloureux châtiment divin. Que Dieu, le Dispensateur de bienfaits, vous guide et vous montre la droite voie.

Ma recommandation aux gens de gauche — communistes, milices des Fedayines du peuple et autres groupes de cette tendance… — est la suivante : pour quel motif, sans avoir vraiment étudié les diverses écoles de pensée et l’école islamique auprès de ceux qui ont une authentique connaissance de ces écoles, et en particulier de l’islam, pour quel motif vous êtes-vous satisfaits de vous tourner vers une école qui est aujourd’hui en déroute dans le monde entier ? Que s’est-il passé que vous vous gargarisiez ainsi de quelques [noms en] « -isme » qui, pour ceux qui vont au fond des choses, sont vides de sens ? Quel motif vous a amené à vouloir entraîner votre pays dans le giron de l’Union soviétique ou de la Chine et à vous dresser contre votre propre peuple au nom de « l’amour des masses populaires » ou à vous lancer dans des conspirations au profit des étrangers contre votre propre pays et ses masses opprimées ?

Vous voyez bien que, depuis l’apparition du communisme, ceux qui s’en réclament furent et sont les gouvernements les plus dictatoriaux et les plus assoiffés d’un pouvoir qu’ils veulent monopoliser. Que de peuples ont été brisés et anéantis sous le joug de l’Union soviétique, qui prétend être du côté des masses populaires ! Jusqu’à maintenant, le peuple russe, musulmans et non musulmans, se débat sous la pression dictatoriale du Parti communiste et vit, privé de toute liberté, dans une oppression pire que celle des dictatures du monde entier. Vous avez bien vu comment Staline, qui était une des figures dites « brillantes » du Parti, se déplaçait et de quels fastes et pompes aristocratiques il s’entourait.

Alors que vous, [pauvres] dupes, donnez votre vie pour l’amour de ce régime, les peuples opprimés de l’Union soviétique et de ses satellites, comme l’Afghanistan, perdent la leur sous le poids de ses injustices. Alors que vous prétendez prendre le parti du peuple, que de crimes avez-vous commis, partout où vous y parveniez, envers ce peuple déshérité ! Quels crimes n’avez-vous pas commis envers ces dignes habitants de Amol[36], que vous présentiez à tort comme vos irréductibles partisans et dont, en les trompant, vous avez envoyés un certain nombre guerroyer contre le peuple et le gouvernement, et se faire tuer !

Vous, « partisans du peuple déshérité », vous voulez livrer le peuple déshérité et opprimé d’Iran aux mains de la dictature soviétique et c’est sous couvert de « sacrifice pour le peuple » et de « soutien aux déshérités » que vous êtes occupés à de telles trahisons. Seulement le parti [communiste] Toudeh* et ses amis le font en conspirant et sous le masque du dévouement à la République islamique tandis que d’autres groupes le font par les armes, les assassinats et les bombes.

A tous les groupes et partis, que ce soit ceux qui sont connus comme étant de gauche — bien que certains signes et indices montrent que ce sont des « communistes à l’américaine » — ou ceux qui sont à la solde de l’Occident, d’où ils reçoivent leur inspiration, ou encore ceux qui — comme le Parti démocrate [du Kurdistan] ou le Komala — ont pris les armes au nom de l’autonomie pour les Kurdes et les Baloutchi, qui ont ruiné la population déshéritée du Kurdistan et d’autres endroits et qui entravent les services culturels, sanitaires et économiques et les programmes de reconstruction engagés par la République islamique dans ces provinces, à tous je recommande de se joindre au peuple.

Ils ont pu jusqu’à présent faire l’expérience qu’ils n’ont fait et ne peuvent faire que le malheur des habitants de ces régions. Leur intérêt propre et celui de leurs peuples et de leurs régions est donc qu’ils s’associent aux efforts de l’Etat, qu’ils mettent un terme à l’insurrection, aux services qu’ils rendent aux étrangers et à la trahison envers leur propre patrie, et qu’ils s’occupent de construire le pays. Qu’ils soient assurés que l’islam vaut mieux pour eux que le criminel pôle de l’Ouest et le dictatorial pôle de l’Est et qu’il satisfait mieux les aspirations humaines du peuple.

¯ ¯ ¯

Aux groupes musulmans qui, par erreur, montrent quelque inclination vers l’Ouest, et éventuellement vers l’Est, qui prenaient parfois le parti des hypocrites [Moudjahidines* du peuple], dont la trahison est maintenant connue, et qui, par méprise et confusion, maudissaient ceux qui s’opposaient à ceux qui étaient malintentionnés à l’égard de l’islam, je recommande de ne pas s’entêter dans leur méprise : reconnaissez votre erreur avec une bravoure digne de l’islam, mettez-vous à l’unisson et marchez de concert avec le gouvernement, le Parlement et le peuple pour la satisfaction de Dieu, et délivrez du mal des mustakbirîn* ceux qui furent des musta*‘afîn* [tout au long] de l’histoire.

Souvenez-vous des propos de feu Modarres[37], ce clerc engagé au comportement intègre et à la pensée vertueuse qui, dans le Parlement abattu d’alors, déclara : « A présent qu’il nous faut disparaître, pourquoi le ferions-nous de nos propres mains ? » Aujourd’hui, moi aussi, en souvenir de ce martyr dans la voie de Dieu, je vous le dis à vous, frères croyants : être rayés de la surface de la terre par les mains criminelles de l’Amérique et de l’Union soviétique et rencontrer glorieusement Dieu ensanglantés par le martyre vaut mieux que de vivre luxueusement sous le drapeau de l’armée rouge de l’Est ou de l’armée noire de l’Ouest. C’est là la voie et la vie des grands Prophètes, des Imams des musulmans et des grands hommes de la lumineuse religion [islamique], et nous nous devons de la suivre.

Il nous faut nous convaincre que si un peuple veut vivre sans liens de dépendance, il le peut, et les puissants de ce monde ne peuvent imposer à un peuple le contraire de ses idées. Il nous faut tirer une leçon de l’Afghanistan : alors même que l’Etat usurpateur et les partis de gauche étaient et sont toujours avec l’Union soviétique, ils n’ont à ce jour pas pu écraser les masses de ce peuple. Qui plus est, les peuples déshérités du monde sont maintenant éveillés. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que cet éveil se transforme en soulèvements, en révoltes et en révolutions, et qu’ils se délivrent de la domination des oppresseurs.

Vous, musulmans attachés aux valeurs de l’islam, vous voyez bien que la rupture et la séparation d’avec l’Est et l’Ouest commencent à montrer leurs fruits bénéfiques, que les cerveaux « du terroir » se sont mis à réfléchir et progressent vers l’autosuffisance : ce que les experts félons de l’Est et de l’Ouest présentaient à notre peuple comme impossible est visiblement en train d’être réalisé aujourd’hui par l’activité et la réflexion de [ce] peuple [même], et sera réalisé à long terme, si Dieu Très-Haut le veut.

Hélas, mille fois hélas, que cette révolution se soit produite si tard et non pas, au minimum, sous le règne tyrannique de Mohammad Rezâ, car si cela avait été, [cet] Iran pillé et ravagé aurait été autre que ce qu’il est.

Ma recommandation aux écrivains, orateurs et intellectuels faiseurs de problèmes et complexés est qu’au lieu de perdre votre temps en allant à l’encontre de la marche suivie par la République islamique, en usant toutes vos forces pour penser, vouloir et dire du mal du Parlement, du gouvernement et des autres fonctionnaires, ce par quoi vous poussez votre pays vers les superpuissances, passez donc une nuit en entretien intime avec votre Seigneur — et si vous ne croyez pas en Dieu, passez-la avec votre conscience — et voyez quelle est votre motivation profonde, que l’homme ignore souvent lui-même.

Au nom de quels critères et de quelle justice fermez-vous les yeux sur le sang versé par ces jeunes déchiquetés, [victimes de la guerre] au front et [du terrorisme] dans les villes ? [Au nom de quels critères et de quelle justice] avez-vous déclaré une guerre des nerfs à un peuple qui, ayant échappé aux oppresseurs et aux pillards étrangers et nationaux, ayant acquis l’indépendance et la liberté au prix de la vie de ses chers fils, veut préserver cela par son sacrifice ? [Au nom de quels critères et de quelle justice] jetez-vous traîtreusement de l’huile sur le feu des désaccords et des conspirations et ouvrez-vous la voie aux mustakbirîn* et aux oppresseurs ?

Ne vaudrait-il pas mieux employer vos idées, vos plumes et votre éloquence à conseiller et guider le gouvernement, le Parlement et le peuple afin de préserver votre patrie ? Ce peuple déshérité et opprimé ne mérite-t-il pas que vous l’aidiez et que par votre soutien vous affermissiez le gouvernement islamique ? Considéreriez-vous ce parlement, ce président de la République, ce gouvernement et ce pouvoir judiciaire comme pires que ce qu’il y avait sous l’ancien régime ? Auriez-vous oublié les injustices que ce maudit régime faisait subir à ce peuple opprimé ? Ignoreriez-vous qu’en ce temps-là ce pays musulman servait de base militaire à l’Amérique et qu’ainsi ils en faisaient une colonie ? que du Parlement au gouvernement et aux forces militaires, [tout] était dans leurs mains ? et ce que faisaient leurs conseillers, leurs industriels et leurs experts avec ce peuple et ses richesses ? La vulgarisation de la débauche dans tout le pays et les centres de corruption, maisons de plaisir, tripots, bars et débits de boissons, cinémas et autres centres dont chacun était un important moyen de corrompre la jeunesse, [tout cela] aurait-il disparu de vos mémoires ? Auriez-vous confié aux bon soins de l’oubli les revues et médias qui, d’un bout à l’autre, n’étaient que corruption, et [ce qu’étaient] les journaux de ce régime-là ?

Maintenant qu’il n’y a plus trace de ces marchés de corruption, à cause de [ce qui se fait] dans quelques tribunaux, à cause de [ce que font] quelques jeunes — dont la plupart sont peut-être des éléments de groupes déviés, infiltrés pour commettre des mauvaises actions dans le but de salir la réputation de l’islam et de la République islamique —, parce qu’on a tué certains, qui sont des fauteurs d’iniquité révoltés contre l’islam et la République islamique, voilà que vous poussez de hauts cris, que vous vous joignez fraternellement à ceux qui condamnent ouvertement l’islam et se dressent contre lui les armes à la main — ou avec leur langue et leur plume, ce qui est encore plus grave qu’un soulèvement armé —, que vous qualifiez d’aussi précieux que la prunelle de vos yeux ceux-là mêmes dont Dieu à déclaré licite de faire couler le sang, que vous vous asseyez en compagnie d’hypocrites qui ont perpétré la tragédie du 14 esfand[38] et malmené de jeunes innocents et que vous assistez en spectateur à la bataille. Voilà qui est islamique et moral, mais ce que fait le gouvernement et le pouvoir judiciaire, qui font que les rebelles, les égarés et les impies trouvent la sanction de leurs actes, voilà qui vous fait pousser de hauts cris et hurler à l’injustice.

Je suis désolé pour vous, mes frères, car je connais dans une certaine mesure vos antécédents et j’ai de l’affection pour certains d’entre vous, mais certes pas pour ceux qui furent malfaisants sous des dehors de bienveillance, des loups sous une houppelande de berger et des hypocrites qui se sont joués et moqués de tout le monde et qui s’employaient à ruiner le pays et le peuple et à servir l’un des deux pôles prédateurs. Ceux qui, de leurs mains noires, ont fait tomber en martyrs des jeunes et des hommes de valeur ainsi que des savants religieux qui éduquaient la société, et qui n’ont pas eu pitié de malheureux enfants musulmans, ceux-là se sont discrédités aux yeux de la société et se sont fait abandonner par Dieu l’Impérieux : il n’est point de voie de retour pour eux, car le démon de leur ego qui pousse au mal (nafs ammâra) les domine.

Mais vous, frères croyants, pourquoi n’aidez-vous pas cet Etat et ce Parlement qui s’efforcent de servir les déshérités, les victimes de l’injustice et nos frères qui, la tête et les pieds nus, sont privés de toutes les faveurs de la vie ? Pourquoi vous en plaignez-vous ? Avez-vous comparé les services rendus par l’Etat et les institutions de la République, malgré les difficultés et les désordres inhérents à toute révolution, la guerre imposée [par l’Irak] avec tous ses dégâts, les millions de déplacés à l’intérieur et de réfugiés de l’étranger, et les innombrables sabotages en une si courte période, [avez-vous fait la comparaison] avec l’activité d’aménagement du régime précédent ? Ne savez-vous pas que l’activité d’aménagement de cette période-là se confinait pratiquement aux villes, et encore : à leur beaux quartiers ? que les pauvres et les populations déshéritées n’en profitaient que de manière infime, voire pas du tout ?

L’Etat actuel et les fondations islamiques servent de tout leur cœur et de toute leur âme cette classe déshéritée : croyants, soutenez vous aussi cet Etat, afin que les choses se fassent vite et afin de vous rendre en présence du Seigneur — car vous vous y rendrez, que vous le vouliez ou non — distingués par l’honneur d’avoir servi Ses serviteurs.[39]

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o) Une chose qu’il faut rappeler et souligner, c’est que l’islam n’est pas d’accord avec ce capitalisme injuste et aberrant qui déshérite les masses soumises à l’iniquité et à l’injustice. Il le condamne même sévèrement dans le Livre [de Dieu] et la Sunna*, le considérant comme contraire à la justice sociale, même si certains, qui comprennent les choses de travers et qui ne connaissent pas le régime islamique et les questions politiques qui régissent l’islam, ont laissé entendre dans leurs propos et dans leurs écrits — et n’ont toujours pas cessé de le faire — que l’islam est un partisan inconditionnel du capitalisme et de la propriété privée.

Par cette idée qu’ils s’étaient faite de l’islam avec leur intelligence déformée, ils ont voilé le visage lumineux de l’islam et ouvert la voie pour que des personnes malintentionnées et des ennemis de l’islam s’attaquent à l’islam et mettent à son compte un régime semblable aux régimes capitalistes occidentaux — tels ceux de l’Amérique, de l’Angleterre et d’autres pillards occidentaux : se fondant intentionnellement ou naïvement sur les propos et les actes de ces ignorants, et sans s’en rapporter aux réels connaisseurs de l’islam, ils se sont dressés contre l’islam.

[L’islam] n’est pas non plus un régime semblable au régime communiste et marxiste-léniniste, qui s’oppose à la propriété individuelle, professe le collectivisme sous des formes très diverses — allant parfois, des temps anciens à nos jours, jusqu’à la communauté des femmes et à l’homosexualité[40] — – [certains] étant allés, dans les périodes anciennes et jusqu’à présent, jusqu’à la communauté des femmes et à l’homosexualité – et qui recèle en lui une dictature et une tyrannie écrasante.

L’islam a au contraire un régime équilibré, reconnaissant et respectant la propriété [tout en] en restreignant la formation et l’usage, de sorte que, si on le mettait en œuvre comme il se doit, les mécanismes d’une économie saine entreraient en action et que la justice sociale, qui est concomitante d’un régime sain, serait réalisée.

Un [autre] groupe prend ici, du fait de [ses] erreurs de compréhension et de [son] ignorance de l’islam et de sa saine économie, une position diamétralement opposée à celle du premier groupe : en recourant à certains versets coraniques ou [à certaines] phrases du Nahdj* al-balâgha, ils ont parfois présenté l’islam comme étant d’accord avec les écoles déviées de Marx et de ses semblables. Sans prêter attention aux autres versets [coraniques] et paragraphes du Nahdj al-balâgha, ils se sont lancés tête baissée, avec leur intelligence déficiente, sur les trousses de l’idéologie socialiste et défendent la mécréance, la dictature et l’oppression écrasante et faisant fi des valeurs humaines d’un parti minoritaire qui traite les masses comme des bêtes.

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Voici donc ce que je recommande au Parlement, au Conseil* des Gardiens [de la constitution], au gouvernement, au Président de la République et au Conseil de la Magistrature : soyez humblement soumis aux prescriptions du Très-Haut et ne vous laissez pas influencer par les creuses propagandes du pôle capitaliste, oppresseur et pillard, et du pôle socialiste et communiste, athée ; respectez la propriété privée et les capitaux légitimes, dans leurs limites islamiques et donnez des assurances au peuple, afin que des investissements et des efforts constructifs soient mis en œuvre, conduisent le pays et l’Etat à l’autonomie et les dotent d’une industrie lourde aussi bien que légère.

Aux riches qui possèdent des fortunes légitimes, je recommande de faire travailler leurs fortunes justement acquises, de développer une activité constructive pour les cultures, les villages et les usines, car c’est là un acte de service divin de grande valeur.

A tous, dans l’effort pour le bien-être des classes déshéritées, je fais la recommandation [suivante] : votre bien en ce monde et dans l’autre réside dans le fait de vous occuper de la condition des déshérités de la société, qui, tout au long de l’histoire de la monarchie inique et de la féodalité, furent dans la peine et la souffrance. Comme il serait bon que la classe aisée procure bénévolement logement et bien-être à ceux qui vivent dans des bidonvilles et des cabanes ! Qu’ils soient assurés que le bien de ce monde et de l’autre réside en cela. Il est bien injuste qu’une personne soit sans foyer quand une autre possède [plusieurs] appartements.

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p) Voici ma recommandation à ce groupe de clercs et de tartufes qui, avec des motivations diverses, s’opposent à la République islamique et à ses institutions, consacrent leur temps à les mettre à bas, aident les opposants conspirateurs et les politiciens hypocrites et parfois [même], à ce que l’on m’a rapporté, leur versent des aides considérables sur les fonds colossaux qu’ils reçoivent dans ce but de capitalistes qui ignorent tout de Dieu : tant que vous n’avez pas encore commis certaines bêtises, dont j’ose penser que vous ne les commettrez pas à l’avenir, et si vous avez mis la main à tout cela en vue de ce bas monde — or, Dieu ne vous permettra pas de réaliser vos funestes objectifs —, il vaudrait mieux que vous demandiez pardon à Dieu tant que la porte du repentir est ouverte, que vous vous mettiez à l’unisson avec [ce] peuple indigent et opprimé et que vous souteniez [cette] République islamique, fruit des sacrifices du peuple, car en cela se trouve le bien de ce monde et de l’autre.

Quant à ceux qui, en raison de certaines erreurs et méprises, intentionnelles ou non, commises par divers groupes ou personnes et contraires aux prescriptions de l’islam, s’opposent violemment au principe même de la République islamique et de son gouvernement et s’emploient à les mettre à bas « au nom de Dieu », s’imaginant que cette République est pire que le régime monarchique ou l’équivaut [à tout le moins], qu’ils réfléchissent entre quatre murs, avec une intention sincère, et qu’ils fassent une juste comparaison avec le gouvernement et le régime précédents.

Qu’ils prêtent aussi attention au fait que, dans les révolutions du monde entier, les troubles et désordres, les erreurs de parcours et les comportements opportunistes sont inévitables. Si vous y prêtez attention et que vous prenez en compte les difficultés de cette République, telles que les conspirations, les propagandes mensongères, les agressions armées aux frontières et à l’intérieur ; l’inévitable infiltration de groupes de pervers et d’opposants à l’islam à l’intérieur de tous les organes de l’Etat dans l’intention de rendre le peuple mécontent de l’islam et du gouvernement islamique ; le fait que la plupart ou bon nombre de ceux qui ont en charge des postes de responsabilités sont des débutants ; les rumeurs mensongères que répandent ceux qui ne peuvent plus faire d’énormes profits ou qui en font moins ; le manque considérable de juges capables de juger selon la Loi divine ; les harassantes difficultés économiques ; les immenses problèmes pour sélectionner et former plusieurs millions de fonctionnaires ; le manque de gens compétents, efficaces et spécialisés, et des dizaines d’autres difficultés dont on ignore tout tant que l’on n’est pas descendu dans l’arène.

D’un autre côté, des personnes malintentionnées, avides de pouvoir et possédant des fortunes colossales, [des personnes] qui, en pratiquant l’usure et le prêt à intérêt, en faisant sortir des devises, en vendant à des prix exorbitants, en trafiquant et en spéculant, soumettent les nécessiteux et les déshérités de la société à une pression intolérable et entraînent la société vers le chaos, [ceux-là] viennent vous trouver, Messieurs, se plaignant et vous trompant, donnant parfois, pour se rendre crédibles et se montrer bons musulmans, une certaine somme au titre de khums[41] et versant des larmes de crocodile ; puis, ayant excité votre colère, ils vous incitent à faire de l’opposition : or, beaucoup de ces personnes s’abreuvent du sang du peuple par des profits illicites et mènent l’économie du pays à la faillite.

Modestement et fraternellement, je recommande à ces respectables messieurs de ne pas se laisser influencer par ce genre de rumeurs artificielles et, pour Dieu et pour préserver l’islam, de renforcer cette République. Ils doivent savoir que, si cette République islamique s’effondrait, ce ne serait pas un régime islamique agréé par la Grâce de Dieu (Baqiyyat Allâh) [l’Imam Mahdî*] — que ma vie soit donnée pour lui — et soumis à vos ordres, Messieurs, qui viendrait la remplacer, mais au contraire un régime agréé par l’un des deux pôles de puissance qui viendrait au pouvoir : les déshérités du monde qui se sont tournés avec ferveur vers l’islam et le gouvernement islamique perdraient tout espoir, l’islam serait à jamais retiré du monde, et le jour où vous regretterez ce que vous avez fait, il sera trop tard et les regrets ne seront plus d’aucune utilité.

Messieurs, si vous vous attendez à ce que tout devienne du jour au lendemain conforme à l’islam et aux prescriptions de Dieu le Très-Haut, vous vous trompez : dans toute l’histoire de l’humanité, jamais un tel miracle ne s’est produit ni ne se produira. Le jour où, si Dieu le Très-Haut le veut, le Pacificateur universel [Sa Seigneurie Baqiyyat Allâh al-Mahdî*] se montrera, ne vous imaginez pas qu’il y aura un miracle et qu’en un jour le monde sera réformé. C’est au contraire par des efforts et des sacrifices que les iniques seront réduits à l’impuissance et écartés.

Et si votre idée est la même que celle de certains égarés parmi le commun des gens, à savoir qu’il faut, pour que cet illustre [sauveur] apparaisse, tout faire pour développer l’impiété et l’iniquité, afin qu’elles emplissent le monde et que les préliminaires de [son] avènement soient réalisés, alors, « en vérité, nous sommes à Dieu, et c’est vers Lui, en vérité, que nous nous en retournons. » (Coran 2.156)

¯ ¯ ¯

q) Ce que je recommande à tous les musulmans et à tous les musta*‘afîn* du monde, c’est de ne pas rester assis à attendre que les gouvernants et ceux qui sont aux affaires dans vos pays, voire les puissances étrangères, viennent vous offrir l’indépendance et la liberté. Vous avez pu voir aussi bien que nous, ou alors l’histoire authentique nous l’a rapporté, qu’à tout le moins dans les cent dernières années — au cours desquelles les grandes puissances dévoreuses du monde ont progressivement mis le pied dans tous les pays musulmans et les autres petits pays —, aucun des Etats qui gouvernaient ces pays ne se préoccupait ni ne se préoccupe de la liberté, de l’indépendance et du bien-être de son peuple.

Au contraire, la majorité quasi-absolue d’entre eux, soit se montraient eux-mêmes iniques et oppresseurs envers leurs peuples, faisant tout ce qu’ils faisaient au profit d’individus ou de groupes, ou pour le bien-être d’une classe aisée et haut placée, tandis que les classes subissant l’injustice, les habitants des taudis et masures, étaient privés de toutes les faveurs de la vie, étaient même privés d’eau, de pain et du minimum indispensable pour survivre, et étaient exploités au profit de la classe aisée et noceuse ; ou alors [ces Etats] étaient les valets des grandes puissances, faisant tout ce qui était en leur pouvoir pour rendre [leur] pays et [leur] peuple dépendants, transformant par des expédients divers leur pays en marché pour l’Est et l’Ouest, garantissant les intérêts de ces derniers et faisant de [leurs] peuples des consommateurs sous-développés ; et aujourd’hui encore ils agissent en ce sens.

Musta*‘afîn* du monde entier, et vous, musulmans et pays musulmans du monde, levez-vous ! Prenez votre droit à coups de dents et de griffes sans vous effrayer des propagandes tapageuses des superpuissances et de leurs valets dévoués ! Chassez de votre pays les dirigeants criminels qui remettent le fruit de votre peine à vos ennemis et aux ennemis de l’islam ! Vous-mêmes et les classes de fonctionnaires engagés, prenez en main la conduite des affaires ! Tous unis sous le glorieux étendard de l’islam, levez-vous pour vous défendre contre les ennemis de l’islam et des déshérités du monde ! Avancez vers un Etat islamique [constitué] de Républiques libres et indépendantes, car en faisant cela vous remettrez à leur place tous les mustakbirîn* de la terre et ferez des opprimés les héritiers et imams de la terre ! Dans l’espoir de ce jour, que Dieu le Très-Haut a promis…

¯ ¯ ¯

r) Je ferais une fois de plus, en conclusion de ce testament, une recommandation au noble peuple iranien.

Dans le monde, l’ampleur des peines, souffrances, dévouements, sacrifices et privations est proportionnelle à la grandeur, à la valeur et à l’élévation de l’objectif. L’objectif pour lequel vous, noble peuple moudjahid, vous vous êtes soulevés, que vous poursuivez et pour lequel vous avez sacrifié vies et biens et continuez de le faire, est l’objectif le plus grand, le plus haut et le plus précieux. C’est un but qui existe depuis l’aube des temps et l’origine du monde et qui existera après ce monde pour les siècles des siècles : c’est l’école de la Divinité au plus large sens du terme du terme et l’idée du tawhîd*, [l’idée d’unité et d’unification divines] dans toutes ses sublimes dimensions, [idée] qui est [tout à la fois] le fondement et la finalité de la création dans tout le vaste domaine de l’existence et à travers tous les degrés et états des mondes visibles et invisibles ; [idée] qui s’est pleinement manifestée en tous ses degrés et dimensions dans l’école de Muhammad, Dieu le bénisse lui et les siens et leur donne la Paix ; [idée] pour la réalisation de laquelle tous les grands Prophètes*, que la Paix divine soit avec eux, et tous les vénérables Proches-Amis [de Dieu], que la Paix divine soit avec eux, ont prodigué leurs efforts.

Il n’est pas d’autre voie vers la Perfection absolue, vers la Beauté et la Majesté infinies : c’est elle qui a conféré aux habitants de la terre une dignité supérieure à celle des habitants de l’Empire des Cieux et au-delà, et ce que les habitants de la terre peuvent atteindre en la parcourant n’est accessible à aucun autre existant dans toute la création, cachée ou manifeste.

O peuple moudjahid, vous marchez sous un étendard qui flotte sur l’ensemble des mondes matériels et spirituels. Que vous le compreniez ou non, vous marchez sur une voie qui est la voie unique de tous les Prophètes, que la Paix divine soit avec eux, et qui est l’unique voie du bonheur absolu. C’est pour cette cause que tous les Proches-Amis [de Dieu] serrent dans leurs bras le martyre et considèrent cette mort sanglante comme plus douce que le miel : aux fronts, vos jeunes en ont bu une gorgée et ont été ravis d’une extase qui a rayonné sur leurs mères, leurs sœurs, leurs pères et leurs frères. En vérité, nous ne pouvons que dire : « Ah ! si seulement nous avions été avec vous et avions connu ce sublime triomphe ! »[42] Que nos meilleurs vœux accompagnent cette brise qui réjouit le cœur et cette splendeur qui suscite l’enthousiasme !

Et nous devons savoir que quelque chose de cette splendeur brille dans les champs torrides, dans les usines harassantes, dans les ateliers et les centres où l’on fabrique, où l’on invente et où l’on crée, et plus généralement dans le peuple, dans le bazar, dans les rues, dans les villages et en tous ceux qui sont occupés à ces choses et rendent quelque service à l’islam, à la République islamique, au progrès et à l’autonomie du pays. Tant que cet esprit d’engagement et d’entraide régnera dans la société, notre cher pays sera, si Dieu le veut, à l’abri des vicissitudes de la vie de ce monde.

Dieu le Très-Haut en soit loué, les hawza-s, les universités et nos chers jeunes dans les centres scientifiques et éducatifs jouissent aussi de ce présent divin venu du Ciel : ces centres sont tout entiers entre leurs mains et, avec l’aide de Dieu, les saboteurs et dévoyés ne pourront mettre la main dessus.

A tous, je recommande d’avancer, en se souvenant de Dieu le Très-Haut, vers la connaissance de soi, l’autonomie et l’indépendance dans toutes leurs dimensions. Sans le moindre doute, la main de Dieu sera avec vous, si vous êtes à Son service et que vous maintenez cet esprit d’entraide pour le développement et l’élévation de ce pays musulman. Avec ce que je vois en ce peuple d’éveil, de vigilance, d’engagement, de dévouement et d’esprit d’endurance et de fermeté dans la voie de la Réalité divine, j’ai l’espoir que, par la grâce de Dieu le Très-Haut, toutes ces vertus humaines passeront à leur postérité et ne feront que croître de génération en génération.

¯ ¯ ¯

Le cœur tranquille et apaisé, l’esprit serein et la conscience pleine d’espoir en la bonté de Dieu, je prends congé du service de mes frères et sœurs et me mets en route pour le séjour éternel. J’ai grand besoin de vos prières et je demande à Dieu tout-miséricordieux et très-miséricordieux de bien vouloir m’excuser de mes manquements à Son service, de mes insuffisances et de mes fautes.

J’espère que le peuple [aussi] m’excusera de mes manquements, de mes insuffisances et de mes fautes. Qu’ils aillent de l’avant avec force et fermeté et sachent que le départ d’un serviteur n’occasionnera aucune brèche dans le barrage d’acier de ce peuple, car des serviteurs plus nobles et plus grands sont là, prêts à servir, et Dieu est le gardien de ce peuple et des victimes de l’injustice dans le monde entier.

Que la Paix ainsi que la miséricorde et les bénédictions divines soient avec vous et avec les bons serviteurs de Dieu.

26 bahman 1361 / 1 djumâdâ l-ûlâ 1403

Rûh Allâh al-Mûsawî al-Khomeyni

Par le Nom du Très-Haut,

Qu’Ahmad Khomeyni lise publiquement ce testament après ma mort ; en cas d’empêchement, que le Président de la République, le Président du Parlement ou le Président de la Cour de cassation veuillent bien se charger de cette peine ; en cas d’empêchement, que l’un des faqîh-s* [du Conseil* des] Gardiens [de la constitution] accepte cette peine.

Rûh Allâh al-Mûsawî al-Khomeyni

Par le Nom du Très-Haut,

En post-scriptum à ce testament comprenant 29 pages et un prologue, je vais préciser plusieurs points :

1. Maintenant que je suis encore parmi vous, certaines choses me sont attribuées sans qu’elles aient la moindre réalité, et il est possible que cela se fasse encore plus après mon départ. C’est pourquoi je déclare que ce qui m’est ou me sera attribué n’est crédible que s’il s’agit de ma propre voix ou de mon écriture avec ma signature, confirmées par des experts, ou s’il s’agit de propos que j’ai tenus à la télévision de la République islamique.

2. De mon vivant, certaines personnes ont prétendu être les auteurs de mes communiqués. Je déments avec force ces prétentions : à ce jour, nul autre que moi n’a jamais préparé un seul [de mes] communiqués.

3. De même, certains ont prétendu que mon départ pour Paris était dû à leur intervention. C’est un mensonge. Lorsque je fus refoulé du Koweït, j’ai choisi Paris, après en avoir discuté avec Ahmad [Khomeyni], parce qu’il était probable que les pays islamiques ne [nous] ouvrent pas leurs portes, le Shah ayant de l’influence sur eux, tandis que cette éventualité ne s’imposait pas pour Paris.

4. Tout au long du mouvement [insurrectionnel] et de la révolution, du fait de l’hypocrisie et de la tartuferie de certains, j’ai parlé d’eux en bien et fait leur éloge avant de comprendre que j’avais été abusé par leur duplicité. Ces éloges furent faits lorsqu’eux-mêmes se montraient engagés et loyaux envers la République islamique, et il ne faut donc pas en profiter abusivement : le critère, pour chacun, est son état actuel. [43]

Rûh Allâh al-Mûsawî al-Khomeyni


 

Lexique

‘Alî fils d’Abû Xâlib (mort en 56 hl./660), que la Paix soit avec lui, était à la fois cousin et gendre du Prophète* Muhammad, que les Bénédictions et la Paix divines soient sur lui et les siens. Historiquement, il fut le quatrième Calife de l’islam, mais il est en réalité et avant tout le premier des Imams* infaillibles et le Sceau des Proches-Amis de Dieu et des Héritiers spirituels du Prophète. Sa vie fut dès le début exceptionnelle, puisqu’il naquit au cœur même du monde : dans la Sainte Maison de Dieu, la Ka‘ba. A partir l’âge de six ans, il grandit dans la maison de son cousin Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens, et il fut, avec Khadîdja, épouse du Prophète, la première personne à embrasser l’islam et à se vouer entièrement à seconder le Prophète dans sa mission.

 

Lorsqu’au début de cette mission le Prophète réunit, sur ordre de Dieu, sa parentèle pour les appeler à l’islam, il leur annonça que le premier d’entre eux qui aurait foi en la religion qu’il apportait serait son lieu-tenant. Il réitéra cela par trois fois et à chaque fois, seul ‘Alî, que la Paix soit avec lui, répondit favorablement.

Lorsque le Prophète se préparait à émigrer de La Mecque à Médine, un complot fut ourdi pour mettre fin à ses jours en le tuant pendant son sommeil : ‘Alî fit une fois de plus preuve de son dévouement et de son abnégation en prenant la place du Prophète* dans son lit, offrant sa propre vie pour sauver celle du Messager* de Dieu.

Par la suite, quand le Prophète, que Dieu le bénisse lui et les siens, lia les musulmans deux à deux par un pacte de fraternité, il fit de l’Imam ‘Alî, que la Paix soit avec lui, son propre frère en ce monde et dans l’autre.

Enfin, sur le chemin du retour du Pèlerinage qui précéda de quelques mois le départ de ce monde du Messager* de Dieu, celui-ci ordonna que les dizaines de milliers de personnes qui l’accompagnaient se rassemblent en un lieu dit Ghadîr* Khumm, puis il leur présenta publiquement ‘Alî comme le chef et guide des musulmans après lui.

n’en fut pas moins écarté pendant près de vingt cinq ans de la direction de la communauté. Durant toute cette période, il eut l’attitude d’un veilleur faisant obstacle aux déviations. Après l’assassinat du troisième Calife, les Compagnons du Prophète le choisirent pour Calife et les musulmans lui firent serment d’allégeance. Son Califat dura environ quatre ans et neuf mois au cours desquels il supprima la plupart des innovations introduites par les Califes après la mort du Prophète, s’efforçant de restaurer l’islam dans sa forme originelle. De toutes parts, des éléments opposants, voyant leurs intérêts menacés, levèrent alors l’étendard de la sédition et, sous prétexte de réclamer justice pour le sang versé du troisième Calife, déclenchèrent de sanglantes guerres fratricides qui occupèrent toute la période du Califat de ‘Alî. Finalement, ils assassinèrent ‘Alî pendant qu’il faisait sa Prière rituelle, faisant ainsi tomber en martyr le plus grand homme de l’histoire avec le Messager* de Dieu, que Dieu les bénisse eux et les leurs.

Sous son humble toit furent élevés des fils tels que Hassan* et Hossayn* et une fille telle que Zaynab*, que la Paix soit avec eux, qui marquèrent profondément le cours l’histoire, brandirent dans les ténèbres du monde le flambeau de l’humanité et devinrent les modèles des hommes et des femmes en quête de vérité.

: Sa Seigneurie Muhammad fils de ‘Alî fils de £usayn (57-115 hl./675-733), que la Paix soit avec eux, cinquième des Imams* infaillibles, fut surnommé « le Dispensateur des sciences » parce qu’il fut le premier à avoir pu répandre ouvertement les connaissances des Gens de la Demeure prophétique, que la Paix soit avec eux.

, « mobilisation », dont les membres, les basîdji‑s, étaient majoritairement des adolescents et des jeunes gens.

: Combattant volontaire, membre du Basîdj*.

Commandeur des fidèles (Amîr al-mu’minîn) est un titre qui, dans la voie des Gens de la Demeure prophétique, est strictement réservé à l’Imam ‘Alî* fils d’Abû Xâlib, que la Paix soit avec lui.

Conseil des Gardiens (shûrâ-ye negahbân) : ce conseil a pour fonction de veiller à ce que les lois votées par le Parlement ne soient en contradiction ni avec les prescriptions de l’islam ni avec la constitution. Il est composé de six Docteurs de la Loi (faqîh-s) et de six juristes, élus pour une période de six ans. Toutes les lois votées par l’Assemblée doivent être examinées par ce Conseil et obtenir son approbation.

constitutionnel (mashrûxa ; dans des expressions telles que « mouvement constitutionnel », « révolution constitutionnelle », « période constitutionnelle », etc.) : le désordre et l’instabilité de la situation en Iran à la fin du 19e et au début du 20e siècles, le fait que le peuple était harassé par l’iniquité et l’injustice des dirigeants et des agents du colonialisme, la faiblesse, l’apathie et l’incompétence du roi Movaffar ad-dîn Shâh Qâdjâr, l’éveil et la prise de conscience du peuple croissants jour après jour, le soulèvement des savants religieux et du clergé, tout cela prépara le terrain pour une révolution dite « constitutionnelle » qui triompha en 1324 hl./1906, après une longue lutte populaire. Ce mouvement a profondément modifié la structure sociale de l’Iran, la faisant évoluer vers l’abolition des privilèges de classe, la ruine des places fortes des courtisans et des grands propriétaires terriens féodaux (khân-s), et la mise en place d’un système législatif et judiciaire. Malheureusement, le mouvement constitutionnel ne put aboutir au résultat espéré et avec le coup d’Etat de Rezâ Khân, le père de l’ex-Shah*, la monarchie héréditaire revint au pouvoir.

Corps des Gardiens de la Révolution islamique (Sepâh-e pâsdârân-e enqelâb-e eslâmî) : il s’agit d’une institution militaire dont la mission est de veiller sur la Révolution islamique et sur ses acquis, de s’efforcer d’en réaliser toujours plus les idéaux dans le respect des lois de la République islamique et de renforcer la structure défensive du pays par la coopération avec les autres forces armées et par la formation militaire et l’organisation des forces de la mobilisation populaire (basîdj*).

: Une des questions importantes abordées en islam est celle du combat et du djihad. Ce qui est dit des vertus et excellences multiples attribuées au moudjahid — c’est-à-dire à celui qui fait le djihad — est digne de retenir l’intérêt. En particulier, la rétribution et la récompense du moudjahid dans l’au-delà sont considérablement plus importantes que celles des autres, et le rang du shahîd*, c’est-à-dire du martyr tombé lors du djihad, est souvent mis en rapport avec celui des Prophètes* eux-mêmes. Cependant, de toutes les sortes de combats, le plus important et celui qui a le plus de valeur est le combat intérieur contre soi-même, qui est le « plus grand djihad » ou « djihad majeur » (al-djihâd al-akbar). C’est ce djihad majeur qui actualise en l’homme les plus hautes valeurs et qui est au fondement de tous les autres djihads. Or ce combat intérieur ne connaît pas de fin : toute sa vie l’homme doit persévérer dans ce djihad, car les passions de l’ego restent toujours et partout à l’affût.

Par ailleurs, il importe de remarquer que le djihad extérieur est de deux ordres : défensif et offensif. Le djihad offensif se doit d’avoir pour unique but de répandre la vérité et la justice et, conjointement, de mettre fin à l’obscurantisme de toutes les variétés d’idolâtrie et à l’oppression des mustakbirîn* de toutes sortes. Pour l’Imam Khomeyni, ce djihad offensif ne peut avoir lieu que sous la conduite du Prophète* ou de l’un des Imams* infaillibles, car c’est leur infaillibilité qui garantit que le combat est bien pour la vérité et la justice. Pendant la période actuelle donc, qui est celle de l’occultation de l’Imam Mahdî*, que Dieu hâte son retour, seul reste légitime le djihad défensif, car la défense est une prescription permanente et inconditionnelle aussi bien de la raison que de la Loi révélée.

Experts (Assemblée des Experts, madjles-e khobregân) : cette assemblée est constituée de Docteurs de la Loi élus par le peuple pour désigner le Guide* de la Révolution islamique ou, le cas échéant, le Conseil de guidance, pour assister le Guide ou le Conseil dans leur mission et pour contrôler la manière dont ils s’en acquittent.

Fâxima : Sa Seigneurie Fâxima, que la Paix divine soit avec elle — aussi nommée Zahrâ’ (la Radieuse ou Resplendissante), Siddîqa (la Sincère), Umm Abîhâ (mère de son père), etc. — est la fille du noble Prophète* de l’islam, née à La Mecque cinq ans après le début de sa mission. Elle devint la femme de l’Imam ‘Alî* et la mère des Imams £asan* et £usayn*, que la Paix divine soit avec eux tous. Il n’est pas possible d’évoquer ici toutes les qualités et vertus de celle qui fut et reste à tout jamais la plus grande personnalité féminine de l’histoire du monde, la Dame des femmes du Paradis et le modèle parfait de la femme musulmane. Elle s’est tenue aux côtés de son père et de son époux dans les périodes les plus dures. Après la mort de son noble père et la mise à l’écart de son mari, elle eut à endurer des épreuves déchirantes de la part de gens qui prétendaient être musulmans. Elle y laissa la vie et partit rejoindre son père dans l’au-delà après quelques mois de ce martyre.

: le fiqh est la science de la déduction des prescriptions légales de l’islam à partir des sources scripturaires (Coran et Sunna*) au moyen de principes et de méthodes élaborés par la science des « fondements du fiqh » (uùûl al-fiqh).

: spécialiste de la science du fiqh*.

Gardiens de la Révolution : voir Corps* des Gardiens.

Gardiens de la Constitution : voir Conseil* des Gardiens.

[44].

5 pages Error! Bookmark not defined. à Error! Bookmark not defined.). Cette dernière précision établit que, jusqu’à la fin des temps, il y aura toujours dans la descendance du Prophète une personne infaillible — puisqu’elle ne se sépare en rien du Coran — pour guider la communauté musulmane. Ces Imams* de la guidance ont d’ailleurs été désignés, sur ordre de Dieu, par le Prophète lui-même et par chacun des Imams après lui. Ce sont ces personnes infaillibles qui sont donc, à proprement parler, les Gens de la Demeure prophétique.

gnose : le mot arabe ‘irfân signifie « connaissance », car la science qui est désignée par ce terme vise pour l’essentiel à la connaissance de Dieu, de Ses Noms et Attributs et du lien qui unit toute chose à Lui. Seulement, à la différence de la théologie, le but de la gnose est une connaissance « présentielle », une connaissance vécue et goûtée, et non pas une simple connaissance représentative et théorique. Autrement dit, la connaissance des grands gnostiques était le fruit, non pas de leur réflexion, mais de leur réalisation spirituelle et des dévoilements et révélations qui l’accompagnaient. Les fruits de ces contemplations constituent la base de ce que l’on appelle la gnose « spéculative » (‘irfân nazarî), enseignement théorique qui doit servir de base au gnostique pour son Pèlerinage spirituel, lequel relève de la gnose dite « opérative » (‘irfân ‘amalî). Ce Pèlerinage spirituel, qui a donc pour but de permettre au gnostique de « réaliser » au moins en partie ce dont il a déjà eu un avant-goût intellectuel, est une voie de combat intérieur visant à supprimer l’ego, le « moi », afin de laisser toute la place à « Lui », le Seul et Unique.

gnostique : voir gnose*.

Guide et Conseil de guidance : voir Wilâyat al-faqîh*.

hadith : Propos du Prophète* ou de l’un des Imams* infaillibles de sa descendance.

£asan : l’Imam £asan, que la Paix soit avec lui, surnommé al-Mudjtabâ, l’Elu, est le deuxième Imam* infaillible, né en l’an 3 de l’hégire (625) et mort en martyre, empoisonné, en 50 hs./672. Il est le fils de l’Imam ‘Alî* et de Fâxima*, fille bien aimée du noble Prophète,* que la Paix soit avec eux. Il avait quarante cinq ans lorsque, après le martyre de son père, il devint Calife de l’islam, dans une situation trouble où la communauté musulmane était déchirée par des tensions complexes et de multiples conflits.

Il reprit l’étendard de son père, l’Imam ‘Alî, que la Paix soit avec lui, dans la guerre déclenchée contre lui par Mu‘âwiya*, fondateur de la dynastie omayyade. Malheureusement, abandonné de toutes parts et n’ayant plus autour de lui que bien peu de fidèles, il fut contraint de faire la paix et d’abandonner le Califat politique aux Omayyades. Il se retira alors à Médine, se consacrant à réformer la communauté musulmane et à tenter de la prévenir des dangers qui la menaçaient de l’intérieur. C’est cette activité religieuse militante qui amena Mo‘âwiya à le faire empoisonner.

: école de formation des savants religieux shiites.

: ce mot désigne en droit musulman les peines corporelles immuablement fixées par la Loi révélée pour certains délits et crimes spécifiques (v. aussi qiùâù et ta‘zîrât).

£usayn : l’Imam £usayn, que la Paix soit avec lui, aussi nommé « Seigneur des martyrs », est le troisième Imam* infaillible, second fils de l’Imam ‘Alî* et de Fâxima*, que la Paix soit avec eux, né en l’an 4 de l’hégire (626).

lui fasse publiquement allégeance.

c’est-à-dire le dixième jour du mois lunaire de muharram, encerclés depuis plusieurs jours en un lieu dit Karbalâ [45], privés d’eau sous le soleil des déserts d’Irak, les quelques soixante-dix hommes valides qui l’entouraient se sacrifièrent les uns après les autres pour défendre leur Imam et la famille du Prophète*.

Resté seul, l’Imam Hossayn partit recevoir sa couronne de Seigneur des martyrs et succomba après un combat acharné. L’armée omayyade se rua alors, dépouillant et mutilant les cadavres, assaillant et pillant le campement où, en dehors d’un seul homme terrassé par une maladie — l’Imam Sadjdjâd, fils de l’Imam £usayn, que la Paix soit avec eux — ne se trouvaient plus que quelques femmes et enfants sans défense qu’ils emmenèrent dans une longue déportation.

Ce sera alors à la sœur de l’Imam £usayn, Zaynab*, que la Paix soit avec elle, de jouer le rôle que la destinée lui avait réservé : celui de faire connaître de tous l’épopée de Karbalâ et de transformer ce massacre en une victoire éclatante : la victoire du sang des martyrs sur le sabre des iniques. Depuis lors, cette épopée ne cesse de vivre dans le cœur de tout vrai fidèle du Prophète* et des Imams de sa famille et d’y maintenir vivant l’esprit de justice et de sacrifice.

Imam infaillible : Le terme imâm désigne « celui qui est au devant d’un groupe et le guide ». Ainsi, toute personne qui dirige la Prière rituelle est un imâm. Par excellence, le terme désigne le chef et guide de la communauté musulmane toute entière. Quant au terme Imamat, il désigne la fonction d’Imam.

A la mort du Prophète*, que Dieu le bénisse lui et les siens, tous les musulmans étaient à l’unanimité d’accord sur le fait qu’il fallait à la communauté musulmane un chef pour la diriger. Mais il y avait divergence sur la désignation de la personne qui devait assumer la Lieu-tenance du Prophète et l’Imamat de la communauté, divergence qui se doublait d’une conception totalement différente du rôle et des fonctions de l’Imam : est-il simplement un individu que l’on choisit pour être en charge de l’exécutif ou bien l’Imam est-il, après la fin de la Prophétie, investi par Dieu de la mission de guider la communauté aussi bien dans les affaires spirituelles que temporelles ?

Cette dernière conception était défendue par les Gens de la Demeure prophétique, en particulier ceux qui avaient grandi dans la maison du Prophète, recevant son enseignement depuis le plus jeune âge : Sa Seigneurie l’Imam ‘Alî* et Sa Seigneurie Fâxima*. L’Imam, nous apprennent-ils, est investi par Dieu, qui lui donne alors la connaissance de tout ce dont il a besoin dans sa mission — en particulier celle du Coran et de la Sunna* — et qui le préserve de toute erreur et de toute faute, aussi bien dans la compréhension que dans l’application et la mise en œuvre de la religion. Cette infaillibilité de l’Imam est en effet une condition indispensable pour que la religion ne soit pas exposée à une déviation qui serait inévitable si elle était au contraire abandonnée aux mains de gens qui ne sont pas à l’abri de l’erreur et du jeu trouble des passions humaines.

[46].

Par la suite, chacun des Imams infaillibles, obéissant à l’ordre d’investiture divine, désigna son successeur jusqu’au dernier d’entre eux : l’Imam Mahdî*.

[47]. Le Prophète mort, il fit désigner « par surprise » Abû Bakr comme chef de la communauté et ce dernier lui remit ensuite le pouvoir à sa mort.

L’Imam ‘Alî* se refusa tout d’abord à prêter serment à Abû Bakr, mais diverses circonstances l’amenèrent ensuite à s’incliner devant un état de fait contre lequel il ne pouvait rien, mais qu’il ne cessa jamais de dénoncer comme une déviation de l’islam originel et authentique, tout comme le dénoncèrent après lui les Imams £asan* et £usayn*, petit-fils du Prophète*, que Dieu le bénisse lui et les siens, ainsi que tous les Imams infaillibles de sa descendance.

Infaillible : voir Imam*.

Mahdî : l’Imam Mahdî, mot qui signifie « le Bien-Guidé », est le douzième des Imams* infaillibles de la famille du Prophète*, que Dieu le bénisse lui et les siens.

Fils de l’Imam £asan al-‘Askarî et de la princesse byzantine Nardjis, il est né au mois de sha‘bân 255 hl./869. Son Imamat commença alors qu’il n’était pas âgé de plus de cinq ans et dure encore de nos jours, la vie de l’Imam étant miraculeusement conservée et prolongée par Dieu : il est ainsi l’Imam et l’Argument (£udjdja) de Dieu en notre temps.

En raison des conditions de l’époque et conformément à la volonté divine, l’Imam Mahdî fut amené à vivre dans l’incognito et la clandestinité. Cette « occultation » (ghayba) de l’Imam fut d’abord relative : pendant environ soixante-dix ans, les fidèles gardèrent un contact officiel avec lui par l’intermédiaire de représentants désignés. Mais ensuite la clandestinité et l’incognito furent complets et il n’y eut plus de représentant officiel.

[48]. La réapparition du Mahdî et ses combats seront les derniers maillons de la série de combats des gens de la Vérité contre ceux de l’erreur. Autrement dit, le combat des gens de la Vérité se poursuivra tout au long de l’histoire jusqu’au jour où les conditions seront réunies pour que le Mahdî promis et attendu vienne faire aboutir ces luttes à leur résultat final et qu’un soleil de Vérité et de Justice illumine l’humanité : ce sera alors le jour de la maturité spirituelle, intellectuelle, morale et sociale de l’homme, le jour du soulagement et de la délivrance que l’on prie Dieu de hâter pour l’Imam Mahdî, que la Paix soit avec lui, et pour l’humanité.

: pendant la période d’occultation de l’Imam Mahdî*, que Dieu hâte son retour, puisque les fidèles ne peuvent soumettre les questions qui se posent à eux à l’Imam* infaillible ou à l’un de ses représentants désignés, ce sont les mardja‘-s qui sont chargés de répondre à ces questions. Les mardja‘-s sont les clercs les plus qualifiés, à la fois au niveau de la connaissance du Coran et des enseignements des Gens* de la Demeure prophétique, que la Paix divine soit avec eux, et sur le plan de la piété et des vertus humaines. Toute personne qui n’est pas qualifiée pour déduire elle-même à partir des sources scripturaires les règles et prescriptions de l’islam doit donc se référer à un mardja‘, qui doit nécessairement être contemporain puisqu’il doit pouvoir répondre à des questions et des situations nouvelles.

« ceux qui sont doués de fermeté » — sont Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad, que la Paix soit avec eux. C’est du Prophète Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens, qu’il est question lorsque l’on parle du « Messager de Dieu » de manière absolue ou du « plus noble Messager ».

Moudjahidines du peuple : cette organisation fut fondée en 1344 hs./1965 pour lutter contre le Shah*. Du fait que ses dirigeants étaient ignorants des principes et enseignements de l’islam, cette organisation opta pour une idéologie syncrétiste et se dressa rapidement, après la victoire de la Révolution islamique, contre les forces révolutionnaires, multipliant les assassinats et les actes de terrorisme. Vaincus par les forces révolutionnaires, ils finirent par dévoiler leur véritable visage : trahissant leur propre pays, ils cherchèrent refuge en Irak et apportèrent un soutien inconditionnel à Saddam Hussein tout au long de la guerre qu’il imposa à l’Iran. Depuis lors, le peuple iranien désigne purement et simplement ce groupe terroriste comme « les hypocrites » ou « les hypocrites de Saddam », monâfeqîn-e ùaddâm.

pluriel mustakbirîn : terme arabe signifiant « ceux qui se gonflent d’orgueil, qui se montrent arrogants et se prennent pour grands ». Le terme ou des termes apparentés — formes dérivés de la racine KBR — reviennent souvent dans le Coran. Cette attitude arrogante est le plus souvent envisagée par rapport à Dieu, mais aussi par rapport aux autres hommes.

Les mustakbirîn sont en effet avant tout ceux qui sont trop orgueilleux pour se soumettre à la volonté divine, à commencer par le Diable (Iblîs, v. Coran 2.34 ; 38.74), Pharaon (Coran 7.133 ; 10.75 ; 23.46 ; 28.39 ; 29.39) et tous ceux qui ont refusé de répondre à l’appel des divers Prophètes* (Coran 7.75-76, 88 ; 41.15 ; 71.7 ; etc.). Dans plusieurs versets « ceux qui s’enflent d’orgueil » sont clairement mis en opposition avec « ceux qui ont la foi et font œuvres de bien » (Coran 4.173 ; 7.36, 40).

Mais par ailleurs, ces mustakbirîn sont aussi des puissants qui, non content de se montrer eux-mêmes arrogants et insoumis, veulent encore empêcher ceux qu’ils dominent — les faibles (*o‘afâ’ ; Coran 14.21 ; 40.47-48) ou « ceux dont la position de faiblesse a été mise à profit » (alladhîna stu*‘ifû ; Coran 7.75-76 ; 34.31-33) — de se soumettre à la volonté divine.

L’Imam Khomeyni a remis en usage cette terminologie coranique, car le terme qui vaut pour le Pharaon de l’époque de Moïse s’applique aussi bien, en chaque époque, à toute autorité qui domine et exploite les fidèles tout en s’opposant par tous les moyens à ce qu’ils suivent la volonté de Dieu ou même à ce qu’ils en prennent connaissance. A notre époque, cette attitude est représentée par toutes les puissances coloniales ou néo-coloniales, Amérique en tête.

« Nous voulons couvrir de bienfaits les démunis de la terre, en faire des Imams, en faire les héritiers, leur donner le pouvoir sur la terre, et faire subir par eux à Pharaon, à Hâmân et à leurs troupes cela [même] qu’ils redoutaient » (Coran 28.5-6).

[49]. Cette promesse trouvera donc sa pleine réalisation lors de l’avènement du Mahdî*.

(La Voie de l’éloquence) : recueil de propos et discours du Commandeur* des fidèles ‘Alî* fils d’Abû Xâlib, que la Paix soit avec lui, réunis par le Sharîf ar-Ra*î Muhammad ibn al-£usayn (mort en 406 hl./1016). Certains grands savants religieux ont nommé ce recueil « le frère du Coran ». A l’instar du Coran, les propos de l’Imam ‘Alî développent — autour des trois axes Dieu, le monde et l’homme — des considérations métaphysiques, spirituelles, éthiques, sociales, politiques, etc., dans une langue d’une incomparable éloquence. Plus de cent commentaires de ce livre ont été rédigés à ce jour.

Pahlavi : nom dynastique pris par Rezâ* Khân et son fils Muhammad Rezâ Shah*.

Prescriptions premières et secondaires (ahkâm awwaliyya wa thânawiyya) : de nombreuses prescriptions et règles sociales dont les musulmans ont besoin se trouvent globalement ou de manière détaillée dans le Coran et la Sunna*. On nomme cet ensemble de prescriptions « prescriptions premières » (ahkâm awwaliyya).

Cependant, on a souvent à faire face, dans la gestion de la société, à des problèmes et difficultés qui ne pourraient être réglés si on voulait les traiter sur la base des prescriptions premières immuables. L’islam confère donc à l’autorité islamique légitime le pouvoir d’établir, en tenant compte des conditions de l’époque et des intérêts des musulmans, des prescriptions et règlements complémentaires en vue de régler ces problèmes : ce sont les « prescriptions secondaires » (ahkâm thânawiyya).

Prophète (nabî) : pour former les hommes, Dieu suscite parmi eux des Prophètes, c’est-à-dire des humains qui, en raison de leur haute réalisation spirituelle, peuvent transmettre de Sa part et enseigner à l’humanité, ou à une portion d’entre elle, les vérités qu’il leur faut connaître et les actes — pratiques cultuelles et comportements sociaux — qu’il leur faut accomplir pour assurer leur bonheur aussi bien en ce monde que dans l’au-delà.

Lorsqu’il est question du « Prophète » de manière absolue, il s’agit du Prophète Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens. Celui-ci est aussi désigné comme « Sceau des Prophètes » parce que sa mission est venue définitivement « sceller » la lignée ininterrompue de Prophètes qui se sont succédés depuis l’aube de l’humanité. Après lui, il n’y a donc plus de Prophète, mais la guidance de l’humanité est assurée par les Imams* infaillibles de sa famille qui assument l’héritage de son Message prophétique.

: dans la législation islamique, le talion (qiùâù) — ou réparation d’un dommage physique (coup, blessure, amputation ou meurtre) par un dommage du même ordre fait au coupable — relève du droit de la victime. Autrement dit il ne s’appliquera, sous certaines conditions, que dans les cas où la victime ou ses représentants l’exigent légitimement et refusent de toucher l’indemnité financière (diya) prévue par la Loi révélée pour chaque type de dommage.

Rezâ Khân : père du dernier Shah* d’Iran. Mettant à exécution les plans de l’Angleterre, il fit un coup d’Etat en 1299 hs./1920 et s’installa sur le trône en 1304 hs./1925. Son règne fut illustré par une série de mesure anti-religieuse inspirées de celles que prit Mustafa Kemal Atatürk en Turquie.

, que Dieu le bénisse lui et les siens, et la diffusion des connaissances des Gens de la Demeure prophétique, que la Paix soit avec eux. Il forma et éduqua un grand nombre de savants et fut à l’origine de nombreux centres d’enseignements, à tel point que c’est d’après son nom que la voie des Gens de la Demeure prophétique est aussi appelée « école dja‘farite ».

Shah : ce mot signifie « roi » en persan. Lorsqu’il est question du Shah, sans plus de précision, il s’agit de Muhammad Rezâ Shah Pahlavi, né en 1919, deuxième et dernier Shah de la dynastie pahlavi. En 1320 hs./ 1941, les Alliés tombèrent d’accord pour écarter son père, Rezâ Khân, du pouvoir, l’exiler et l’installer sur le trône à sa place.

On peut globalement diviser son règne en deux périodes : 1. de 1941 à 1955, période pendant laquelle Muhammad Rezâ n’a pas encore pu gagner l’autorité qu’avait son père ; 2. de 1955 jusqu’à sa chute en 1987, près de quarante années durant lesquelles il régna en despote absolu sur l’Iran, donnant quartier libre au colonialisme anglais, puis à l’impérialisme américain, pour piller les richesses matérielles et intellectuelles du pays.

Le 26 dey 1357 hs./16 janvier 1979, au plus fort de la Révolution islamique, il fuit l’Iran sur les conseils de l’Amérique.

au contraire vivants auprès de leur Seigneur [étant] pourvus [de tout] » (Coran 3.169).

Sunna : Ensemble des pratiques, prescriptions ou interdits énoncés ou observés par le Prophète*, que Dieu le bénisse lui et les siens, en sus de ce qui se trouve explicitement dans le Coran. La Sunna fait force de loi, en raison des nombreux versets qui lient ensemble l’obéissance à Dieu et l’obéissance à Son Messager* : « Celui qui obéit au Messager* obéit à Dieu » (Coran 4.80) ; « Ce que le Prophète vous donne, prenez-le, et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en » (Coran 59.7) ; « Obéissez à Dieu et à Son Messager » (Coran 3.32, 132 ; 5.92 ; 24.54 ; 47.33 ; 64.12 ; voir encore en ce sens 3.53, 172 ; 4.59, 69, 83 ; 5.104 ; 24.56 ; etc.).

Pour ceux qui suivent l’enseignement des Gens de la Demeure prophétique, que la Paix soit avec eux, la connaissance de la Sunna dans son intégrité doit être recherchée, non pas auprès de n’importe quel compagnon du Prophète, mais auprès de ceux qui ont la mission divine d’assumer la continuité de la guidance de la communauté et qui, de ce fait, sont infaillibles tant dans leur transmission du Coran et de la Sunna que dans leur compréhension et leur observance des prescriptions divines et prophétiques. Ces Imams infaillibles de la famille du Prophète sont par excellence les « autorités légitimes » auxquelles le Coran appelle à obéir en mettant cette obéissance sur le même plan que celle due au Prophète : « O vous qui avez la foi, obéissez à Dieu et obéissez au Messager et aux détenteurs de l’autorité parmi vous » (Coran 4.59 ; voir aussi 4.83).

: ce mot dérive étymologiquement d’une racine arabe dont le sens principal est d’« outrepasser les limites », et donc, par extension, de « déborder », de « se montrer arrogant, insolent, rebelle ou insoumis », de « se révolter », etc. Dans le Coran (2.256-7 ; 4.51,60,76 ; 5.60 ; 16.36 ; 39.17), ce terme désigne ce qui est pris comme divinité en dehors de Dieu. Le comportement de xâghût consiste donc à se prendre pour une divinité ou une autorité en dehors ou à côté de Dieu, à refuser de se soumettre à Dieu et à s’arroger un pouvoir auquel on n’a pas droit.

Est alors qualifié de xâghûtî celui qui a un comportement de xâghût* ou qui est partisan d’un xâghût.

Enfin, lorsque ce mot est employé de manière absolue dans le vocabulaire politico-religieux de l’Imam Khomeyni (auquel cas il est transcrit avec une majuscule), il désigne en propre le Shah d’Iran ou le régime impérial.

: voir xâghût.

: le tawhîd désigne la pure doctrine de l’unité divine, qui est le principe essentiel de l’islam. Il est exprimé par la première attestation de la profession de foi musulmane : « Point de dieu hormis Dieu (lâ ilâha illa_llâh) », phrase qui, en arabe, est tout entière écrite avec les seules trois lettres qui composent le Nom Allâh.

Les sages et les gnostiques* envisagent plusieurs degrés de compréhension et de réalisation du tawhîd.

Le degré le plus élémentaire est celui du tawhîd du commun des croyants : dans la multiplicité des existants, il en est un et un seul qui est la Divinité omnisciente et omnipotente qui a tout créé. Ce tawhîd n’est pas suffisamment « absolu », car il fait une place pour « autre que Dieu » à côté de Dieu.

Le sommet de la doctrine de l’unité sera donc un tawhîd ontologique exprimé par la formule : « Point d’existant hormis l’Existence ». Le Principe Un source de toute réalité n’est autre que l’Existence Elle-même. Or, l’Existence ne saurait avoir ni commencement ni fin, puisqu’Elle existe en Elle-même et par Elle-même. L’Existence ne commence pas à exister et ne finit pas d’exister : Elle existe, purement et simplement. C’est pourquoi le Coran dit de Dieu qu’ « Il n’a pas été enfanté » (Coran 112.3).

Le Principe Un ne saurait non plus donner le jour à quoi que ce soit hors de Lui-même, pas plus que quelque chose ne pourrait se trouver à côté de lui, car en-dehors ou à côté de l’Existence, il n’y a de place que pour l’inexistence et le néant, c’est-à-dire pour rien. Le Coran dit alors du Principe Un qu’« Il n’a pas enfanté » et qu’« Il n’a point d’égal » (Coran 112.3-4).

; Coran 112.2). Tous les existants ne sont alors rien d’autre que des manifestations déterminées de l’Existence à divers niveaux de réalité, manifestations qui n’ont d’existence que par l’Existence et qui ne peuvent en aucun cas faire le moindre pas hors du royaume de l’Existence, ainsi que l’expriment bien certaines invocations des Gens de la Demeure prophétique, que Dieu les bénisse et leur donne la Paix : « On ne peut échapper à Ton règne » et « ce n’est que vers Toi que l’on peut s’échapper de Toi ».

Par ailleurs, l’homme peut être de ceux qui professent de manière simplement théorique la doctrine de l’unité, mais il peut aussi arriver, par la réalisation spirituelle, à réellement « voir » l’Unité du Principe à l’œuvre dans l’univers et même à « se perdre » lui-même dans l’Unité en prenant conscience que « Dieu est la lumière des cieux et de la terre » (Coran 24.35).

: ce mot désigne en droit musulman les châtiments laissés à la discrétion du juge qui en décide en tenant compte de la situation du coupable, de la gravité de l’infraction et des conditions dans lesquelles elle a été commise, le châtiment ne pouvant pourtant pas excéder une certaine limite déterminée (v. aussi hudûd*, qiùâù*).

Toudeh : le parti communiste Toudeh est la plus ancienne et la plus connue des organisations marxistes-léninistes en Iran. Les membres du Parti Communiste d’Iran, qui avait déclaré son existence en 1920, reprirent en 1942 leurs activités sous le nom de « Parti des Masses populaires Iraniennes” (hezb-e tûde-ye Irân).

En raison de son lien direct avec les services de renseignements de l’ex-Union soviétique, ce parti prit au cours de sa vie politique des positions qui le firent connaître dans la société iranienne comme traître à la patrie. La plus importante de ces positions fut le soutien qu’il apporta à la partition de l’Azerbaïdjan et du Kurdistan accomplie par l’armée rouge et au monopole accordé à l’Union soviétique sur le pétrole du nord de l’Iran.

Après le coup d’Etat du 19 août 1953 et la reprise du règne de Muhammad Rezâ Shah*, les activités de ce parti à l’intérieur de l’Iran cessèrent et, jusqu’à la victoire de la Révolution islamique en 1979, les membres du comité central du parti Toudeh résidaient à Leipzig, en Allemagne de l’est. Avec le triomphe de la Révolution, les conditions étaient réunies pour la reprise des activités de ce parti comme pour celles de tous les autres groupes et partis, mais malgré plusieurs années d’efforts et de propagande, en raison de son athéisme dogmatique et de ses attitudes hypocrites, il ne parvint pas à gagner une assise populaire.

Finalement, en 1983, après la découverte du lien actif unissant ce parti aux services de renseignements soviétiques, les membres de son comité central furent arrêtés et son réseau clandestin démantelé.

: dans le droit musulman, la wilâya désigne de manière générale l’autorité que certaines personnes exercent sur d’autres — par exemple la wilâya des parents sur les enfants. Depuis l’occultation de l’Imam Mahdî*, certains aspects de l’autorité des Imams sur les fidèles ont été transférés aux faqîh-s* en général, et plus spécifiquement aux mardja‘-s*, autorité qui leur est conférée en raison du fait qu’ils sont les dépositaires et transmetteurs de l’enseignement du Prophète et des Imams infaillibles.

L’étendue de cette autorité a été diversement comprise par les grands mardja‘-s*. Pour certains, elle se limiterait à l’autorité sur des biens et des personnes qui se retrouvent sans propriétaire ou tuteur responsable — par exemple les biens de ceux qui meurent sans aucun héritier ou les orphelins qui n’ont pas de tuteur désigné. Pour d’autres, par contre, et en particulier pour l’Imam Khomeyni, l’« autorité du Docteur de la Loi » (wilâyat al-faqîh) est générale, c’est-à-dire que les Docteurs de la Loi héritent de l’entière autorité politique des Imams — à la seule exception du djihad* offensif qui exige, selon lui, l’infaillibilité (Il existe par ailleurs d’autres positions, généralement intermédiaires entre ces deux).

d’entre eux qui devront l’assumer de fait, et qui sont désignés dans la constitution de la République islamique par les termes de Guide (rahbar) et de Conseil de guidance (shûrâ-ye rahbarî).

Zaynab est le troisième enfant de l’Imam ‘Alî* et de Fâxima* et donc la sœur des Imams £asan* et £usayn*. Née en l’an six de l’hégire, élevée en compagnie de ses deux frères par le Prophète*, ‘Alî et Fâxima, elle traversa avec eux toutes les épreuves qui les touchèrent.

Lors du drame de Karbalâ (voir £usayn*), elle connut pourtant une épreuve que nulle autre femme au monde ne connut et ne connaîtra jamais. Elle vit d’abord tous les jeunes de sa famille subir le martyre l’un après l’autre : ses cousins, ses demi-frères, ses neveux et même ses propres fils, avant de voir succomber son frère et Imam bien-aimé, qui l’avait chargée de s’occuper de toutes les femmes et enfants survivants après lui.

Elle s’acquitta à merveille de cette mission pendant toute la longue déportation qui conduisit, dans les pires conditions, la caravane des survivants de la famille du Prophète des bords de l’Euphrate jusqu’en Syrie. Là, malgré l’épuisement physique et psychique dû à toutes ces épreuves consécutives, la grande Zaynab sut tenir tête avec un courage extraordinaire à l’inique et sanguinaire Calife Yazîd.

Par des propos dont la justesse et l’éloquence venaient en écho à ceux de son père, elle sut si bien mobiliser et monter l’opinion publique contre le Calife que la situation s’en trouva renversée et qu’il fut contraint de libérer ses captifs et de faire preuve d’un hypocrite bon comportement envers eux.


Chronologie

24 septembre : Naissance de l’Imam Khomeyni (ce jour correspondait au 20 djumâdâ thâniya 1320 hl., jour anniversaire de la naissance de Fâxima*, fille du Prophète* Muhammad, que les Bénédictions et la Paix divines soient avec eux).

1905-1906 : Révolution constitutionnelle* qui impose au Shah un régime parlementaire.

Coup d’état dirigé par un officier des cosaques, Rezâ Khân*, qui devient Ministre de la guerre puis Premier ministre.

Arrivée de l’Imam Khomeyni à Qom, accompagnant son professeur, le Grand Ayatollah ‘Abd al-Karîm Hâ’erî Yazdî.

1925 Rezâ Khân, qui avait dirigé le coup d’état de 1920, prend la couronne royale, mettant ainsi fin à la dynastie Qâdjâre et inaugurant le règne des Pahlavi qui durera jusqu’à la victoire de la Révolution islamique en 1979.

Arrivée à Qom de l’Ayatollah Muhammad ‘Alî Shahâbâdî : l’Imam Khomeyni devient son élève en gnose* jusqu’au départ de ce maître en 1936. A peu près en même temps, il commence à faire des cours d’éthique spirituelle et de philosophie. De 1929 à 1944, l’Imam Khomeyni rédige l’essentiel de son œuvre spirituelle et gnostique (voir C. Bonaud, L’Imam Khomeyni, un gnostique méconnu du XXe siècle).

Interdiction du port du voile islamique par Rezâ Khân : ce fut en fait la plus marquante de toute une série de mesures antireligieuses, parmi lesquelles on peut encore citer l’interdiction de l’habit clérical, la sévère restriction des commémorations religieuses publiques et l’instauration d’un calendrier comptant à partir des débuts de l’antique empire perse et non plus à partir de l’hégire du Prophète* Muhammad.

Suite à l’occupation de l’Iran par les Alliés, Rezâ Khân Pahlavi est déposé et exilé. C’est son fils aîné, Muhammad Rezâ, qui prend sa place. Rezâ Khân mourra en exil à Johannesburg en 1944.

Fondation du parti communiste Toudeh*.

A l’occasion de la parution d’un pamphlet anticlérical, l’Imam Khomeyni suspend ses cours de philosophie pour rédiger une réfutation qui constitue en quelque sorte sa première intervention publique à caractère politique. Environ à la même époque, il commence à enseigner au plus haut niveau (dars khâridj) le droit musulman et ses fondements (fiqh* et uùûl) et à rédiger des livres et épîtres en ces domaines. Ses leçons compteront vite parmi les plus importantes et les plus suivies de la ville de Qom.

1951-1952 : Plusieurs fois élu député, Mossadegh, fondateur et pilier du parti nationaliste Djebhe-ye mellî, fait passer la loi de nationalisation du pétrole et devient premier ministre. Il se retire ensuite en raison de profonds désaccords avec le Shah*, mais un mouvement populaire le rappelle au pouvoir, ce qui amènera le Shah à chercher refuge à l’étranger.

19 août : Après la fuite du Shah*, un coup d’Etat commandité par la CIA renverse Mossadegh, qui est arrêté, et remet le Shah sur son trône. Son règne se fera dès lors de plus en plus écrasant et dictatorial en même temps que l’impérialisme américain se fera de plus en plus omniprésent et tout puissant.

Fondation de la tristement célèbre SAVAK.

Le Shah* promulgue, sous le nom de « révolution blanche », un ensemble de lois qui n’ont d’autre but que de renforcer son pouvoir et de favoriser l’impérialisme américain. Suite à ses interventions pour dénoncer ces lois et en dévoiler la véritable nature, l’Imam Khomeyni est arrêté. Des manifestations ont alors lieu dans plusieurs villes d’Iran et sont réprimées dans le sang par les troupes du Shah. Ces événements, et plus particulièrement le massacre du 15 khordâd 1341 hs./5 juin 1962, marquent un tournant dans l’histoire de l’Iran contemporain en consacrant le leadership de l’Imam Khomeyni : ils peuvent donc être considérés comme le point de départ de la Révolution islamique.

Octobre : Des décrets impériaux garantissent une immunité légale aux ressortissants américains pour toute infraction commise sur le territoire iranien. L’Imam intervient vigoureusement pour dénoncer cette violation de la souveraineté et de l’indépendance iraniennes : il est alors à nouveau arrêté puis, le 4 novembre, il est envoyé en exil, en Turquie d’abord, puis à Nadjaf, en Irak, où il résidera jusqu’aux débuts de la révolution en 1978. L’idée du Shah, en reléguant l’Imam Khomeyni à Nadjaf, était que son rayonnement serait dominé du fait de la présence en cette ville sainte des plus grandes autorités religieuses shiites. En fait, de par son enseignement et ses compétences, l’Imam deviendra une personnalité de premier plan de cette capitale religieuse et, plus important encore, son influence et sa popularité en Iran ne feront que croître. Ses messages et prises de positions politiques continueront, malgré de hauts risques, à être régulièrement reproduits et diffusés dans la clandestinité.

Suite à la mort de Moùxafâ Khomeyni, fils aîné de l’Imam Khomeyni exilé avec lui en Irak, et à des articles de presse offensants et injurieux commandités par l’appareil du Shah pour discréditer l’Imam, des troubles se déclenchent en Iran, qui ne font que croître en réaction à la violence avec laquelle ils sont réprimés. En septembre 1978, le Shah demande au régime irakien d’expulser l’Imam.

Octobre : Après un refus du Koweït de l’accueillir, l’Imam se rend en France, à Neauphle-le-Château dans la banlieue parisienne, d’où il guidera la révolution par ses interventions diffusées par les médias et par cassettes.

16 janvier : Fuite précipitée du Shah qui laisse le gouvernement à Chapour Bakhtiar.

1er février : Retour triomphal de l’Imam Khomeyni en Iran après quinze ans d’exil.

11 février (22 bahman 1357hs.) : Victoire définitive de la Révolution islamique. Ce jour devient la fête nationale de la République islamique d’Iran.

18 février : Rupture des relations diplomatiques avec Israël et expulsion des vingt-deux derniers représentants israéliens restés en Iran.

4 novembre : Occupation par des « étudiants dans la ligne de l’Imam » du véritable « nid d’espion » qu’était l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Décembre : L’Imam commence à la télévision une série de commentaires gnostiques* du Coran qu’il sera malheureusement amené à interrompre presque aussitôt au mois de janvier suivant.

26 décembre : Invasion de l’Afghanistan par l’URSS.

Premières élections véritablement démocratiques de l’histoire de l’Iran : présidentielles en janvier et parlementaires en mars. Depuis lors, conformément à la constitution, le Président de la république et le Parlement seront renouvelés au suffrage universel, avec une large participation des femmes en tant que candidates (pour le Parlement) et en tant qu’électrices.

Avril : Une expédition de commandos américains héliportés ayant pour mission de libérer le personnel du nid d’espion retenu en otage échoue lamentablement — et de manière tout à fait miraculeuse — dans les étendues désertiques des environs de Xabas (Khorâsân). Le 25 avril, les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l’Iran.

Septembre : Coup d’état militaire en Turquie.

22 Septembre : Entrée surprise des troupes irakiennes en Iran, imposant à la République islamique une guerre de légitime défense qui durera huit ans.

Juin : Après que le premier Président de la république, Abol Hassan Bani Sadr, élu en janvier 1980, ait été destitué par le Parlement, de nouvelles élections présidentielles sont organisées et Muhammad ‘Alî Radjâ’î est élu Président.

Bani Sadr rejoint clandestinement la France en compagnie de Massoud Radjavi, chef du mouvement des Moudjahidines du peuple qui se lancent dans de vastes et impitoyables opérations terroristes sur le territoire iranien en même temps qu’ils trahissent leur pays en coopérant avec le régime de Saddam Hussein et en installant leurs bases en Irak.

Parmi les nombreux attentats perpétrés par divers groupes d’opposants, dont surtout les Moudjahidines du peuple, deux en particulier, dirigés contre le siège du Parti de la République Islamique (28 juin) et contre le Premier ministère (30 août), font tomber en martyrs certains des plus hauts responsables iraniens — dont le Président de la république, le premier ministre, dix autres ministres et vice-ministres et vingt députés — et décapitent littéralement le régime. Malgré ces coups, la République islamique est suffisamment bien établie et populaire pour pouvoir, sans le moindre recours à l’armée ou à un quelconque état d’urgence, maintenir le calme et organiser de nouvelles élections présidentielles.

L’envahisseur irakien est repoussé hors du territoire iranien. La guerre se poursuit ensuite sur le territoire irakien, mais toujours pour des raisons de défense, en particulier pour empêcher les tirs et bombardements irakiens sur l’Iran et les activités des terroristes et traîtres Moudjahidines du peuple.

6 juin : Invasion du Liban par les Israéliens. C’est dans le cadre de la résistance à cette invasion qu’apparaît et se développe le Hezbollah, mouvement shiite qui suit la ligne de l’Imam Khomeyni.

Dissolution du parti communiste Toudeh suite à la découverte de ses activités d’espionnage au profit de l’Union soviétique.

1982-1983 : Rédaction de la partie principale du testament de l’Imam Khomeyni, lequel ne sera connu qu’après sa mort en 1989.

31 juillet (4 dhû l-hidjdja 1407 hl.) : Massacre de pèlerins iraniens à La Mecque par les forces saoudiennes.

14 février : Décret de l’Imam Khomeyni condamnant Salman Rushdie à mort, en application d’une loi admise unanimement par toutes les écoles juridiques de l’islam.

16 mars : Bombardement chimique de la ville kurde de Halabja par les forces irakiennes. Ce bombardement fut le premier auquel la communauté internationale ait timidement réagi — du fait qu’il touchait cette fois des populations kurdes —, mais il s’inscrivait en réalité dans le prolongement d’une longue série d’utilisation des armes chimiques par l’Irak, utilisation couverte — comme toutes les autres violations de la convention de Genève par l’Irak — par un constant silence des grandes puissances et de leurs « organisations internationales ».

2 juillet : Les forces navales américaines présentes dans le Golfe persique abattent un avion civil iranien de passagers assurant la liaison régulière Téhéran-Dubayy et prétendent l’avoir pris pour un avion de guerre.

20 juillet : A l’occasion de l’anniversaire du massacre de La Mecque, discours de l’Imam annonçant l’acceptation par l’Iran de la résolution 598 de l’ONU, mettant ainsi fin à la guerre imposée par l’Irak à l’Iran. Le cessez-le-feu sera effectif au mois d’août.

31 décembre : L’Imam Khomeyni envoie au Président Gorbatchev une lettre qui restera fameuse. Elle est transmise à ce dernier par une délégation iranienne le 3 janvier 1989.


Table des matières

Présentation_______________________________ 5

Testament politico-spirituel
de l’Imam Khomeyni

Prologue_________________________________ 17

Corps du testament________________________ 24

1. La Révolution islamique est un cadeau de Dieu 24

2. Préserver de toutes ses forces le dépôt confié par Dieu 24

a) Le secret de la survie de la Révolution islamique 24

b) La vaste propagande pour désespérer les peuples de lislam 24

c) Les rumeurs comme quoi la République islamique na rien fait pour le peuple 24

Lépopée du peuple dIran__________________ 24

Opposants, réfléchissez et comparez_________ 24

Musulmans, appréciez la grâce de cette Révolution à sa juste valeur 24

d) Le plan visant à séparer le clergé du peuple___ 24

e) Le plan visant à occidentaliser les pays colonisés 24

Ayez à cœur de mettre un terme à la dépendance 24

f) La mainmise étrangère sur les centres déducation 24

g) La participation aux élections et les qualités que doivent avoir les élus 24

Occuper une fonction est une responsabilité et une épreuve 24

h) La justice et le pouvoir judiciaire_____________ 24

i) Recommandations aux hawza-s______________ 24

j) Recommandations au pouvoir exécutif_________ 24

Que les musulmans du monde soccupent eux-même de réaliser leur but 24

Recommandations au ministère de lorien­tation islamique 24

k) Les universités et les centres denseignements_ 24

l) Les forces armées_________________________ 24

m) Les médias_____________________________ 24

n) Recommandations aux opposants de tous bords 24

Recommandations aux musulmans et aux intellectuels pro-occidentaux 24

o) Lislam nest daccord ni avec le capi­ta­lisme ni avec le communisme 24

Soccuper des déshérités___________________ 24

p) Recommandations aux clercs qui sopposent à la République islamique 24

q) Déshérités du monde entier, prenez votre droit sans attendre quon vous le donne 24

r) Le sublime objectif de la Révolution islamique__ 24

Adieux de lImam à son peuple_____________ 24

Post-scriptum___________________________ 24

Lexique__________________________________ 24

Chronologie_______________________________ 24

 


« Notre cher peuple dévoué corps et âme à l’islam et au Coran est fier de suivre une école qui veut sauver des tombes et des cimetières les vérités d’un Coran qui, d’un bout à l’autre, parle d’unité entre les musulmans, et même entre les humains ; le sauver en tant que plus grand texte venu délivrer l’homme de tous les liens qui enserrent ses pieds, ses mains, son cœur et son intelligence et qui l’entraînent à l’annihilation, au néant, à l’asservissement et à l’assujettissement…

Nous sommes fiers que les femmes soient présentes sur les terrains culturels, économiques et militaires, et actives à pied d’égalité avec les hommes, ou mieux qu’eux, pour que se réalisent le règne de l’islam et les objectifs du Noble Coran… Elles se sont libérées avec courage et engagement des privations que leur avaient imposées, ou plutôt qu’avaient imposées à l’islam et aux musulmans, les manigances des ennemis et l’ignorance des amis quant aux prescriptions de l’islam et du Coran…

Il me faut encore préciser que le testament politico-religieux de votre serviteur n’est pas seulement destiné au peuple iranien, mais qu’il est une recommandation faite à tous les peuples musulmans et aux opprimés du monde entier, de quelque nationalité et religion qu’ils soient. »

Rûh Allâh Khomeyni



[1]. Les mots marqués d’une astérisque sont expliqués dans le lexique.

[2]. Cf. Lisân al-‘arab : وجده ضعيفا فركبه بسوء.

[3]. Entretien de l’Imam Khomeyni avec le journal français VSD (Paris, Neauphle-le-Château, 7.10.1357hs./28.12.1978) — dqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqdqdqdq%> v.4 p.110.

[4]. Les mots marqués d’une astérisque, de même que ceux en italique, sont expliqués dans le lexique.

[5]. Le mot thiql (ou, selon une autre lecture, thaqal), qui a été traduit ici par “Trésor”, comporte les sens de “chose précieuse et protégée”, “chose de poids ou d’importance”, “lourd héritage”, “dépôt de valeur”, etc. (cf. Lisân al-‘arab). Le “Bassin” (haw*) du Prophète* est une réalité eschatologique admise par tous les musulmans.

Ce hadith est d’une importance tout à fait spéciale à plusieurs titres, le premier étant qu’il est unanimement reconnu par tous les musulmans, tant sunnites que shiites, comme étant un propos authentique transmis par de multiples chaînes de garants dignes de foi (ùahîh mutawâtir), ce qui en fait un des hadiths les mieux attestés de toute la tradition islamique.

Une liste des références de ce hadith occuperait plus d’une page et l’on ne pourrait les citer ici sans se montrer ennuyeux. On se contentera donc d’évoquer les sources sunnites les plus importantes :

Muslim, Sahîh, K. fa*â’il aù-ùahâba, bâb fa*â’il ‘Alî, had. 36-37 ; Tirmidhî, Sunan, bâb manâqib ahli bayti n-nabî, had. 31 ; Ibn £anbal, Musnad, III/14, 17, 26, 59, IV/366-367, 371, V/181-182 (références prises dans les Concordances de la tradition musulmanes de Wensinck) ; dârimî, Sunan, K. fa*â’ili l-Qur’ân, bâb fa*li man qara’a l-Qur’ân, had.11 ; £âkim Naysâbûrî, Mustadrak ‘alâ ù-dqqqqq>£alab, Maktab al-maxbû‘âti l-islâmiyya, sd., (avec en bas de page le Talkhîs al-mustadrak de Dhababî), III/109, 110, 148, 533 ; Xabarânî, Mu‘djam al-kabîr, éd. £amdî ‘AM. Salafî, Beyrouth, Dâr Ihyâ’i t-turâthi l-‘arabî (offset de l’édition du Caire, Maktaba Ibn Taymiyya, sd.), III/62-64 had. 2678-2681, V/182 had. 5026, V/186 had. 5040, etc. ; Ibn Kathîr, Tafsîr, en commentaire de Coran 42.23 ; etc. Outre le fait qu’il est cité par toutes ces sources sunnites importantes, il faut remarquer que ce hadith n’y est pas rapporté d’une même origine, mais d’après plusieurs compagnons, à tel point que Ibn £adjar ‘Asqalânî a pu écrire dans ses aù-dqqqqq>Abd al-Laxîf, Le Caire, Maktabat al-Qâhira, 1375/1956, p.148 et 226). De plus, en dehors de deux exceptions — à savoir Ibn Taymiyya et Ibn al-Djawzî, qui seront d’ailleurs critiqués pour leur méprise par les savants sunnites postérieurs —, ce hadith a été explicitement déclaré authentique (ùahîh) par tous les grands savants sunnites, y compris de farouches hanbalites comme Dhahabî et son élève Ibn Kathîr (voir Talkhîù al-Mustadrak, en marge du Mustadrak aù-dqqqqq>Bokhârî et de Muslim » (ùahîh ‘alâ sharxi sh-Shaykhayn) ; voir aussi al-Bidâya wa n-nihâya, Beyrouth, Maktabat al-ma‘ârif, 1966, V/209 et le Tafsîr d’Ibn Kathîr en commentaire de Coran 33.33, Beyrouth, Dâr al-ma‘rifa, III/485-486). Dans al-Bidâya wa n-nihâya, Ibn Kathîr situe même ce hadith lors du prône de ghadîr Khumm, ce qui en rend la signification encore plus explicite puisque, après avoir prononcé les phrases précédemment traduites, « le Prophète prit la main de ‘Alî, que Dieu soit satisfait de lui, et dit : « Celui dont je suis le maître (mawlâ), celui-ci est son maître. O mon Dieu, sois l’ami de son ami et l’ennemi de son ennemi » (Bidâya, V/209 et aussi Mustadrak, III/109). Bref, ce hadith s’impose tellement comme hadîth ùahîh mutawâtir aux savants sunnites eux-mêmes qu’ils n’échappent aux conclusions qui en découlent qu’en recourant à des discussions sur le sens de certains de ses termes (‘itra, ahl al-bayt, mawlâ) ou sur l’étendue qu’il faut accorder à la parenté — et l’on trouve déjà cette attitude chez certains des compagnons qui transmettent ce hadith. Par contre, nul ne s’interroge à propos du hadith, fameux parmi les sunnites, selon lequel les deux choses laissées par le Prophète seraient « le Livre de Dieu et ma pratique (sunnatî) », alors que ce hadith n’est attesté dans aucune des six sources sunnites fondamentales (al-kutub as-sitta) et qu’il n’apparaît que dans la Muwaxxa’a de Mâlik et dans la Sîra de Ibn Hishâm — sources anciennes, certes, mais où il apparaît à chaque fois sans la moindre chaîne de transmission (isnâd), ce qui ne devrait en aucun cas lui permettre de faire contrepoids à un hadith transmis par des chaînes détaillées, multiples et authentiques d’après plus de vingt compagnons, cela en ne prenant en compte que les transmissions sunnites. On se retrouve donc devant la situation paradoxale suivante : les populations sunnites ignorent totalement le hadith qui mentionne la famille du Prophète comme étant l’un des deux “trésors”, alors même qu’il est considéré comme authentique et mutawâtir par leurs “grands savants”, et ils lui opposent, lorsqu’on le leur cite, le hadith “du Livre et de la Sunna”, qu’ils considèrent comme des plus solidement établis, alors qu’il n’a pas de réel fondement dans les livres sunnites eux-mêmes.

[6]. Ce court paragraphe a été longuement commenté en Iran en raison de la profondeur de ses implications doctrinales. Nous ne pouvons certes pas les développer ici comme il se doit, mais il faut bien, néanmoins, y faire quelque peu allusion.

Un premier point est que le Prophète Muhammad et les Saints Imams de sa famille sont la « suprême théophanie », autrement dit les lieux en lesquels se manifestent toutes les Perfections divines et par lesquels, par conséquent, Dieu peut être connu.

L’islam rejette totalement la théorie de l’incarnation, parce l’incarnation de Dieu dans le monde voudrait dire que l’Absolu, le Tout, pourrait entrer et être contenu dans une chose limitée, ce qui est évidemment impossible. Par contre, ce qui est possible, et c’est ce que professe la spiritualité islamique, c’est que l’Eclat de l’Absolu apparaisse dans une réalité du monde à la manière dont la lumière du soleil se reflète dans un miroir : de même que le soleil n’est pas lui-même entré dans le miroir, Dieu ne s’est pas incarné en quoi que ce soit dans ce monde, et ainsi il n’est pas porté atteinte à la transcendance divine.

La chose est certes plus complexe que ce que l’on vient de dire, mais il faudrait, pour l’expliquer, de longs développements qui n’ont pas leur place ici, d’autant plus que d’autres points demandent à être expliqués.

En effet, c’est la création tout entière qui, en fait, n’est rien d’autre qu’un éclat du divin rayonnement lumineux de Celui qui est « la Lumière des Lumières » et même, comme le dit le Coran, « Lumière sur lumière » (Coran 24.35), autrement dit la « Lumière transcendante », au-dessus et au-delà de toute lumière. La création tout entière est donc comme un miroir dans lequel se reflète la Lumière divine, et c’est pourquoi le même verset du Saint Coran commence par énoncer que : « Dieu est la lumière des cieux et de la terre ».

Ainsi, chacun des êtres et chacune des choses de la création est un éclat du Rayonnement divin qui manifeste un aspect de la Lumière divine. Chacun de ces aspects de la Lumière divine est alors un Nom divin, en ce sens que chacun de ces aspects ne fait que référer à une Réalité unique qui est Dieu : Il est, Lui, l’unique Nommé, et chaque réalité en laquelle Il se manifeste est l’un de Ses Noms.

Quant aux manques, aux limitations, aux déficiences, bref tous les maux qui se trouvent dans la création, ils ne sont pas en eux-mêmes des manifestations divines : ils sont au contraire les limites de ces manifestations divines ; ils sont ce qui fait que la lumière divine ne brille pas en ce monde de tout son véritable éclat. En effet, si le reflet de la lumière est limité ou terni dans certains miroirs, ce n’est pas dû à un défaut de la lumière, mais à un défaut du miroir. Ainsi, plus un miroir sera parfait, mieux il reflétera la lumière qui se reflète en lui.

Or, parmi toutes les créatures, il n’est pas d’êtres plus parfaits que les Prophètes et les Proches-Amis de Dieu, que la Paix divine soit avec eux tous. Depuis l’aube de l’humanité, ces Prophètes et Amis de Dieu se sont succédés dans le monde et y ont fait briller de la meilleure manière la lumière des Perfections divines, les uns manifestant plutôt la Beauté divine, comme Jésus par exemple, tandis que d’autres, comme Moïse, manifestaient plutôt la Majesté parfois terrible de Dieu.

Quant au Prophète Muhammad, que les Bénédictions divines soient sur lui et les siens, en tant que sceau et héritier de tous les Prophètes qui l’ont précédé, il fut la synthèse de toutes ces manifestations et réunissait donc en lui, de la manière la plus équilibrée, toutes les Perfections de Beauté et de Majesté. Et les Proches-Amis de Dieu issus de sa descendance héritèrent de lui cette synthèse équilibrée de Beauté et de Majesté.

Cette synthèse de la Beauté et de la Majesté divine se manifeste au mieux dans le Livre qui fut révélé au Prophète Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens. Le nom même de « Coran » vient d’une racine arabe dont le sens premier est « unir » et « conjoindre ». C’est ainsi, par exemple, que le Coran conjoint dans une unité indissociable la majestueuse rigueur de la Loi et la splendide beauté de la Voie spirituelle. Et si le Coran présente sous tous les aspects cette qualité d’unité synthétique, c’est parce qu’il constitue, en temps qu’ultime descente de la Parole de Dieu, la conclusion du discours que Dieu adresse à l’homme depuis que l’homme existe : il est la synthèse des paroles divines, synthèse qui manifeste la divine unité de son Auteur et Source. En lui, en Ses ultimes paroles révélées, Dieu Se manifeste dans toute Son unité, avec tous Ses Noms et toutes Ses Perfections de Beauté et de Majesté.

Or, le Coran n’est autre que la réalité intérieure du Prophète, que Dieu le bénisse lui et les siens, de même que le Prophète est la manifestation vivante du Coran. Tout deux ne sont en définitive qu’une seule et même réalité manifestée sous deux formes, une forme vivante et une forme écrite, un Coran qui parle et un autre silencieux, les deux étant inséparables.

Ensuite, après le Prophète, comme il faut bien que le Coran, sous peine de n’être plus que lettre morte, ait un support vivant qui maintienne le Livre en vie, ce sont les véritables Héritiers du Prophète, les Gens de sa Demeure prophétique, les Saints Imams infaillibles de sa famille qui, parce qu’ils étaient les lieux d’apparition de la Beauté et de la Majesté divines, furent les dépositaires du Livre de Dieu « en lequel Son Unité se manifeste avec l’ensemble de Ses Noms ». On comprend alors pourquoi les deux Trésors, le Livre de Dieu et la Sainte Famille du Prophète, ne seront jamais séparés jusqu’au moment de venir rejoindre le Prophète au Jour de la Résurrection : c’est qu’en réalité ils ne peuvent être séparés puisqu’en leur réalité essentielle ils ne font qu’un.

Reste cette phrase mystérieuse, cette phrase dans laquelle, après avoir dit que l’Unité divine se manifeste dans le Livre de Dieu avec l’ensemble des Noms divins, l’Imam Khomeyni ajoute : « même celui que Tu T’es réservé et que nul autre que Toi ne connaît ». Le commentaire de ces quelques mots pourrait nous entraîner fort loin (une étude entière d’une quarantaine de pages a d’ailleurs été consacrée à cette simple phrase par un philosophe disciple de l’Imam, l’Ayatollah Muhammadî Gîlânî, sous le titre de Esm-e mosta’thar dar wasiyyatnâme-ye Emâm-o za‘îm-e akbar ; on pourra aussi trouver des développements en français sur ce thème dans C. Bonaud, L’Imam Khomeyni, un gnostique* méconnu du XXe siècle, p.297-318).

Les questions qui se posent sont les suivantes : d’abord, que peut bien être ce « Nom que Dieu s’est réservé et que nul autre que Lui ne connaît », et ensuite, en quel sens et dans quelle mesure un tel « Nom réservé » peut-il avoir un « lieu de manifestation », car il semble bien qu’alors ce Nom ne serait plus « caché et réservé », mais « apparent et manifeste » ?

Dans la gnose islamique, le terme de Nom réservé, ism musta’thar, a diverses acceptions, qui relèvent toutes du niveaumétaphysique de l’Unité divine (ahadiyya

On a vu que l’on appelait Noms divins tous les aspects du rayonnement de la Lumière divine, pour la raison que c’est par ces aspects que cette Lumière Se manifeste et Se fait connaître. En effet, l’Essence de la Réalité divine reste toujours inconnue et hors d’atteinte en Elle-même : seules Ses manifestations sous les divers aspects du rayonnement de Sa Lumière, c’est-à-dire sous Ses divers Noms, peuvent être connues. Les « Noms réservés » désignent alors, dans un premier sens, tout ce que l’on peut appeler les « possibilités de non-manifestation », c’est-à-dire des réalités qui sont en elles-mêmes possibles, qui ne sont pas de pures impossibilités, mais qui, pour une raison ou pour une autre, ne seront jamais manifestées dans le monde.

Il faut dire à ce propos que ce qui est purement impossible n’appartient pas au domaine de l’existence, car toute chose qui existe est par là même possible ; or, l’impossible ne peut pas être possible : l’impossible ne peut donc pas exister, être quelque chose qui existe. De ce fait, les pures impossibilités ne sont rien du tout et se réduisent au pur néant. Par contre, les possibilités de non-manifestations, en tant qu’elles ne sont pas de pures impossibilités, appartiennent bien au domaine de l’existence, seulement leur existence est uniquement au degré suprême de la Science divine, au degré de la pure Unité (ahadiyya), et elles n’ont aucune part à l’existence manifestée.

Comme elles appartiennent au domaine de l’existence, ces possibilités sont bien des aspects de la Lumière divine, puisque cette Lumière n’est autre que l’Existence en soi : elles sont donc aussi des Noms qui révèlent le Divin, seulement elles ne Le révèlent qu’à Lui-même, pas à autre que Lui. C’est en ce sens que ces Réalités sont des Noms réservés, c’est-à-dire des Noms sous l’aspect desquels seul Dieu Lui-même Se connaît Lui-même.

Les Noms réservés désignent par ailleurs toutes les possibilités de manifestations, mais en tant qu’elles sont envisagées au niveau de la pure Unité divine (ahadiyya), c’est-à-dire à l’état où elles sont encore non-manifestées, même si elles ont part, elles, à la manifestation. A ce degré, en effet, elles sont bien inconnues d’autre que Dieu et, en ce sens, elles sont encore des Noms sous lesquels seul Dieu Lui-même Se connaît Lui-même.

Ces Noms réservés sont donc ce que chaque réalité est au niveau de la pure Unité divine. Il s’agit là d’une relation directe et exclusive que toute chose a avec Dieu, que toute existence a avec l’Existence absolue, sans passer par la chaîne des causes et des effets. C’est à cette relation que fait allusion l’Imam dqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqdqdqdqdqqqqqdqdqdq%>, had.4).

Voici ce que l’Imam Khomeyni écrivit dans un de ses traités gnostiques* à propos de cette relation des choses avec Dieu par leur Nom réservé :

« C’est une relation exclusive entre l’Unité divine et les choses par leur secret existentiel […] et nul ne connaît la nature de cette relation occulte relevant de l’Unité. Plus encore : c’est la relation entre les Nomsréservés et les lieux d’apparition réservés, car, selon nous, les Noms réservés ont des lieux d’apparition et il n’y a absolument aucun Nom qui soit sans apparition, mais son apparition est réservée dans Son savoir occulte. » (Ta‘lîqât ‘alâ Sharh Fuùûsi l-hikam, p. 26-27).

Il y a en effet un secret caché au cœur de toute existence, même la plus déterminée. Ainsi, même les corps nous restent totalement inaccessibles en eux-mêmes : on connaît un corps par sa taille, sa couleur, sa consistance, etc., mais rien de tout cela n’est le corps lui-même. Ce ne sont là que des accidents de ce corps, des accidents d’ailleurs susceptibles de se modifier : le corps en lui-même nous échappe totalement. Si l’on y prête attention, c’est bien là ce que pourrait signifier le verset 7 de la sourate 30 qui dit : « Ils connaissent une apparence de la vie de ce monde (vâhiran min al-hayâti d-dunyâ) » et non pas « l’apparence de la vie de ce monde ».

Ce n’est donc pas que certains états de l’existence, dits matériels ou sensibles, seraient totalement apparents et que d’autres états, dits spirituels ou suprasensibles, seraient complètement cachés : tous les niveaux de l’existence, même le plus matériel de tous, comportent en eux-mêmes un aspect apparent et un aspect caché. De même que la suprême Unité divine reste toujours cachée sous le voile de Ses Noms, de même l’existence manifestée n’apparaît jamais et reste toujours cachée sous le voile de ses accidents, qui sont ses noms et attributs.

Les accidents sont ainsi le reflet des Noms divins en ce monde ; quant à l’existence manifestée que ces accidents recouvrent et, en même temps, révèlent, elle est en ce monde le reflet et le lieu de manifestation du « Nom réservé », autrement dit du degré de l’Unité divine elle-même.

Mais si, comme on vient de le voir, l’Unité a une apparence réservée au cœur de toutes les manifestations, pourquoi l’Imam Khomeyni a-t-il présenté dans son testament cette manifestation comme une caractéristique du Coran et de ses dépositaires, les Gens de la Demeure prophétique ?

C’est qu’en chaque chose, toute « apparition réservée » n’est que l’apparition du Nom réservé qui lui est propre, autrement dit de la « face » et du « visage » de l’Unité divine qui est tourné vers cette chose, et qui est aussi le visage de cette chose tourné vers l’Unité. Le Coran, par contre, en tant qu’ultime synthèse de la Parole divine, est pleinement et par excellence cette « apparence et ce reflet réservés », parce que l’Unité est sa réalité essentielle et qu’il en est la pleine manifestation.

Si tous les Noms réservés et leurs lieux d’apparitions sont autant de « secrets divins », le Coran est, lui, le « Secret des secrets », le « Secret de Dieu » avec un grand S. Au niveau de l’Unité (ahadiyya), il est l’Unité elle-même, il est le « Nom réservé » synthèse de tous les « Noms réservés ». Et au niveau de sa manifestation dans le monde, il est la pleine manifestation de l’Unité, pleine manifestation de tous les Noms divins, mais aussi, en son cœur, « pleine manifestation réservée » du « Nom réservé que seul Dieu Lui-même connaît ».

Quant aux Gens de la Demeure prophétique, qui sont en chaque époque les dépositaires du Coran et qui ne font qu’un avec lui en leur réalité profonde, ils sont les dépositaires du « Secret des secrets » et ils sont ainsi le Sanctuaire suprême, le lieu où est déposé ce que Dieu a de plus précieux. Ils l’ont d’ailleurs explicitement déclaré : « Nous sommes le lieu où est déposé le Secret de Dieu (maw*i‘u sirri llâh [...] et nous sommes le Sanctuaire suprême de Dieu (haramu llâhi l-akbar) », disait l’Imam dqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqdq%>..., had. 3).

Les Gens de la Demeure prophétique sont donc bien, comme l’écrit l’Imam Khomeyni dans son testament, ceux « qui recèlent les secrets de Ton Livre en lequel l’Unité se manifeste avec l’ensemble de Tes Noms, même celui que Tu T’es réservé et que nul autre que Toi ne connaît ». Par ailleurs, comme en leur réalité essentielle ils ne font qu’un avec le Livre de Dieu, ils sont aussi eux-mêmes le Secret de Dieu, la « manifestation réservée du Nom réservé » : ils sont ce Secret manifesté au cœur du monde, et ils sont aussi ce secret au cœur de toute chose.

Le verset 8 de la sourate 64 parle des fidèles en disant : « Ils ont eu foi en Dieu, en Son messager et en la lumière qu’Il a fait descendre ». Cette lumière que Dieu a fait descendre, c’est bien sûr le Coran, le Livre révélé. Mais, en raison de l’identité essentielle du Livre de Dieu et de ses dépositaires, cette lumière est aussi et surtout l’Imam héritier du Prophète, l’Imam qui est en chaque temps le « Coran qui parle », la Parole de Dieu vivante et vivifiante qui donne vie aux cœurs et au Livre muet.

Dans un hadith, le cinquième Imam, Muhammad Bâqir, que la Paix soit avec lui, commente ce verset pour l’un de ses compagnons, Abû Khâlid, en soulignant l’importance de ses propos par des serments répétés :

« Ô Abû Khâlid, j’en jure par Dieu, la lumière ce sont les Imams de la famille de Muhammad, que Dieu le bénisse lui et les siens, jusqu’au Jour de la résurrection : ils sont, j’en jure par Dieu, la lumière de Dieu qu’Il a fait descendre ; ils sont, j’en jure par Dieu, la lumière de Dieu dans les cieux et sur terre.

J’en jure par Dieu, ô Abû Khâlid, la lumière de l’Imam dans le cœur des fidèles est plus intense que le soleil brillant au cœur du jour; j’en jure par Dieu, ce sont eux qui illuminent les cœurs des fidèles ; Dieu, Tout-Puissant et Majestueux, voile leur lumière à qui Il veut et leurs cœurs s’enténèbrent.

J’en jure par Dieu, ô Abû Khâlid, nul serviteur n’a pour nous amour et attachement intime sans qu’ensuite Dieu ne purifie son cœur, et Dieu ne purifie pas le cœur d’un serviteur sans qu’ensuite il ne s’abandonne à nous et ne soit paix pour nous ; et lorsqu’il est paix pour nous, Dieu le préserve d’un compte serré et le met à l’abri de la grande terreur du Jour de la résurrection. » (Uùûl al-Kâfî, I/194, K. al-hudjdja, bâb anna l-a’imma…, had.1).

[7]. On a traduit par « Royaume » et « Empire » les termes arabes mulk et malakût, qui font partie de la terminologie de la gnose islamique. Le mulk désigne le monde sensible, qui est le « Royaume de ce monde », tandis que le malakût désigne le monde suprasensible, qui est « l’Empire de l’autre monde », « l’Empire » qui s’étend au-delà de nos sens et de notre perception. Contrairement au Royaume de ce monde, qui n’est qu’un des degrés de l’Univers, l’Empire suprasensible recouvre de nombreux degrés, depuis ceux qui sont les plus proches de ce monde jusqu’aux degrés les plus spirituels, qui touchent au monde divin (lâhût). C’est pourquoi, lorsqu’on évoque cet Empire suprasensible, on précise parfois si l’on veut parler de ses degrés inférieurs, qui relèvent pour l’essentiel du domaine des forces psychiques, ou de ses degrés supérieurs et purement spirituels. Mais même ces degrés immatériels supérieurs font encore partie du monde créé. Au-delà encore se trouve le lâhût, le domaine purement et absolument métaphysique et incréé, qui est proprement le « Domaine divin ». Les gnostiques* établissent encore à l’intérieur de ce Domaine divin des distinctions de degrés qui sont, non pas des degrés de mondes extérieurs, mais des degrés de manifestation purement internes au Principe de l’existence : des degrés qui sont la manifestation de Dieu Lui-même à Lui-même en Lui-même et par Lui-même. Et l’on comprend alors que l’Imam Khomeyni parle de ces degrés comme de « ce qui dépasse ma compréhension et la vôtre ».

[8]. Le Trésor suprême et le grand Trésor désignent respectivement le Coran et les Gens* de la Demeure prophétique.

[9]. Dans la gnose* islamique, la multiplicité désigne toute la chaîne des existants, matériels et immatériels, et l’Un désigne l’Essence divine, qui est le Principe de toute existence. Le point de jonction entre le multiple et l’Un est un « entre-deux » métaphysique, intermédiaire pour la manifestation de la multiplicité à partir de l’Un et pour la réintégration de cette multiplicité dans l’Un.

[10]. Voir la note 5 p.17.

[11]. Assassiné en 61/693, soit moins de 50 ans après la disparition du Prophète, que Dieu le bénisse lui et les siens.

[12]. C’est-à-dire les Gens de la Demeure prophétique, dépositaires du Coran et de la science du Prophète, que les Bénédictions et la Paix divines soient sur eux tous.

[13]. Référence au verset coranique « Il apprit à Adam tous les noms » (Coran 2.31). Si cette connaissance synthétique, réservée à l’être humain parmi toutes les créatures, n’avait pas été donnée à Adam, il n’aurait pas été apte à devenir le Lieu-tenant de Dieu sur terre.

[14]. La secte wahhabite fut fondée, sous l’impulsion du colonialisme anglais, par Muhammad fils de ‘Abd al-Wahhâb Nadjdî (12e-13e s. hl./19e s.). Selon les wahhabites, toutes les écoles islamiques sunnites et shiites sont mécréantes, polythéistes et idolâtres : la vénération de la tombe du Prophète* et des Imams* sont pour eux de l’idolâtrie. En profitant de richesses qui sont le bien des musulmans, les wahhabites font une propagande très active et se font en réalité les agents exécuteurs des plans destructeurs des superpuissances.

[15]. L’oraison intime du mois de sha‘bân (munâdjât sha‘bâniyya) est peut-être la seule invocation dont il est rapporté que tous les Imams étaient assidûment attachés à sa récitation. Pour cette raison, l’Imam Khomeyni insistait souvent sur son importance et citait fréquemment certains de ses passages pour illustrer la profondeur de la gnose* des Imams.

[16]. ‘Arafât est le lieu situé près de La Mecque où tous les pèlerins sont rassemblés le neuvième jour du mois lunaire de dhû l-hidjdja pour accomplir le Pèlerinage, dont la station en ce Saint lieu est le point culminant. L’invocation rapportée de l’Imam £usayn pour ce jour et cette station est un autre exemple de la richesse et de la profondeur des invocations et oraisons laissées par les Imams, dont on peut dire qu’elles contiennent la synthèse de leur enseignement, en particulier tout ce qui relève de la gnose* et de la spiritualité.

[17]. L’Imam Sadjdjâd, qui a succédé à son père, l’Imam £usayn, après le massacre de Karbalâ, vécut des conditions on ne peut plus difficiles, semblables, laissait-il entendre, à celles des Fils d’Israël sous le joug de Pharaon. N’ayant pas la possibilité d’enseigner et de guider ouvertement et publiquement, son enseignement s’est presque tout entier fait par le contenu de ses nombreuses et magnifiques invocations. Au premier recueil, transmis très anciennement, des savants ont rajoutés des recueils complémentaires réunissant les invocations de cet Imam qui étaient éparses. L’ensemble constitue une véritable encyclopédie de vie islamique qui a été, tout au long de l’histoire, une source inépuisable d’inspiration pour ceux qui étaient en quête de la Voie de vérité. Par ailleurs, la puissance et la fécondité de cet enseignement divin ne réside pas que dans son contenu : son expression est aussi d’une exceptionnelle et fort émouvante beauté, et c’est pour cela que l’on a donné à ce recueil le nom de Psaumes, du nom du Livre qui fut révélé au Prophète* David.

[18]. Contrairement à ce que certaines personnes malintentionnées envers la famille du Prophète* et leurs fidèles voudraient laisser entendre, le recueil de Fâxima* n’est pas du tout un « Coran spécial », mais un recueil contenant le récit d’événements à venir, en particulier ceux qui la concernent elle et sa descendance, événements dont l’Ange Gabriel venait lui faire le récit et que l’Imam ‘Alî* consignait par écrit. D’après certains hadiths*, ce recueil — qui n’est pas entre nos mains et que seuls les Imams et certains de leurs proches compagnons ont vu — serait trois fois plus volumineux que le Coran.

[19]. Chrétien syrien, fondateur de l’idéologie national-socialiste du parti Baath actuellement au pouvoir en Irak.

[20]. Ce testament a été rédigé entre 1982 et 1983 et il a été lu à la mort de l’Imam, en 1989. A cette époque, dqdqdqqqqqdqaddâm £usayn envahira le Koweït, venant ainsi confirmer la perspicacité de l’Imam Khomeyni, qui fut aussi particulièrement illustrée par sa lettre à Gorbatchev.

[21]. Référence au verset 2.257.

[22]. Voir l’article Karbalâ du lexique.

[23]. Qui s’est littéralement « appropriée » l’Arabie au point de la qualifier de « saoudite ».

[24]. Région de la péninsule arabique où se trouve La Mecque et Médine.

[25]. Ville de l’Irak dont l’Imam ‘Alî avait fait sa capitale.

[26]. Sourate 9.

[27]. Le mot qibla s’applique en propre à l’orientation rituelle vers La Mecque pour la Prière. Métaphoriquement, être la « qibla du monde », c’est en être le centre vers lequel tous s’orientent.

[28]. La constitution de la République islamique réserve en effet un certain nombre de sièges aux diverses minorités religieuses — chrétiens arméniens, assyriens et chaldéens, juifs et zoroastriens — en fonction de leur importance numérique. Il est évident que si ces minorités devaient voter dans le cadre du scrutin commun sans avoir de siège réservé, elles ne pourraient jamais avoir de représentant s’exprimant en leur nom au Parlement. Une telle place faite aux minorités religieuses est un modèle dont feraient bien de s’inspirer les démocraties occidentales qui n’accordent pas la moindre place à leurs minorités religieuses, alors qu’elles sont souvent bien plus importantes, proportionnellement, que celles d’Iran. Pour ne parler que de la France, plus de deux millions de musulmans français n’ont aucun moyen de faire entendre leur voix à l’Assemblée, tandis que les quelque cent vingt mille chrétiens iraniens disposent de plusieurs sièges de député à l’Assemblée islamique.

[29]. L’article 109 concerne les conditions que doivent remplir le Guide ou les membres du Conseil de Guidance ; l’article 110 précise leurs devoirs et prérogatives.

[30]. Dans la terminologie du droit musulman, le wâdjib kifâ’î ou « obligation collective » (par exemple, l’obligation d’accomplir les rites funéraires pour un musulman défunt) incombe à la communauté musulmane dans son ensemble : dès lors que certains musulmans s’en acquittent, les autres en sont déchargés ; mais tant que l’obligation n’est pas accomplie, nul ne peut se considérer comme n’étant pas responsable. Par contre, le wâdjib ‘aynî ou « obligation individuelle » (par exemple, l’obligation d’accomplir la Prière rituelle) s’impose de manière individuelle à tout musulman qui en remplit les conditions et cette personne n’en est pas déchargée tant qu’elle ne s’en est pas acquittée.

[31]. Le paniranisme est un mouvement nationaliste prônant la réunification de tous les peuples iraniens.

[32]. Les « Milices Iraniennes des Fedayines du Peuple » étaient un groupe marxiste célèbre qui, après la victoire de la révolution islamique, se lança dans des activités terroristes et antirévolutionnaires. Les antécédents de ce groupe remontent à 1966, lorsqu’un groupe d’étudiants marxistes opta progressivement pour le maoïsme et projeta d’instaurer de manière expéditive le socialisme en Iran. Mais en dépit d’opérations terroristes contre les dignitaires du régime du Shah*, la base sociale de ce groupe resta confinée aux étudiants laïcs et gauchistes et ne parvint pas à trouver une assise populaire.

[33]. Ce qui permet de déterminer que cette première partie du testament a été rédigée en 1360 hs./1982 (trois ans après la victoire de la Révolution en bahman 1357 hs./ février 1979). La rédaction du testament a donc dû s’étendre sur environ un an, puisqu’il est daté de bahman 1361 hs./février 1983.

[34]. Cette recommandation peut à première vue paraître en contradiction avec certaines formulations particulièrement tranchées du prologue. Il n’en est rien, en réalité : les unes sont une prise de position idéologique que le Guide de la Révolution se doit d’exprimer clairement, tandis que l’on a ici une recommandation faite au Ministre des affaires étrangères, lequel dirige la diplomatie du pays. On rapporte qu’un jour un ministre des affaires étrangères avait fait des déclarations publiques fort dures à l’égard des dirigeants d’un pays avec lequel l’Iran entretenait des relations diplomatiques. L’Imam Khomeyni le lui reprocha et ce ministre lui fit alors remarquer que lui-même avait parlé peu avant des mêmes dirigeants en des termes encore plus durs. L’Imam lui expliqua alors que, précisément, ils n’avaient pas les mêmes fonctions et que chacun devait s’exprimer et agir selon ce qu’exigeait sa fonction.

[35]. Expression qui se retrouve à deux reprises dans le Coran : « Ceux qui prennent pour amis Dieu, Son Messager et ceux qui ont la foi, c’est le parti de Dieu, en vérité, qui seront les gagnant. » (Coran 5.56) ; « Tu ne trouveras pas de gens ayant foi en Dieu et au Jour dernier qui éprouvent de l’affection pour ceux qui défient Dieu et Son Messager, même s’il s’agit de leurs pères, de leurs fils, de leurs frères ou de leur parentèle. Ceux-là, Dieu a inscrit la foi en leurs cœurs et les a confortés d’un esprit de Sa part : Il les fera entrer dans des Paradis sous lesquels coulent les ruisseaux où ils resteront immortels. Dieu est satisfait d’eux et ils le sont de Lui. Ceux-là sont le parti de Dieu : or ça, c’est le parti de Dieu, en vérité, qui sont les bienheureux. » (Coran 58.22). Ces versets excluent explicitement du parti de Dieu les musulmans qui ne sont pas solidaires des autres fidèles de même que ceux qui s’entendent avec les ennemis de Dieu et pactisent avec les mustakbirîn*. C’est en ce sens large qu’il est le plus généralement entendu par l’Imam Khomeyni, et il ne désigne alors aucune organisation structurée.

[36]. Amol est une ville du nord de l’Iran, au bord de la mer Caspienne. Aux débuts de la République islamique, une cinquantaine d’hommes en armes appartenant à un groupe maoïste tentèrent de prendre le contrôle de cette ville, pensant que la population se joindrait à eux. Contrairement à leur attente, la population résista et, après plusieurs heures de violents combats dans lesquels de nombreux civils, femmes et enfants périrent, tous les assaillants furent arrêtés ou tués.

[37]. Ce célèbre savant religieux de la période constitutionnelle*, qui fut élu député de Téhéran à la seconde Assemblée, tint tête sans faillir à Rezâ* Khân jusqu’à ce que ce dernier le fasse arrêter, exiler, puis finalement étrangler dans sa prison au mois de Ramadan 1937.

[38]. Le 14 esfand 1359 / 4 mars 1980, de violents affrontements eurent lieu à l’université de Téhéran entre le Hezbollah et les soi-disant « Moudjahidines du Peuple ».

[39]. Ici, l’Imam Khomeyni inséra une remarque précisant que « la partie déchirée [de cette page] l’a été de mes propres mains ».

[40]. Pour les « périodes anciennes », on peut citer le perse Mazdak (mort environ en 529), qui prêchait « la communauté totale des biens et des femmes ». Pour des périodes plus récentes, il suffira d’évoquer les « mœurs phanérogames », autrement dit le « libre exercice de toutes les formes d’amour », que Fourier (1772-1837) prônait dans son Nouveau monde amoureux (Voir, entre autres, les article Fouriérisme, Mazdak, Sassanides et Utopie de l’Encyclopædia Universalis).

[41]. Le khums est un impôt islamique d’une importance considérable pour la vie de la communauté musulmane, mais seuls les shiites l’ont conservé. Il est prescrit par le verset 41 de la sourate 8, qui énonce : « Sachez que de tout profit que vous faites, le cinquième revient à Dieu, au Messager*, au proche parent, aux orphelins, aux miséreux et au [voyageur démuni], fils du chemin ».

Les hadiths précisent que ce « cinquième » doit être payé sur sept catégories de biens, avec des conditions propres à chaque catégorie : 1. les prises de guerre ; 2. les minerais (dont le pétrole) ; 3. les trésors, c’est-à-dire tout bien enfoui qui a été découvert ; 4. les produits précieux tirés de la mer (perles, coraux, etc.) ; 5. les biens licites mêlés à des biens illicitement acquis, lorsque l’on ne peut les distinguer et que ni la valeur ni le propriétaire légitime des biens illicitement acquis ne sont connus (payer le khums sur ces biens a pour effet de les purifier et de les rendre entièrement licites) ; 6. les terres achetées à un musulman par un non musulman vivant sous la protection de l’islam (dhimmî) ; 7. le surplus de biens restant après les frais et dépenses de l’année (cette catégorie étant celle qui touche la majorité des gens concernés par le khums).

Conformément à ce qu’énonce le verset ci-dessus, le khums est constitué de six parts dont trois (celles de Dieu, du Messager et du proche parent) reviennent à l’Imam* de chaque temps — actuellement l’Imam Mahdî*, que Dieu hâte sa réapparition —, tandis que les trois autres parts (celles des orphelins, des miséreux et du fils du chemin) reviennent aux pauvres de la famille du Prophète (qui ne peuvent par contre rien percevoir sur un autre impôt religieux, la zakât, laquelle sert donc pour les nécessiteux qui ne sont pas de la famille du Prophète). Dans la période actuelle d’occultation de l’Imam Mahdî*, la part de l’Imam revient aux mardja‘-s* réunissant les conditions, lesquels l’utiliseront à des fins islamiques.

[42]. Les fidèles des Gens de la Demeure prophétique font ce souhait chaque fois qu’ils pensent à l’Imam £usayn*, que la Paix soit avec lui, et à ses compagnons.

[43]. Ce testament daté du 26.11.1361 hs./15.2.1983 a été lu devant le parlement le 15.3.1368 hs./5.6.1989). En dehors des diverses éditions en tiré à part, le texte intégral se trouve dans le recueil de toutes les interventions publiques de l’Imam Khomeyni, dqqqqqdqdqqqqqdqdqdqdqqqqqdqdqqqqqdqdqqqqqdqdqdqdqdq%> v.21 p.169-203.

[44]. Parmi les références sunnites, on pourra se référer entre autres aux Sunan de Tirmidhî, bâb manâqib ahl al-bayt.

[45]. Karbalâ est maintenant une ville d’Irak, construite autour du sanctuaire de l’Imam £usayn.

[46]. Voir Sahîh Muslim, kitâb al-imâra, hadiths 5 à 10.

[47]. On peut trouver la relation de cet événement dans les sources sunnites, par exemple dans le Sahîh de Bukhârî, Kitâb al-‘ilm, bâb 39 et Kitâb al-mar*â, bâb 17, qui correspondent respectivement au v.1 p.56 hadith 4 et v.4 p.58-59 de la traduction française de Marçais.

[48]. Pour les références sunnites de ce hadith, voir par exemple les Sunan d’Abû Dâwûd, bâb al-Mahdî.

[49]. Muhsin Fay* Kâshânî, Tafsîr aù-dqdq%> v.4 p.81.


 


 








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