Chapitre 5                 

Chapitre 5

Commentaire succinct de la sourate bénie “la louange” à l’occasion de quoi seront évoquées quelques règles spirituelles
de la louange et de la récitation coranique

[A propos de : « Au Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux,
le Très-Miséricordieux »]

Investigation à propos de ce à quoi se rattache la formule
« au Nom de Dieu »

L’un des gens de la Connaissance [il s’agit d’Ibn Arabî dans Futûhât I/102] l’a rattaché à [un terme sous-entendu signifiant] “il est apparu” (vahara), c’est-à-dire « l’existence est apparue par le Nom de Dieu », cela conformément à la voie des gens de la connaissance et des compagnons du Pèlerinage spirituel et de la gnose, qui considèrent tous les existants, la multitude des êtres, les mondes occultes et manifestes, comme apparaissant par la manifestation du Nom divin synthétique, c’est-à-dire du Nom suprême. En conséquence, « Nom » — qui a le sens de signe et indication [si esm dérive de la racine wâw-sîn-mîm] ou celui de hauteur et d’élévation [s’il dérive de la racine sîn-mîm-wâw] — désigne la manifestation de la Réalité divine relevant de l’Activité de déploiement, qu’ils nomment Effusion qui se déploie et relation illuminative. Car, selon cette voie, tout le domaine de la réalité, des Intelligences immatérielles jusqu’au dernier degré de l’existence, sont les déterminations de cette Effusion et les descentes de cette réalité subtile (laxîfe), et il se trouve dans les nobles versets divins et dans les nobles hadiths des Gens de la Demeure de la pureté et de l’infaillibilité, que la Paix soit avec eux, de nombreux appuis à cette voie. Ainsi dans un noble hadith du Kâfî il est dit que « Dieu a créé la Volonté par elle-même, puis Il a créé les choses par la Volonté » (uùûl al-Kâfî I/110, K. at-taw$îd, bâb al-irâda…, had.4). Chacun a donné une interprétation de ce hadith selon sa propre voie, mais la plus patente de toutes est celle qui est en adéquation avec la voie [gnostique], à savoir que [le terme] “volonté” désigne la Volonté relevant de l’Activité — qui est l’Effusion qui se déploie — et que “les choses” désignent les degrés de l’existence — qui sont les déterminations et les descentes de cette réalité subtile —. Le sens du hadith sera alors que Dieu le Très-Haut a créé la Volonté relevant de l’Activité — qui est l’ombre de la Volonté essentielle éternelle — par elle-même et sans intermédiaire, et qu’Il a créé les autres existants des mondes occultes et manifestes par incidence […]. En résumé, « Nom » désigne la manifestation active même par laquelle tout le domaine de la réalité s’est concrétisé, l’application du [terme] “nom” à des réalité concrètes étant fréquente dans l’expression de Dieu, du Prophète et des Gens de la Demeure de l’infaillibilité — ainsi ils ont dit « nous sommes les plus beaux Noms » (voir p.41) et l’on trouve fréquemment dans les nobles prières « par Ton nom par lequel Tu T’es manifesté à Untel » (p.ex. du‘â’ as-simât, Mafâtî$, p.72) —.

Il est probable que « par le Nom de Dieu » soit, dans chaque sourate, rattaché à cette sourate même : par exemple « par le Nom de Dieu » dans la noble sourate “la Louange” (Cor. 1) est rattaché à « la louange » [ce qui donne comme sens « par le Nom de Dieu…la louange est à Dieu »]. Cela est en adéquation avec le goût gnostique et la voie des gens de la connaissance, parce que c’est une allusion au fait que toute louange et éloge par qui que ce soit se fait également par la sustentation du Nom Allâh. En conséquence, invoquer le Nom de Dieu au début de chaque acte ou propos — qui est une des recommandations de la Loi révélée — est pour rappeler que chaque acte ou propos provenant de l’homme est par la sustentation du Nom divin, parce que toutes les particules de l’existence sont des déterminations du Nom Allâh et, à un certain point de vue, sont des Noms d’Allâh. Selon cette probabilité, lorsque l’on envisage la multiplicité, le sens de « par le Nom de Dieu » est différent pour chaque sourate, chaque acte et chaque propos […], et lorsque l’on envisage l’annihilation des multiplicités dans la Présence du Nom suprême Allâh, il n’y a plus qu’un seul sens pour tous les « par le Nom de Dieu ». De même ces deux points de vue se retrouvent en ce qui concerne les degrés de l’existence et les stades de l’occulte et du manifeste : lorsque l’on envisage la multiplicité et que l’on voit les déterminations, [alors] les multiples existants, les degrés de l’existence et les déterminations du monde sont des Noms différents, relevant de la Toute-Miséricorde et de l’Intense-Miséricordes, de la Coercition et de la Douceur ; si [par contre] l’on envisage l’annihilation des multiplicités et l’effacement des lumières existentielles dans la Lumière éternelle de la sainte Effusion, il n’y a plus trace d’autre chose que la sainte Effusion, le Nom divin synthétique ; et ces deux points de vue se retrouvent [déjà auparavant] dans les Noms et Attributs divins.

Selon le premier point de vue, la Présence de l’Unicité est le niveau de la multiplicité des Noms et Attributs, et toutes les multiplicités proviennent de cette Présence ; selon le second, il n’est de Nom et de Forme que la Présence du Nom suprême Allâh. Ces deux points de vue relèvent de la philosophie et de la démarche intellectuelle ; si le point de vue devient gnostique — par l’ouverture des portes du cœur et par la démarche du pèlerinage spirituel et de l’ascèse du cœur —, la Réalité suprême Se manifeste dans les cœurs de ceux qui ont [ce regard] par des manifestations relevant de l’Essence, des Attributs ou des Actes, tantôt qualifiée par la multiplicité et tantôt par l’unité. […]

En somme, il faut que le pèlerin spirituel, lorsqu’il invoque le Nom de Dieu, fasse comprendre à son cœur que tous les existants apparents et cachés, tous les mondes occultes et manifestes, sont sous l’influence formatrice des Noms de Dieu, et même qu’ils apparaissent par l’apparition des Noms de Dieu, et que tous ses [propres] mouvements et arrêts ainsi que [ceux] du monde entier sont par la sustentation du Nom suprême Allâh. Donc ses louanges à Dieu, son service divin, son obéissance, sa profession de l’unicité et la pureté [de cette profession], tout cela est par la sustentation du Nom Allâh. Lorsque cette station et état spirituels sont fermement établis en son cœur, par un rappel (tadhakkor) intense qui est la finalité du service divin — ainsi Dieu le Très-Haut, disant en aparté intime et en sainte réunion à Son Interlocuteur Moïse fils de Imrân : « En vérité Je suis Dieu, point de divinité si ce n’est Moi, sers-moi donc et accomplis la Prière rituelle pour Mon rappel » (Cor. 20.14), a fait de Son rappel la finalité de l’accomplissement de la Prière rituelle —, après un rappel intense, donc, une autre voie de connaissances s’ouvre au cœur du connaissant et il est attiré vers le monde de l’unité jusqu’à ce que l’expression de son état et de son cœur soit « par Dieu, la louange est à Dieu », « Tu es tel que Tu T’es Toi-même loué » et « je cherche refuge par Toi contre Toi » [qui sont deux prières que l’Envoyé de Dieu faisait lors de prosternations, voir forû‘ al-Kâfî, III/324].

De la réalité essentielle du Nom, des significations possibles de Allâh et de la distinction entre la toute-miséricorde et l’intense miséricorde

Le Nom en sa réalité [et non en tant que vocable] a des niveaux : occulte et plus qu’occulte (ghayb al-ghaybî), secret et plus que secret, apparent et plus qu’apparent [qui correspondent aux divers degrés de la manifestation depuis l’Effusion sanctissime jusqu’aux réalités de ce monde]. Comme le Nom c’est la marque de la Réalité divine et qu’il est éteint dans la Sainte Essence, tout Nom qui est plus proche de l’horizon de l’unité et éloigné du monde de la multiplicité est, en tant que Nom, plus parfait [car la multiplicité est la marque de l’altérité et l’unité celle de l’effacement de cette altérité, or ce qui s’efface plus devant l’Essence a plus d’affinité avec Elle]. Le Nom le plus accompli est un Nom dégagé de toute multiplicité, même cognitive : ce [Nom], c’est la manifestation occulte unitive propre au [Prophète en tant qu’il est] A$mad (tadjallî-ye ghaybî-ye a$adî-ye a$madî) au niveau de la sanctissime Effusion en la Présence de l’Essence — [ce] que désigne probablement le noble verset « ou plus près » (Cor. 53.9) — [autrement dit, c’est le niveau de l’Unité occulte et essentielle, détermination négative de l’Effusion sanctissime]. Ensuite [le Nom le plus parfait est] la manifestation par la Présence du Nom suprême Allâh en la Présence de l’Unicité [c’est-à-dire le niveau de l’Unité synthétique, degré suprême de l’Unicité et première détermination positive de l’Effusion sanctissime]. Vient ensuite la manifestation par la sainte Effusion [qui est, comme on le verra, le prolongement de la sanctissime Effusion], puis les manifestations multiples dans les présences des déterminations jusqu’à la dernière des réalités (akhîrat-e dâr at-ta$aqqoq) [qui sont toutes les déterminations de la sainte Effusion].

Investigation gnostique :
A propos de la raison pour laquelle le Tout-Miséricordieux
précède le Très-Miséricordieux

Le goût gnostique — le Coran ayant d’ailleurs été révélé en conformité avec le plus haut degré de ce goût — exige que le Tout-Miséricordieux précède le Très-Miséricordieux, parce que le noble Coran est, pour les gens du cœur, la descente des manifestations divines et la forme écrite des plus beaux Noms de la Seigneurie : comme le Nom Tout-Miséricordieux est le plus compréhensif des Noms divins après le Nom suprême, et qu’il est avéré pour les gens de la connaissance que la manifestation par les Noms compréhensifs précède celle par les Noms compris, et que la manifestation par tout Nom plus compréhensif est encore antérieure, de ce fait, la manifestation en la Présence de l’Unicité est d’abord par le Nom suprême Allâh puis par le niveau de la Toute-Miséricorde, la manifestation par l’Intense-Miséricorde succédant à la manifestation par la Toute-Miséricorde [parce que le déploiement de l’existence précède nécessairement le déploiement de ses perfections]. De même, dans la manifestation d’apparition relevant de l’Activité, la manifestation au niveau de la Volonté (mashiyyat) — qui est le Nom suprême à cette étape et l’apparition du Nom suprême essentiel — est antérieure à toutes les manifestations, et la manifestation au niveau de la Toute-Miséricorde, qui comprend tous les existants des mondes occulte et manifeste — ce à quoi fait allusion « Ma miséricorde embrasse toute chose » (Cor. 7.106) — précède les autres manifestations […].

En somme, comme [le verset] « au Nom de Dieu… » est, sous le rapport de l’ésotérique et de l’esprit, la forme des manifestations relevant de l’Activité et, sous le rapport du secret et du secret du secret, la forme des manifestations relevant des Noms et même de l’Essence, et comme les manifestations mentionnées se font d’abord au niveau de Dieu — Allâh —, puis au niveau du Tout-Miséricordieux et ensuite au niveau du Très-Miséricordieux, il faut également que la forme vocale et écrite soit ainsi, afin de correspondre à l’ordre divin et seigneurial.

Etude et solution :
Comment entendre l’assertion selon laquelle les mots sont établis pour désigner des idées générales, à l’occasion de quoi l’on montrera
que les mots qui désignent des perfections ne s’appliquent
au sens propre qu’à la Réalité divine

Même si celui qui a institué des mots n’avait pas en vue de purs sens inconditionnés, ce n’en est pas moins vis-à-vis de ces sens que les mots ont été institués. Par exemple lorsqu’il allait instituer le mot “lumière, même si celui qui l’a institué n’avait en vue que ces lumières du monde sensible qui sont des accidents (anwâr-e $essiyye-ye ‘ara*iyye) — du fait qu’il ne comprenait rien au-delà de ces lumières — néanmoins, ce vis-à-vis de quoi le mot “lumière” a été placé, c’était bien leur aspect de luminosité, pas l’aspect de mélange de la lumière avec l’obscurité, de sorte que si on lui disait : « Les lumières limitées qui sont des accidents (anwâr ‘ara*iyye-ye ma$dûde) ne sont pas pure lumière, mais lumière mêlée d’obscurité et de faiblesse ; le mot lumière est-il vis-à-vis de leur aspect de luminosité ou vis-à-vis de l’aspect de “luminosité et obscurité” ? », la réponse serait nécessairement que c’est en face de cet aspect de luminosité et que l’aspect d’obscurité n’entre en aucune façon dans ce pour quoi le mot à été institué. De même nous savons tous que celui qui a institué le mot “feu” n’avait en vue, au moment de l’institution, que les feux de ce bas monde (nâr-hâ-ye donyâ’î) : les causes pour lesquelles [son esprit] s’est transféré vers cette réalité (asbâb-e enteqâl-e u be în $aqîqat) furent les feux de ce bas monde, et il ne prêtait pas attention au « feu de Dieu qui survient aux cœurs » (Cor. 104.7), surtout s’il ne croyait pas à l’autre monde. Malgré cela, le moyen du transfert (wasîle-ye enteqâl) n’est pas cause de limitation de la réalité, et “feu” a bien été placé vis-à-vis de l’aspect igné.

Nous ne disons pas que celui qui a institué [les mots] a lui-même dégagé les sens, ce qui serait étonnant et peu probable (amr-e mostaghrab-e ba‘îdî) ; nous disons seulement que les mots ont été placés en face de ces sens sans détermination — ce qui n’a aucune raison d’être considéré comme peu probable­ —, et plus le sens sera vide d’éléments extérieurs et étrangers [à lui], plus il sera proche du sens propre et éloigné de toute trace de métaphore. Soit l’exemple du mot “lumière”, qui est institué pour cet aspect qui est “le fait d’apparaître en soi et de faire apparaître autre que soi : bien que son application aux lumières de ce bas monde n’est pas sans être propre — puisque quand on l’y applique, l’aspect de limitation et de mélange avec l’obscurité n’est pas considéré, et que ce qui est pris en compte est cette apparition en soi et ce faire-apparaître —, son application aux lumières de l’Empire [de l’autre monde] (malakût) — [lumières] dont l’apparition est plus parfaite et plus proche de quelque chose qui est en soi, dont le faire-apparaître est quantitativement et qualitativement plus intense et dont le mélange avec l’obscurité et la déficience est moindre — [une telle application, donc,] est plus proche du sens propre. Son application aux lumières du monde de la Domination (djabarût) [monde des pures lumières intelligibles], est pour les mêmes raisons [encore] plus proche du sens propre et son application à la Sainte Essence de la Réalité divine, sublime et majestueuse — qui est la Lumière des lumières, exempte de tout aspect d’obscurité, pure Lumière et Lumière pure —, est le sens propre pur et vrai. On peut même dire que, si le mot “lumière” a été institué pour [ce qui est] “apparent en soi et faisant apparaître autre que soi”, son application à autre chose que la Réalité suprême n’est au sens propre qu’aux yeux d’intelligences partielles, alors que pour les intelligences assistées [par la grâce] et les compagnons de la connaissance, c’est au sens métaphorique, seule son application à la Réalité suprême étant au sens propre. Et de même tous les mots institués pour des sens de perfection, c’est-à-dire des choses qui sont de l’ordre de l’existence et de la perfection.

Par conséquent nous disons que dans le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, le Compatissant, le Bienveillant (‘Axûf, Ra’ûf) et autres, il y a un aspect de complétude et de perfection, et un aspect de passion (enfe‘âl) et de déficience, et que ces mots ont été institués vis-à-vis de ces perfections qui sont le fond de cette réalité. Quant aux aspects passionnels qui sont concomitants à la condition [d’un état], extérieurs et étrangers aux réalités [elles-mêmes] — lesquelles réalités sont devenues corrélatives à eux et imbriquées en eux après descente dans les domaines de la possibilité et les bas mondes inférieurs, comme l’obscurité qui s’est mêlée à la lumière dans une condition inférieure — ils n’interviennent pas dans ce pour quoi le mot est établi. Donc appliquer ces [termes] à un Existant qui ne possède qu’un pur aspect de perfection et n’a rien à voir avec les aspects de passion et de déficience est pur sens propre et sens propre pur. Ce qui vient d’être dit, de la manière dont cela a été dit, en plus d’être proche du goût des gens de la connaissance, convient également au sentiment des exotéristes.

[A propos de : « La louange est à Dieu »]

Comme quoi toute louange revient exclusivement à la Réalité divine, conformément à la démonstration et à l’intuition des
gens de la connaissance gnostique

Lorsqu’Il dit « la louange », cela signifie que tous les éloges sont réservés en propre à la Sainte Essence de la Divinité. Sache, cher ami, que sous cette noble parole se trouve le secret de la doctrine de l’unité [que professe] l’élite, et même l’élite de l’élite. Que toutes les louanges faites par tous ceux qui en font soient réservées en propre à la Réalité suprême est chose démontrée, claire et évidente pour les adeptes de la sagesse et les imams de la philosophie transcendante, parce qu’il est démontré que tout le domaine de la réalité est l’Ombre et l’Effusion déployées de la Présence de la Réalité divine : tous les bienfaits apparents et cachés — de quelque bienfaiteur qu’ils proviennent en apparence et au regards du commun — viennent de la Réalité suprême sublime et majestueuse et aucun existant n’y est associé, au point même qu’y associer quelqu’un en tant que cause préparatoire (sherkat-e e‘dâdî) est [admise] pour les gens de la philosophie commune, pas transcendante. Donc, comme la louange est en contrepartie d’un bienfait, d’une grâce et d’une bienveillance, et qu’il n’est d’autre bienfaiteur que la Réalité divine dans le domaine de la réalité, toutes les louanges Lui sont réservées en propre.

Par ailleurs, il n’est d’autre beauté que la Sienne, ni d’autre Beau que Lui, et par conséquent les éloges [que l’on fait de quoi que ce soit] reviennent aussi à Lui. Autrement dit, toute louange et éloge, venant de qui que ce soit, est en regard de l’aspect de bienfait et de perfection : le lieu et l’occasion du bienfait et de la perfection, qui les ont limités et amoindris [en fonction de leurs propres limitations], n’interviennent en aucune manière dans l’éloge et la louange, avec quoi ils sont même en opposition et contradiction. Tous les éloges et louanges reviennent donc à la part de la Seigneurie ($avv-e robûbiyyat) — qui est Perfection et Beauté —, pas à celle de la créature — qui est déficience et limitation —. Dit encore autrement : l’éloge de la perfection ainsi que le remerciement et la louange du bienfaiteur font partie des caractères de la nature fondamentale d’ordre divin (az fexrat-hâ-ye elâhiyye), selon laquelle toutes les créatures ont été pétries (mafxûr) ; de même en fait partie l’aversion pour la déficience, pour ce qui est déficient et qui amoindrit un bienfait. Comme le bienfait absolu pur de toute trace de déficience [ainsi que] la Beauté et la Perfection parachevées et libres de toute déficience sont réservés en propre à la Réalité divine, et que les autres existants n’augmentent ni ne renforcent les bienfaits et la Beauté absolus, mais les amoindrissent et les limitent, de ce fait la nature fondamentale de tout le monde loue et fait l’éloge de Sa Sainte Essence et a de l’aversion pour les autres existants — sauf pour ces existants qui, par leur parcours des contrées de la Perfection et des cités de l’Amour, se sont éteints dans l’Essence du Maître de Majesté, car aimer et affectionner ceux-là, les louer et en faire l’éloge, c’est en soi aimer et louer la Réalité divine […] —.

En outre, ce qui vient d’être dit jusqu’ici était du niveau de ceux qui sont moyennement avancés (motawassexîn), qui sont encore dans le voile de la multiplicité et ne sont pas libérés de tous les degrés d’associationnisme imperceptible et plus qu’imperceptible (khafî-o akhfâ), et qui ne sont pas arrivés aux degrés parfaits de l’unité pure et épurée (kholûù-o ekhlâù). Mais selon la gnose de ceux dont le cœur est éteint dans certains états particuliers, tous les bienfaits ainsi que toute perfection, beauté et majesté, sont la forme de la manifestation de l’Essence, et tous les éloges et louanges sont rattachés à la Sainte Essence de la Réalité suprême ; plus encore, éloge et louange sont de Lui-même pour Lui-même, ce à quoi fait allusion le fait que « par le Nom de Dieu » se rattache à « la louange est à Dieu » (Cor. 1.1).

Sache que le pèlerin vers Dieu et le combattant dans Sa voie ne doit pas se contenter du savoir de ces connaissances et passer toute sa vie à l’argumentation, qui est un voile et même le plus grand voile, parce que parcourir les étapes ne peut se faire avec une “jambe de bois” et pas même avec “l’oiseau de Salomon”. Cette vallée est la Vallée des saints et cette étape est celle des affranchis : tant que l’on ne s’est pas défait des deux sandales de l’amour du prestige et de l’honneur, [et de l’amour] des femmes et des enfants, et que l’on n’a pas jeté de sa main droite la canne de l’appui et de l’attention portée sur autre [que Dieu], on ne pourra pas poser le pied dans la sainte Vallée qui est la résidence des purifiés et la demeure des sanctifiés. Si le pèlerin pose le pied en cette Vallée avec une pureté de foi réelle et repousse du pied les multiplicités et le monde d’ici-bas — qui est illusion sur illusion — et qu’il lui reste des résidus d’individualité, on viendra du monde occulte le prendre par la main, la montagne de son individualité sera pulvérisée par les théophanies et l’état de “foudroiement” (ùa‘aq) et d’extinction s’offrira à lui.

Citation et investigation :
A propos de la réalité essentielle de la louange selon le commun et selon l’élite

En complément :
De l’excellence de la formule “louange à Dieu”, d’après l’intelligence
et d’après la tradition

A propos de : « Seigneur des mondes »

Citation des propos d’un adepte de la connaissance gnostique sur le critère permettant de classer les Noms divins et investigation de ces propos

Remarque :
A propos de l’étymologie de “mondes” en arabe

Autre remarque :
Comme quoi la mise en relation du Seigneur des mondes
avec l’acte de louange est adéquate

Pour éveiller la foi :
Ce qu’est la “seigneurie” de la Réalité divine sur les êtres de l’univers

A propos de : « Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux » :
comme quoi tous les Noms et Attributs ont deux niveaux de réalité

A propos de : « Maître du Jour de la religion » :
comme quoi il faut lire “Maître” plutôt que “Roi”

Investigation philosophique :
A propos de la nature et la réalité essentielle
de la “propriété” de la Réalité divine

De la raison pour laquelle c’est la propriété du Jour de la religion
qui a été spécifiquement mentionnée

Inspiration venue du Trône :
A propos du Trône et de la raison pour laquelle ce sont ces Noms divins qui ont été mentionnés dans la sourate “la louange”

Remarque gnostique :
A propos du secret qui préside à l’ordre selon lequel
ces quatre nobles Noms sont mentionnés

Remarque littéraire :
Sur le sens du mot arabe “dîn”

A propos de : « C’est Toi que nous servons et c’est de Toi que nous implorons le secours », où l’on expliquera, selon la voie des gens du taw$îd, l’exclusivité de cette affirmation

Remarque illuminative :
Sur la raison du passage de la troisième à la deuxième personne

Investigation gnostique :
Sur la raison de l’utilisation de la première personne du pluriel

Remarque sur un point subtil :
Pourquoi la phrase « c’est Toi que nous servons » précède-t-elle
« c’est de Toi que nous implorons le secours »

Considération gnostique utile :
Comme quoi l’exclusivité, dans ce verset, dépend du degré
de perfection des dévots

Pour éveiller la foi :
Exhortation faite aux compagnons du pèlerinage spirituel
et de la dévotion

Application légale :
Comme quoi il est licite de prononcer ces phrases avec l’intention de les formuler nous-mêmes

Considération utile :
Sur le sens de la dévotion

A propos de : « Guide nous sur la voie droite… »

Remarque illuminative et illumination gnostique :
Comme quoi l’amour de la perfection relève de la nature originelle

Remarque concernant la foi :
Des degrés de la guidance et de la voie droite

Remarque gnostique :
Comme quoi chaque existant a une voie qui lui est propre

Pour mieux faire comprendre :
Citation du vénérable Shaykh Bahâ’î, que Dieu lui fasse miséricorde

De quelques grâces divines non évoquées par Shaykh Bahâ’î

Conclusion :
Du caractère synthétique de la sourate “la louange”

En complément :
Quelques nobles hadiths sur l’excellence de cette sourate bénie

Chapitre 6
Commentaire succinct de la sourate “l’unicité divine”

Comme quoi le commentaire de cette sourate est l’apanage de gens profonds qui viendront à la fin des temps

Comme quoi la sagesse des philosophes musulmans
ne vient pas de la Grèce

A propos des paroles divines : « Dis : “Il est Dieu, Un” »

A quoi réfère le pronom “Il”

Remarque philosophique :
Citation et critique des propos des philosophe en ce qui concerne
les Attributs positifs et négatifs

Des Attributs de Beauté et de Majesté

Remarque gnostique :
Eloge du Livre, de la Prophétie et de la Loi du Sceau des Prophètes

Comme quoi la sourate “l’unicité divine” relève des paroles synthétiques

Commentaire philosophique
en accord avec les enseignements de notre Maître

Sagesse illuminative :
Comme quoi cette noble sourate réunit toutes les modalités divines

En complément :
Commentaires sur la sourate “l’unicité divine” dans les propos
de l’Imam Bâqer

Conclusion
Quelques hadiths sur l’excellence de la sourate “l’unicité divine”

Chapitre 7
Commentaire succinct de la sourate bénie “la valeur”, dans la mesure qui convient à ces pages

[A propos de :
« En vérité, Nous l’avons fait descendre dans la Nuit de la valeur »]

Première question :
De la raison pour laquelle la Révélation est attribuée tantôt à la Réalité divine et tantôt à Gabriel

Deuxième question :
De la raison de l’emploi de la première personne du pluriel dans
« Nous l’avons fait descendre »

Troisième question :
Aperçu sur la manière dont est descendu le Coran

Quatrième question :
Du secret du pronom complément “ l’ ” dans
« Nous l’avons fait descendre »

Cinquième question :
A propos de la Nuit de la valeur
(en plusieurs points)

Premier point : pourquoi est-elle nommée ainsi ?

Une autre raison possible à cette dénomination

De la détermination des décrets divins en cette nuit : problème que cela pose et réponse à ce problème

Autre raison possible au nom de Nuit de la valeur

Deuxième point : de la réalité essentielle de la Nuit de la valeur et du Jour de la résurrection

Traditions allant en ce sens rapportées des Imams

Troisième point : des manifestations apparentes de la Nuit de la valeur ; comment conjoindre les multiples traditions à ce sujet

Remarque gnostique :
A propos du lien de la formule « au Nom de Dieu » avec cette sourate,
conformément à l’hypothèse du lien propre de chacune de ces formules avec la sourate qu’elle inaugure

En complément :
Quelques hadiths sur l’excellence de la Nuit du destin

[A propos de :
« Qu’est-ce qui te fera comprendre ce qu’est la Nuit de la valeur ? »]

De la considération que l’on doit avoir pour la Nuit de la valeur et pourquoi [elle reste insaisissable même pour le Prophète]

A propos de : « La Nuit de la valeur vaut mieux que mille mois »

Remarque gnostique :
A propos du Jour de la valeur et de sa réalité essentielle

[A propos de : « Les anges et l’Esprit y descendent avec permission de leur Seigneur pour toutes choses »]

Première question :
A propos des catégories des anges de Dieu le Très-Haut, avec une allusion sommaire à leur réalité essentielle

De la réalité essentielle des anges et de leur immatérialité

Des catégories des anges de Dieu

Allusion à l’Esprit suprême

Deuxième question :
Ce qu’est la descente des anges auprès du Maître de l’Ordre [qui est l’Imam de chaque époque]

Troisième question :
Du dévoilement qui se produit pour l’Envoyé de Dieu et pour les Imams de la guidance dans la Nuit de la valeur

[A propos de : « Elle est paix jusqu’au lever de l’aube]

Remarque gnostique :
Sur ce qu’est, en sa réalité essentielle, cette paix jusqu’au lever de l’aube

Conclusion :
Comme quoi cette sourate décline l’identité de l’Envoyé de Dieu
et des Gens de la Demeure

Excuses
pour s’être laissé emporter par le sujet et [rappel] comme quoi ces questions ne relèvent pas du commentaire selon son opinion

Cinquième ouverture
Aperçu sur les règles et les secrets spirituels de l’inclination
(en plusieurs chapitres)

Chapitre 1
De la proclamation de la grandeur divine qui précède l’inclination et de ses secrets spirituels

Chapitre 2
Des règles spirituelles de l’inclination elle-même

Chapitre 3
De l’inclination [du Prophète] dans la Prière qu’il fit
lors de son ascension

Chapitre 4
Hadith tiré du Meùbâ$ ash-sharî‘a

Chapitre 5
Du redressement qui suit l’inclination

Sixième ouverture
Où l’on fera sommairement allusion aux règles et secrets spirituels de la prosternation
(en plusieurs chapitres)

Chapitre 1
Du secret spirituel de la prosternation

Chapitre 2
Hadith tiré du Meùbâ$ ash-sharî‘a

Chapitre 3
Des formules prononcées dans l’inclination et la prosternation

Chapitre 4
De certains secrets spirituels de la prosternation, de la formule qui y est prononcée et du redressement qui la suit

Septième ouverture
Où l’on fera sommairement allusion aux règles spirituelles de l’attestation de foi
(en deux chapitres)

Chapitre 1
De l’attestation de l’unicité divine et de la mission prophétique et de certains des règles et secrets spirituels qui y sont attachés

Chapitre 2
Hadith tiré du Meùbâ$ ash-sharî‘a

Huitième ouverture
Sur les règles spirituelles des salutations finales
(en deux chapitres)

Chapitre 1
Aperçu sur le secret et les règles spirituelles
des salutations finales

Chapitre 2
Hadith tiré du Meùbâ$ ash-sharî‘a


 








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